06 novembre 2009
Venise au XVIe s....
Ah! Pour une fois le Louvre nous offre une grande exposition irréprochable! Cela faisait longtemps, entre les expos mal conçues et peu claires malgré les merveilles qu'elles présentaient (Babylone) ou bien très pédagogiques mais avec 95% des oeuvres provenant des collections du Louvre (Les Portes du ciel). Cette exposition consacrée à la peinture vénitienne du XVIe s. sous l'angle des influences et des rivalités entre Titien, Tintoret et Veronèse vaut vraiment le coup d'oeil.
(Titien, Danaé, Musée di Capodimonte, Naples)
Organisée par grands thèmes, cette exposition présente quelques uns des chefs-d'oeuvre de ces trois peintres, et la confrontation entre les trois permet de mieux dégager et mettre en lumières leurs influences réciproques et leurs différences. Pour ma part, cela m'a permis de découvrir une peinture que je connaissais assez mal.
Tout d'abord, il y a l'aîné: Titien. Le maître, et sans doute le plus brillant des trois. Au cours d'une vie exceptionnellement longue pour l'époque (86 ans, dont presque 70 de peinture), Titien affirme son talent et son influence sur l'art vénitien. Jamais il ne cesse de se renouveler, de travailler et... de faire bon usage de son influence pour essayer de ralentir la carrière de Tintoret tout en favorisant celle de Veronèse. Dès 1516, Titien est le peintre officiel de la République de Venise et en 1530 il reçoit des mains de l'Empereur Charles Quint le titre de Comte Palatin, une première pour un artiste. Il travaillera également auprès du Pape Paul III. C'est donc un immense artiste comblé de la faveur des plus grands, ce qui en fait un personnage incontournable de la Sérénissime, qui influencera plus ou moins directement et bien au-delà de Venise, notamment en ce qui concerne son utilisation de la couleur. Sa dernière manière, par larges touches, fait apparaître un art renouvelé et novateur. Après, il reste la question: est-ce une volonté claire de réinventer son art ou simplement un moindre perfectionnisme de la part d'un vieillard?
(Titien, Autoportrait, Musée du Prado, Madrid)
L'exposition s'ouvre donc sur la Venise des années 1540-1550, où Titien domine de façon incontestable la peinture. C'est l'époque où l'un de ses élèves, un autre vénitien, Tintoret, commence son ascension. Très ambitieux, Tintoret se veut incarner la nouveauté et reléguer Titien à un peintre de l'ancienne manière.
(Tintoret, Autoportrait, Museum of Art, Philadelphie)
C'est également l'époque (1553) où s'installe à Venise un jeune homme venu de Vérone et qui prendra vite le nom de sa ville natale. Véronèse obtient très rapidement un grand succès et bénéficie du soutien appuyé de Titien, qui cherche à tout prix - en vain - à éliminer Tintoret de toute commande publique. Pourtant, alliés ou rivaux, ces peintres ne cesseront de s'influencer mutuellement et de demeurer aux courants artistiques qui traversent l'Italie et l'Europe, empruntant de-ci de-là au manièrisme de Michel-Ange, aux flamands, etc. Ainsi, par petites touches, par quelques détails, nous avons entrevu de mini-influences des écoles du Nord, en particulier chez Tintoret (Le buisson de rose de sa Suzanne et les vieillards rappelle de loin la Vierge au buisson de roses de Schongauer, tandis que le dragon vaincu par Saint Georges ressemble pas mal à ce que faisait les peintres rhénans ou flamands (Grünewald, Bosch, Brughel). L'héritage flamand nous a paru encore plus discret chez Véronèse, dans cette Tentation de Saint Antoine, pour le coup très différente et beaucoup moins effrayante que celle de Grünewald, mais avec ce détail cruel dans la main de la femme, dont les doigts sont des serres de rapace. Il semble, d'après ce que m'en ont dit des gens plus avertis que moi, que cela provienne de la présence de flamands à Venise dans les ateliers de ces peintres.
(Véronèse, Tentation de Saint Antoine, Musée des Beaux-Arts, Caen)
L'exposition se veut à la fois chronologique et thématique. Une partie est consacrée à la naissance de la rivalité entre les peintres. Une seconde traite du portrait de représentation en vogue au sein des grandes familles vénitiennes.
Des trois, celui dont les portraits possèdent sans doute le plus de force expressive est Titien, qui peint des portraits à la fois sobres et réalistes. Ce portrait du doge Francesco Venier est particulièrement saisissant dans sa représentation toute en retenue à la fois de la fragilité physique du doge et de sa fermeté morale.
(Titien, Le doge Francesco Venier, Musée Thyssen-Bornemisza, Madrid)
Titien invente les modèles à suivre: les portraits d'hommes sont ouverts sur l'extérieur qui nous montre un de ses faits glorieux, tandis que ceux de femmes sont systématiques en intérieur. Aucun des autres ne se détachera de ses canons ni ne contestera à Titien sa place de portraitiste des grands de ce monde.
(Titien, Paul III, Musée di Capodimonte, Naples)
On s'attarde ensuite sur quelques peintures à la fois érotiques et de vanité, représentant, pour chacun dans un style propre, une femme (Vénus, Suzanne) à sa toilette avec un miroir et jouant avec les reflets.
(Tintoret, Suzanne et les vieillards, Kunsthistorisches Museum, Vienne)
Un autre sujet intéressant qui est traité est celui de l'insertion de thèmes profanes au sein de peintures religieuses, vu au travers des sujets de repas bibliques. Titien avec ses Pélerins d'Emmaüs nous offre une toile à l'ancienne, où le Christ occupe une place réellement centrale et où la scène est resserrée et ne contient que cinq personnages et un chien. Tintoret déjà, agrandit la scène et multiplie les personnages dans sa Dernière Cène. Véronèse enfin, dans sa version des Pélerins d'Emmaüs, charge sa toile de multiples éléments sans rapport direct avec elle; le plus surprenant est sans doute la présence des deux enfants jouant avec le chien et semblant se contrefiche complètement de la présence du Christ à la table. C'est une Cène un peu du même genre, remplie de détails sans rapport direct, qui valut à Véronèse les foudres de l'Inquisition, à laquelle il rétorqua: "S’il reste de l’espace dans le tableau je l’orne d’autant de figures que l’on me demande et selon mon imagination."
(Véronèse, Les pélerins d'Emmaüs, Musée du Louvre, Paris)
Ce glissement vers des sujets très profanes est également caractérisé par la réalisation de toiles "familiales" par Titien ou Véronèse, pleines d'espiéglerie. Les deux tableaux de Véronèse représentant la famille da Porto sont les plus aboutis. L'un nous montre le père et son fils, l'autre la mère et sa fille (ces gens avaient la chance d'avoir une famille très équilibrée!). La petite fille est très vivante et curieuse, à la manière d'un chat, elle se protège derrière sa mère tout en nous dévisageant.
(Véronèse, Livia da Porto et sa fille, Walters Art Museum, Baltimore)
L'on découvre également un aspect plus inattendu: les débuts de la peinture animalière, avec la première toile du genre, un couple de chiens de chasses peints par Bassano. Les chiens ne sont plus un symbole ou un détails plaisants: ils sont au centre de la toile, ils en sont le sujet unique et font l'objet d'un véritable "portrait" attentif et soigné.
(Bassano, Deux chiens de chasse liés à une souche, Musée du Louvre, Paris)
Sont ensuite abordés les "nocturnes sacrés", des sujets assez doloristes (Saint Jérôme, Mise au tombeau du Christ, etc) où la lumière du tableau se fait presque surnaturelle et met ainsi en valeur le côté presque expressioniste du Christ martyrisé. C'est dans ce Saint Jérôme de la fin de sa vie que Titien exprime sans doute le mieux sa nouvelle manière de peindre, par larges touches, très modernes, créant une toile magnifique mais sombre et torturée. Je reconnais sans doute un certain parti pris de ma part, la figure de Saint Jérôme étant l'une de celles que je trouve parmi les plus intéressantes de la peinture occidentale.
(Titien, Saint Jérôme, Musée Thyssen-Bornemisza, Madrid)
Quittant cette ambiance crépusculaire, nous arrivons dans une salle consacrée au portrait d'artiste et de collectionneur. Dans la Venise du XVIe s. comme ailleurs en Europe, l'artiste n'est plus simplement le vecteur, l'artisan qui créé le beau; il devient lui-même objet de représentation et d'oeuvre d'art. Au-delà de l'autoportrait des peintres, on découvre les portraits des collectionneurs et amateurs d'art entourés de leurs oeuvres favorites. L'art sous toute ses formes est devenue la grande affaire pour beaucoup de gens fortunés, plus seulement pour les grands princes. Encore une fois, c'est sans doute Titien qui donne le plus de force à son portrait, avec ce collectionneur à la fois averti et au regard presque effrayant, pressé d'emporter la statue qui a fait l'objet d'un achat compulsif de sa part.
(Titien, Jacopo Strada, Kunsthistorisches Museum, Vienne)
Après un passage par de petits tableaux décoratifs destinés à orner les intérieurs aisés ou les cassone (coffrets de mariage). Ce genre de petits machins décoratifs paraît moins abouti, un peu comme si les peintres s'y testaient, y éprouvaient leur art. Rien de comparable avec les superbes cassone que l'on peut voir au château d'Ecouen.
Enfin nous abordons la fin de cette superbe exposition par une section peut-être moins fascinante, consacrée au nu féminin, qu'il s'agisse de la femme en danger (Lucrèce, Andromède) ou de la femme offerte (Danaé, Vénus). Un seul exemple, ce bel Amour et Vénus de Sustris, un hollandais élève du Titien, réalisé à la demande de la très riche famille Fugger. Observez les colombes... ces oiseaux sont symboles d'amour et de fidélité dans la peinture. Je ne pense pas avoir l'esprit particulièrement tordu, mais les volatiles semblent exprimer plus que clairement leur amour...
(Sustris, Vénus et Amour, Musée du Louvre, Paris)
En somme, il faut, si on a l'occasion, passer voir exposition. Pourquoi?
- Tout d'abord, cela faisait longtemps que le Louvre ne nous avait pas offert une expo d'une aussi bonne qualité.
- Parce que cela donne à ceux qui ne connaissent pas la peinture vénitienne l'occasion de la découvrir, et à ceux qui la connaissent de la redécouvrir.
- Parce que tout ici est pertinent, bien amené, clair, compréhensible et sans fanfreluches muséographiques superficiels. Simple et efficace.
- Parce que Tintoret est un génie de la lumière.
- Parce que Véronèse est un génie de la couleur.
- Parce que Titien est un génie de la peinture.
- Pour la qualité et la diversité des oeuvres présentées.
- Parce que je vous le recommande!
01 novembre 2009
Marche turque au Louvre
En ce moment c'est la saison culturelle de la Turquie en France. Cet évènement donne lieu à trois expositions d'inégale importance au Louvre, mais qui toutes intéressantes.
La plus grande des trois est consacrée aux caftans du palais de Topkapi. L'essentiel de cette exposition située à l'entresol de l'aile Richelieu est constitué par un prêt exceptionnel du Musée du Palais de Topkapi à Istanbul. Topkapi (prononcez top-ka-peu) était le centre du pouvoir et de la vie de cour à l'époque ottomane. Les divers éléments des tenues d'apparat des sultans et des membres de leur famille étaient considérées comme reliques après leur mort et pieusement conservés, jusqu'à nos jours.
(Caftan à manches courtes, Turquie, 2nde moitié du XVIe s., Istanbul, Musée du Palais de Topkapi)
Les tissus présentés sont dans un état de conservation superbe et nous renseignent sur une voie peu explorée par les expositions en général, celle de l'étude du costume. Volontairement, l'exposition est axée sur un période de permanence du costume sultanien, qui a cessé d'évoluer mais ne subit pas encore l'influence occidentale. On découvre ainsi que beaucoup de ces tissus étaient tissés localement à Bursa, bien que certains soient importés depuis l''Italie. Leur décor, le plus souvent, est très stylisé.
(Aigrette, XVI-XVIIe s., Istanbul, Musée des arts turcs et islamiques. Celle-ci a sans doute été portée par Ibrahim Pacha, grand vizir et général du XVIe s., au cours d'une campagne militaire en Hongrie)
Bref, sans doute l'expo la plus intéressante des trois, la plus fournie aussi et la plus inhabituelle, qui nous permet d'entrevoir la richesse de l'apparat mis en place par la Sublime Porte.
La seconde expo est beaucoup plus archéologique: elle est consacrée à Halaca Höyük, un des sites majeurs de l'époque hittite (IIIe millénaire avant J-C). Pour être honnête, il faut vraiment vouloir trouver cette expo, contenue dans un petit espace au sein du vaste département des Antiquités orientales. Très succincte, elle est essentiellement constituée de panneaux explicatifs sur les fouilles de ce site et ce qui y a été mis au jour. Quelques objets issus des fouilles des tombes princières complètent ces explications.
(Plaquette aux deux figures féminines, Alaca Höyük, Age du Bronze ancien, Musée des civilisations anatoliennes, Ankara)
La troisième et dernière expo est située dans la partie médiévale du Louvre. Courte mais dense, elle est consacrée à la ville de Smyrne (Izmir). Cette ville majeure de la Grèce de l'Est (côte turque actuelle) a connu son heure de gloire commerciale, politique et artistique à l'époque archaïque (VIe s. avant J-C) et s'est refait une santé mais avec une moindre importance, après sa destruction par les Perses en 546).
(Apollon de Smyrne, 130-150 ap. J-C d'après un original du IVe s., Louvre)
L'exposition présente l'essentiel des spécificités des productions artistiques locales, en particulier des terres cuites, reproductions de statues célèbres ou figures plus ou moins grotesques, ainsi que des stèles funéraires et des sculptures issues de l'agora de la cité. On y trouve aussi trace de l'intérêt précoce de la France pour l'art de cette région et de ses bonnes relations avec l'empire ottoman, par la présence pour la première fois ensemble depuis la Révolution, de trois oeuvres envoyés de Smyrne à Versailles au XVIIe s.
(Pugiliste grotesque, Ier s., Louvre)
Bref, tout cela pour dire que si d'aventure vous passez par le Louvre, la découverte de ces trois expositions ne sera pas du temps perdu!
22 octobre 2009
Les couleurs de l'infâmie
Ces derniers jours, en France, l'infâmie s'est à nouveau montrée, plus forte que jamais. Je ne fais en général pas d'article de commentaires d'actualité, mais quand la colère et la révolte se pointent, il faut la laisser s'exprimer.
Premiers affreux, les tarés qui ont dévasté la ville de Poitiers, sans raison, pour le plaisir de détruire, d'effrayer la population, les commerçants et de dégrader le patrimoine. Ainsi, le baptistère Saint-Jean, sans doute le plus ancien de France et l'un des grands éléments du patrimoine de Poitiers a été tagué. Mais comble de l'ignominie, ces "gens" qui se sont ravalés au rang de la bête revendiquent ouvertement leurs actes dans une lettre adressée au quotidien Le Monde. Dans ce texte, ils écrivent notamment
"Le plus vieux baptistère de France a été baptisé […]. Il faut avouer qu'on s'en fout du patrimoine. Toute trace des incandescences passées est monumentalement neutralisée. Alors, faut ranimer un peu."
Eh bien moi, je le dis ouvertement et avec toute ma colère face à de tels propos: messieurs-dames, vous êtes des monstres, je vous conchie, je vous crache à la gueule et je vous souhaite une mort lente et douloureuse à vous et à tous les méprisables khmers rouges en herbe de votre trempe.

(Baptistère Saint-Jean à Poitiers, dégradé par des cons. Image: L'Express.fr)
Seconde leçon d'infâmie des derniers jours, celle qu'a administré le gouvernement en la personne de M. Besson, qui est parvenu à faire passer M. Hortefeux pour un sympathique humaniste.
M. Besson (et les Anglais), au mépris des textes et des us et coutumes internationaux, a donc expulsé trois Afghans vers leur pays d'origine. La règle veut pourtant que l'on expulse pas des gens vers un pays en guerre. Et quand j'entends quelques andouilles comme M. Morin, ministre de la Défense, nous expliquer qu'à part quelques zones, l'Afghanistan est sûr, je pouffe, rien qu'en me rappelant le cinéma qu'on a fait pour la mort des soldats français qui s'y trouvent (alors qu'eux ont choisi ce métier je signale...) et surtout en lisant ce qu'en dit le ministère des Affaires étrangères, source officielle s'il en est:
"La situation de sécurité en Afghanistan s’est beaucoup dégradée depuis un an.
La rébellion a étendu ses actions en province dans de nombreux districts du sud et de l’est du pays ainsi que dans ceux limitrophes de Kaboul.
L’imminence des élections présidentielles et provinciales (20 août 2009) exacerbe les tensions. Les attentats se multiplient à l’approche du scrutin notamment à Kaboul (attentat contre le quartier général de l’OTAN le 15 août, tirs de roquette sur la présidence et attentat-suicide le 18 août).
Dans ces conditions, il est plus que jamais impérativement recommandé de différer tout projet de voyage en Afghanistan, et, pour les personnes présentes sur place, de proscrire tout déplacement non indispensable et de rester en contact étroit avec les services de l’Ambassade.
Au-delà du risque sécuritaire immédiat, le risque d’enlèvement (politique ou crapuleux) demeure important, y compris dans la capitale. A partir de Kaboul, toutes les routes sont devenues très dangereuses et les déplacements en voiture ou en transports collectifs doivent être absolument proscrits.
[...]
Les voyages sont absolument déconseillés en Afghanistan, dans tous les cas.
La situation sécuritaire est mauvaise. Les attentats-suicides sont de plus en plus fréquents, ainsi que les attentats aux engins explosifs télécommandés. La criminalité, liée notamment à la production d’opium et au narcotrafic, augmente. Les enlèvements d’Occidentaux et d’Afghans, contre rançon ou en échange de taliban emprisonnés, se multiplient. Les assassinats de personnes kidnappées et les victimes d’attentats ne cessent d’augmenter.
Il est vivement recommandé aux entreprises et aux ONG qui souhaitent mener une mission en Afghanistan, de différer, pour le moment, tout projet devant être mené par du personnel expatrié basé en permanence sur le terrain.
Pour les personnes qui se trouveraient à Kaboul, il est recommandé de maintenir une grande vigilance en raison des risques liés au terrorisme et au banditisme, et en particulier de ne pas sortir après la tombée de la nuit, de ne pas fréquenter les lieux à forte concentration d’étrangers, de ne pas se déplacer seul, de ne pas se déplacer à pied, y compris dans les quartiers tenus pour les plus sécurisés de Kaboul.
[...]
Les régions absolument déconseillées sont indiquées en rouge."
Voilà le paradis vers lequel on renvoie ces gens. Qu'on renvoie des sans-papiers vers le Mali, le Sénégal ou la Chine, c'est déjà un peu spécial, mais passe encore. Là, il est évident pour tout le monde que ces gens risquent leur vie et qu'une expulsion vers ce pays est totalement contraire à la simple humanité. Mais il y a longtemps que je sais que l'humanisme n'est pas la qualité première de ce gouvernement et qu'elle est carrèment absente chez M. Besson. Non content d'être un traîte, cet homme est un infâme et l'histoire le jugera comme tel.
Ceci dit, profitons du fait que l'on peut encore le dire et que l'on peut encore le savoir grâce au travail de quelques journalistes. Ce ne sera peut-être bientôt plus le cas si la situation en matière de liberté d'expression continue à se dégrader dans notre pays comme elle l'a fait depuis le début du mandat de M. Sarkozy. Reporters sans Frontières publie ces jours-ci son "classement" de la liberté de la presse dans le monde. La France, pays des droits de l'Homme, est classée 43e...
Reporters sans frontières, sans être alarmiste, nous signale:
"L’Hexagone se situe à la 43e place et enregistre une perte de huit points, conséquence non seulement des mises en examen, placements en garde-à-vue et perquisitions dans les médias, mais aussi de l’ingérence des autorités politiques, notamment du chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy."
Pour information, voici le classement de notre pays depuis qu'il existe, c'est à dire 2002:
2002: 11e
2003: 26e
2004: 19e
2005: 30e
2006: 35e
2007: 31e
2008: 35e
2009: 43e
NB: En 2002, N. Sarkozy devient ministre de l'Intérieur; il le sera quasiment sans interruption jusqu'en 2007, date à laquelle il devient Président de la République. Je ne fais pas de relation de cause à effet, mais depuis 7 ans que cet homme joue un rôle primordial au niveau national, la France est passée de la 11e à la 43e place.
En 2002, la France était classée entre le Danemark et l'Australie avec un indice de 3. En 2009, elle est entre le Surinam et le Cap-Vert avec un indice de 10,67. A titre d'information, le Mali vers lequel on expulse tant de sans-papiers est largement mieux classé que nous. Parmi les autres moutons noirs en Europe, on trouve l'Italie berlusconienne, un petit peu derrière la France. Chouette alors, l'honneur est sauf.
Rien n'est encore dramatique, mais les options que le gouvernement actuel fait prendre à ce pays sont plus qu'inquiétantes, même si elles se font petit à petit. Et pendant ce temps-là, on contraint les professeurs à lire la lettre d'un résistant communiste fusillé à 17 ans par les nazis... J'espère que quand les Afghans expulsés seront décapités par les talibans, ils trouveront le temps d'écrire une lettre émouvante à notre cher M. Besson, peut-être la lira-t-on dans les classes...
29 septembre 2009
Quand les médias incitent implicitement au pillage...
Il y a quelques jours, on nous a fait part de cette découverte extraordinaire d'un trésor anglo-saxon faite en Angleterre par un simple chômeur qui grâce au pognon va pouvoir s'acheter une maison. Oh, la belle histoire que les médias sont ravis de nous raconter!
Mouais. Voir... Il faut, à cette occasion, rappeler quelques éléments essentiels et dire ce que les médias oublient de nous dire, parce que la culture ils s'en tamponnent et veulent juste raconter des histoires: cette découverte est le fruit du pillage, faite grâce à un détecteur de métaux et fruit de 5 jours de fouilles de la part du détectoriste qui a ainsi, irrémédiablement, détruit le contexte de la découverte. Et grâce à cela il va se payer une maison alors qu'il devrait avoir une amende pour n'avoir pas respecté la loi britannique: "Selon le « code de bonne conduite » du « detectorist » l’inventeur aurait dû déclarer immédiatement sa découverte, sans rien perturber, à l’un des 37 « Finds Liaison Officers » payés justement pour enregistrer les trouvailles." (association Halte au pillage)
Au passage, un autre gros mauvais points aux médias français et autres, qui à cette occasion auraient dû, au moins:
- Signaler qu'en France la loi ne permet pas ce genre de trucs.
- Préciser plus en détails de quoi il s'agit comme trésor, car au final, à part qu'il était d'or et d'argent et très ancien, nous n'en avons pas su grand chose!
(Garde d'épée, source: BBC)
Rappelons à cet égard, pour les petits malins qui seraient tentés de faire la même chose en France, que l'activité de détectoriste est tellement réglementée qu'elle est pour ainsi dire interdite et donc, que 95% des détectoristes au moins sont dans la plus totale illégalité! Et que l'archéologie n'est pas la quête du bel objet ou de l'artefact rare qui brille. Que revendre tout cela sur Ebay (cherchez "fibule" ou "monnaie romaine", vous aurez de beaux exemples de détectoristes sans scrupules) est absolument illégal aussi!
Petit rappel de la réglementation sur l'excellent site Halte au pillage (qui m'a fourni une partie de la matière nécessaire à cet article et dont un de leurs articles a confirmé mes craintes quant à cette découverte).
(Bouton en or, source: BBC)
Quelques liens essentiels sur ce sujet:
L'annonce de la découverte (si vous lisez l'anglais)
Discussion sur Passion Histoire consacrée à cette découverte
Le détectorisme et l'archéologie, autre discussion sur Passion Histoire
L'article du site Halte au pillage consacré à cette découverte, très bien fait
23 septembre 2009
Pour s'initier à l'histoire de la Lorraine...
Une fois n'est pas coutume, c'est un petit coup de pub que je me permets pour ce livre d'un ami, mais qui n'en est pas moins un ouvrage tout à fait intéressant: MARTINO, Laurent, Histoire chronologique de la Lorraine, Ed. Place Stanislas, 2009.
Il s'agit ici, au travers d'une histoire chronologique, d'offrir une vulgarisation abordable de l'histoire très riche de ce pays (indépendant jusqu'en 1766!) puis province française qu'est la Lorraine.
J'engage tout le monde à y plonger son nez avec profit: celui qui n'y connait rien bien sûr, ou si peu pour en apprendre plus et appréhender la richesse de cette histoire qui est inscrite au coeur de l'Europe. Mais également celui qui est déjà versé dans la connaissance historique et qui voudra, à l'occasion, compléter un fait ou préciser une date. Tout cela avant de se plonger plus avant dans les détails, bien évidemment.
16 septembre 2009
Fontainebleau
C'est dans l'un des très haut lieu de l'histoire de France que nous nous sommes rendus ce jour-là, où à peu près tout ce que la France compta de souverains du bas Moyen Âge au Second Empire passa: Fontainebleau.
(Château de Fontainebleau, cour des adieux)
Le château est un peu éloigné de la gare, mais heureusement une ligne de bus spéciale y mène de façon régulière. L'arrivée près du château impressionne; on débarque en face de la fameuse cour des adieux, flanquée de bâtiments sur trois côtés et fermée au quatrième d'une grille ornée d'aigles impériales; tout ici proclame le roman glorieux et tragique du Premier Empire.
(Grille de la cour des adieux)
Tout? Pas tout à fait, car en dehors du souvenir lié à ce roman national français qu'est l'épopée napoléonienne et qui a fait de cette cour un lieu de mémoire important, pour moi qui suis peu sensible à la figure du petit corse devenu empereur, l'élément le plus intéressant de la cour des adieux est son fameux et superbe escalier du Fer-à-Cheval, petite merveille d'époque Louis-XIII et oeuvre de Jean Androuet du Cerceau.
(Escalier du Fer-à-Cheval)
L'intérieur du château, malgré le fait que certaines parties (musée Napoléon, musée Chinois et Petits Appartements) ne soient accessibles qu'une fois par jour et en visite guidée..., ne manque pas d'attraits. Sa visite est comme une convocation dans l'histoire de France au travers des goûts artistiques de ses rois et chefs d'Etat.
La première salle des Grands Appartements est en elle-même une curiosité: la galerie des Assiettes a été conçue au XIXe s., entièrement garnie de bois et avec de petits emplacements réalisés pour y installer une centaine d'assiettes ornées de scènes de l'histoire de France, en porcelaine de Sèvres. L'ensemble donne une impression très curieuse.
(Galerie des Assiettes)
Ensuite nous admirons de loin la chapelle de la Trinité, où Louis XV épousa Marie Leszczynska en 1725, puis arrivons dans la magnifique Galerie François Ier. Dans cette galerie, merveille de la Renaissance et de l'école dite "de Fontainebleau", se trouvent dans une débauche décorative de fresques, stucs et lambris, des scènes allégoriques ou mythologiques au sens parfois obscur et tout un programme à la gloire de François Ier, avec moults salamandres et monogrammes "F".
(Symboles de François Ier)
L'ensemble de la galerie a été réalisée entre 1528 et 1530 sous la direction des peintres italiens Le Rosso et Le Primatice.
(Fresque)
Petit détail pénible: pourquoi donc tous les châteaux se mettent à suivre l'abominable exemple de Versailles et accueillent dans leurs murs des trucs moches sous prétexte d'ouverture à l'art contemporain? L'art contemporain n'a pas assez de lieux qui lui sont consacrés sans doute... Bref, du n'importe quoi, mais donc dans cette superbe galerie dont certains éléments auraient bien besoin de réparation, on préfère organiser une expo de meubles "design" ou pas, plus ou moins affreux et rangés à peine mieux qu'un débarras. Je n'ai pas bien compris l'intérêt ni ce que cela apportait au lieu. Mais je dois être un vieux con, sans doute...
(Sans commentaires)
Malgré cela cette galerie s'est révélée tout à fait fascinante et au moins elle n'a pas, contrairement à beaucoup d'autres pièces, été remaniée par Napoléon Ier. Et franchement, une grande galerie renaissance aussi intacte, ça vaut le coup d'oeil.
(Buste de François Ier)
Nous découvrons ensuite d'autres pièces, chambres, salons et antichambres, souvent d'époque Henri IV ou Louis XIII. Toutes sont très belles mais l'escalier du Roi est remarquable par son décor de fresques et de stucs réalisés par Le Primatice.
(Escalier du Roi)
Les salles que l'on voit ensuite sont plutôt de l'époque Louis XVI et Empire, et meublées avec soin dans le goût Empire.
(Grand Salon de l'Impératrice)
Une des salles les plus remarquables de cette série est la Chambre de l'Impératrice (ou de la Reine), chambre qui a vu passer Anne d'Autriche, Marie Leszczynska, Marie-Antoinette qui ont chacune apporté leur touche dans cette pièce.
(Chambre de l'Impératrice)
De l'ancienne chambre des rois, utilisée comme telle de Henri IV à Louis XVI (et au plafond orné du symbole de Louis XIII, deux massues entrecroisées, symbole d'Hercule), Napoléon Ier avait fait sa salle du trône, lui qui aimait tant Fontainebleau où il ne sentait pas écrasé par un autre glorieux souverain comme à Versailles. C'est à ma connaissance la seule salle du Trône encore en état en France et c'est tout de même assez étonnant comme endroit.
(Salle du Trône)
Dans la série des souvenirs napoléoniens, les salles suivantes sont essentielles, même si on est pas plus touché que cela par cette période historique. Ainsi on peut voir sa chambre à coucher ainsi qu'un petit guéridon sans guère de style où l'empereur signa son acte d'abdication!
(Chambre de Napoléon, meublée en style Louis XVI)
Comme nous avions loupé une petite partie de la visite, nous sommes ensuite revenus sur nos pas pour admirer la Salle de bal, une pure merveille de décoration, commencée sous François Ier et achevée sous Henri II, avec notamment comme artistes y ayant participé: Philibert Delorme, Nicolo dell'Abate et Le Primatice.
(Salle de bal)
Finalement, pour résumer très grossièrement, le château de Fontainebleau est un peu le négatif de Versailles: tous les souverains y ont laissé leur trace, sauf Louis XIV!
(Tribune de la salle de bal)
Enfin, nous finîmes notre visite du château proprement dit (car comme je l'ai dit, l'accès à certaines parties qui promettaient pourtant d'être intéressantes était limité) par la chapelle Saint-Saturnin, à la surprenante voûte à caissons.
(Chapelle Saint-Saturnin)
Après un petit repas pris pas très loin, ce fut le temps pour un tour de l'extérieur du château et des jardins. Nous avons ainsi vu le jardin de Diane, puis la salle du jeu de paume où l'on joue encore de nos jours à ce jeu rendu célèbre par la Révolution française. En gros, ça ressemble à du tennis en un peu plus compliqué et en salle.
(Jeu de paume)
Les jardins n'ont certes pas la beauté classique de ceux de Versailles mais ils sont tout à fait agréables et assez étendus. Sur l'étang aux carpes (réellement plein de carpes) qui jouxte le château, se trouve un petit pavillon, une folie très amusante: il s'agit d'un simple pavillon de thé construit sur une île minuscule et qui n'était (et n'est toujours), bien entendu, joignable qu'en barque!
(Etang des Carpes)
Le tour du château s'est poursuivi par la cour ovale, construite par François Ier sur l'emplacement du château primitif et fermée par la porte du baptistère, actuellement en restauration.
(Cour ovale)
Une autre porte s'ouvre sur la cour ovale, la très belle porte dorée, édifiée en 1528 par François Ier pour servir d'entrée d'honneur au palais. Elle est décorée de peintures du Primatice (encore lui!).
(Porte dorée, intérieur)
Ensuite nous nous sommes baladés un bon moment dans le parc et aux alentours avant de repartir vers notre train et de rentrer à Paris!
(A une prochaine fois...)
13 septembre 2009
Se pomponner autrefois...
Quelle bonne idée d'avoir consacré une exposition à produits de beauté et aux soins du corps dans le temps long, et quelle bonne idée de l'avoir organisé conjointement entre le Musée du Moyen Âge de Cluny (Paris) et le Musée de la Renaissance (Ecouen)!
C'était l'occasion de (re)découvrir ces deux magnifiques musées et de faire une incursion hors des domaines purement évènementiels ou artistiques pour toucher à ce domaine moins souvent exploré qu'est le quotidien de nos ancêtres, de l'Antiquité romaine à la Renaissance.
A Cluny tout d'abord, ce fut l'occasion de s'aventurer dans les parties nouvellement ouvertes du musée et celles remises en musée depuis peu.
(Dans une des nouvelles salles du musée, une ode au vin taillée dans la pierre)
On a ainsi pu voir la salle d'arme et quelques salles consacrées à des éléments divers, notamment de la vie quotidienne, avec entre autres un superbe jeu d'échecs médiéval, des tentures illustrant la vie seigneuriale, quelques jeux et cartes à jouer et surtout, à mon sens très intéressant, une dinette d'enfant, magnifique, avec petits pots, cruches, couteaux, grille à viande, poele. A mon sens, malgré leur petite taille, des pièces tout à fait formidables, du XVe s., qui pourraient me permettre d'avancer un peu sur le sujet des jouets d'enfants auxquels j'ai déjà consacré quelques modestes propos (Cf. ces trois notes: Un, deux et trois).
(Dinette, XVe s.)
De façon exceptionnelle pour cette exposition, le musée à ouvert, après des années de fouilles et de travaux, le frigidarium des thermes de Cluny, témoignage tout à fait intéressant du mode de vie romain en Gaule et de l'importance prise par Lutèce à l'époque gallo-romaine.
La partie de l'exposition située dans le frigidarium traite donc du sujet "Le bain et le miroir" sous l'Antiquité. Las, si les objets sont très beaux ou très instructifs, en particulier en ce qui concerne les différentes poudres, fards, onguents et cosmétiques et leurs contenants, quelle idée a donc piquée les conservateurs du musée de vouloir, en lieu et place des habituels cartels, préférer des cartels "informatiques", qui tombent en panne parfois et surtout ne permettent pas de se concentrer sur le texte qu'il affiche vu que celui-ci change toutes les dix secondes pour passer à une explication sur l'objet suivant. Cela rend au final la visite beaucoup moins agréable et plus superficielle. Un TRES gros bémol à ce sujet.
Pour le reste, la partie antique était consacrée essentiellement aux cosmétiques et aux apports de la chimie pour mieux les comprendre, ainsi qu'à l'art de la coiffure à travers la statuaire des empereurs et impératrices romaines, aux coiffes parfois fort improbables.
(Tenture de la vie seigneuriale, Le bain, Pays-Bas, début XVIe s.)
La partie médiévale, tout comme l'antique, aborde également les discours tenus autour du corps et de ses apprêts. Entre les louanges de certains Anciens et les sermons de Saint Augustin...
Beaucoup d'objets et de représentations sont exposées, permettant de se faire une idée du raffinement du Moyen Âge qu'on imagine trop souvent barbare. De superbes peignes, miroirs et autres instruments témoignent de la façon qu'on y a de s'apprêter, de se laver. Les parties consacrées à la coiffure sont édifiantes avec quelques exemples de coiffes qu'on imagine d'apparat, très sophistiquées. Quelques manuscrits complètent le tout.
(Buste de sainte)
Seul bémol (en plus des peu pratiques cartels informatiques), bémol qui se retrouve à Ecouen: n'est évoqué que la vie des nobles et des gens aisés. A Ecouen sont même évoqués les artisans, mais pas le petit peuple et la façon dont il pouvait envisager les soins corporels selon les époques, ce qui est un peu dommage.
Quelques jours après cette balade à Cluny, nous sommes donc allés revoir le beau château-musée d'Ecouen, bijou d'architecture renaissance né de la volonté du grand connétable Anne de Montmorency.
(Château d'Ecouen, cour)
La partie de l'exposition située dans ce musée est à mon sens encore plus intéressante que celle de Cluny, ne serait-ce que par l'absence des odieux cartels gigotants. L'ennui c'est que les salles sont souvent trop sombres pour faire la moindre photo.
Une partie de l'exposition traite, à l'aide d'oeuvres d'art, du passage des bains collectifs (ou étuves) soupçonnés de favoriser la lascivité, le péché et la luxure, au bain aristocratique, de bon ton et de bon goût entre gens bien nés, où l'on se trempouillait gentiment jusqu'à mi-corps, le plus souvent habillé, dans un bain léger et parfumé, a discuter au son d'une douce musique.
Une autre partie est consacrée à la cosmétologie et à l'abondante littérature, plus ou moins éclairée, qui circulait à ce propos. Cela pouvait aller de traités réellement savants à de la vulgarisation confinant à la dangereuse arnaque, tant les matières préconisés ressemblent à des ingrédients pour sorcières, voire à des poisons (à base de plomb, de mercure).
(Petit flacon à cosmétiques, Venise, fin XVIe s. - début XVIIe s., Musée d'Ecouen)
Parmi les choses curieuses et très révélatrices du raffinement de cette époque, il y a divers objets, comme ces curieux petits batonnets avec d'un côté un cure-ongles et de l'autre un cure-oreilles. Mais surtout, l'aspect le plus intéressant est celui des bijoux de senteurs, en particulier les pommes de senteurs, ces petits bijoux qu'on tenait attachés à une chaine assez loin de sa peau, et qui s'ouvraient pour être garnies de différentes pâtes parfumées. Au travers de ces curieux bijoux, on fait une entrée dans un monde au-delà des livres et des oeuvres d'art, un monde évanouï, celui des senteurs.
(Pomme de senteur, Pays-Bas, 1610-1620. Contenait de la rose, de la cannelle, du clou de girofle, de l'angélique, de la muscade et du balsamum apoplecticum, Rijksmuseum, Amsterdam)
Cette exposition était également l'occasion de découvrir une partie habituellement fermée du château et exceptionnellement ouverte du fait de son lien avec le thème: l'appartement des bains du connétable de Montmorency. Celui-ci est composé de plusieurs salles à la décoration discrète mais plutôt jolie.
(Dans la salle d'étuve de l'appartement des bains)
Dans cette salle sont également exposés des mascarons originaux qui ornaient le Pont Neuf. Ils sont particulièrement vilains, jugez-en vous-mêmes...
(Mascarons)
Voilà... En somme, je vous recommande, si vous êtes rapides, ces deux expositions qui ferment le 21 septembre!
06 septembre 2009
L'Inde en fête... à Paris
(Affiche en français...)
Chaque année depuis presque 15 ans, la communauté indienne (essentiellement tamoule) de Paris organise, fin août - début septembre, une fête consacrée au dieu Ganesh. A l'instar de celles qui existent en Inde, cette fête est très joyeuse, colorée et pleine de monde. De plus en plus de monde chaque année d'ailleurs.
Je précise juste que le dieu Ganesh, très populaire en Inde, protège les voyageurs, les professions intellectuelles, les étudiants et surtout, ce qui est le cas de beaucoup d'Indiens à Paris, les commerçants! A condition de le gâter par de belles offrandes, ce qui, pour ce dieu gourmand, se traduit par des fruits, des gâteaux, des douceurs.
(...et en langue tamoule)
Aller à la fête de Ganesh, c'est toujours un moment invraisemblable, une plongée dans un autre univers. Nous sommes bien à Paris - on y accède en métro - et sitôt sortis de la station, nous pénétrons dans une Inde festive et doucement kitsch, avec de l'haussmanien autour. L'ensemble forme une ambiance assez unique, entre spectateurs surpris du spectacle et ferveur religieuse des Indiens qui sont légion à vivre et tenir commerce dans ce quartier proche de la Gare du Nord.
(Un autel à Ganesh)
Un peu partout, le long des rues, devant les commerces, s'installent de petits autels dédiés au dieu Ganesh. Certains portent juste des fruits, d'autres une statue du dieu en plus. Et, plus qu'il y a deux ans lors de notre première découverte de cette fête, il y a nombre de ces commerçants indiens qui y voient une belle aubaine pour tenter au passage d'y vendre divers babioles et cochonneries kitsch.
(Installation)
On peut même apercevoir des fleurs tracées à la craie à-même le trottoir, symbole de bonne augure pour le commerce. Le sol est préalablement mouillé pour permettre à la craie de mieux tenir.
(Dessin en cours)
Puis, peu après vient la clameur du défilé qui arrive. Il est parti du temple consacré à Ganesh quelques rues plus loin et il va défiler pendant plusieurs heures dans le quartier indien au rythmes des chants, de la musique et des danses.
Tout d'abord, ce sont deux premières voitures, dans lesquelles on peut acheter des fruits à apporter en offrande à Ganesh.
(Distribution de fruits)
Ces voitures sont immédiatement suivies par une première série de porte-emblèmes qui escortent une grande statue d'éléphant en résine.
(Eléphant en résine)
Viennent ensuite une série d'autres gens porteurs d'emblêmes et d'étendards, suivis par les porteuses d'encens qui répandent cette odeur capiteuse dans les rues.
(Joli étendard)
(Porteuses d'encens)
La suite est proprement impressionnante. Des musiciens battent du tambour afin de donner le rythme à des danseurs lourdement harnachés d'une sorte de grande tour sur la tête.
(Danseurs)
Il y avait également, détail absent voici deux ans, des danseurs déguisés en cavaliers... de façon étrange.
(Un bien curieux cavalier)
La suite de la procession était composée d'autres porteuses d'encens et d'une nouvelle série de danseurs, tout aussi péniblement chargés que les précédents. Et ils en ont pour quatre bonnes heures de trajet à marcher en dansant ainsi.
(Courageux danseurs)
Quelques personnes munies d'une longue flûte les accompagnaient, juste avant qu'on ne voit apparaître les nombreux tireurs du char de Ganesh, enfin!
(Oh-hisse!)
Dans le char de Ganesh se tient, outre une belle statue du dieu en question avec cinq têtes, un type enturbanné qui a pour office, lorsque le char, tous les 20 mètres environ, s'arrête, de bénir les offrandes qu'on lui présente en y plaçant des fleurs. De nombreuses personnes vont faire bénir leurs offrandes avec une grande ferveur.
(Char de Ganesh)
(Char de Ganesh, vue de l'arrière)
Juste après, même rituel, sauf que cette fois-ci il s'agit du char de Skanda (Murugan en tamoul), le frère de Ganesh. Seule différence, son char est tiré par des femmes (et quelques hommes, plus rares, qui filent un coup de main). En son sein, toujours une statue du dieu et un homme qui distribue les fleurs et semble bénir les offrandes qu'on lui tend. J'ignore pourquoi certains recherchent la bénédiction de Ganesh et d'autres celle de Skanda, qui n'est pas délaissé bien que la ferveur qui l'entoure soit moindre.
(Char de Skanda)
Après son passage, c'est la fin du défilé, il ne reste plus qu'aux employés de la ville de Paris à nettoyer la multitude de débris de noix de coco que les gens fracassent au passage des chars.
(Nettoyage)
Pour finir notre balade dans le Paris indien, nous sommes allés vers le temple de Ganesh. Loin des acclamations et du bruit du défilé, il y avait pourtant foule devant ce temple situé au fond d'une cour dans un immeuble et qui est actuellement en travaux. Nous nous sommes abstenus d'y entrer, n'ayant pas spécialement d'offrandes à y faire et ne voulant pas nous immiscer dans ce jour de ferveur.
(Devant l'entrée du temple)
Nous avons eu la chance ensuite, dans la même rue, de nous faire offrir un thé noir très épicé et très sucré, que des indiens distribuait gratuitement en ce jour festif. D'autres distribuaient du lassi (spécialité indienne lactée et aromatisée).
(Miam, du bon thé)
Et enfin, histoire de parfaire notre côté indien, déjà bien entamé avec l'un de ses fameux "troisième oeil" qu'un indien m'avait appliqué sur le front pendant le défilé, nous avons acheté - ultime piège à occidental - une jolie guirlande de jasmin très odorant.
(Jasmin)
Voilà pour ce qui concerne cette très belle et dépaysante fête du dieu Ganesh. Qu'il nous protège toute cette année durant!
03 septembre 2009
Les icônes bulgares à Vincennes
Vincennes est, sans conteste, un des hauts lieux de l'histoire de France et un des bâtiments les plus intéressants à visiter à proximité de Paris. J'ai déjà évoqué ce château royal et son impressionnant donjon il y a quelques mois.
Récemment, nous sommes retournés à Vincennes, pour profiter à la fois de la réouverture de la Sainte Chapelle de Vincennes qui était fermée pour travaux après avoir été fragilisée par la tempête de 1999 et pour voir l'expositions "Trésors des icônes bulgares" juste avant qu'elle ne s'achève.
(La Sainte Chapelle de Vincennes, bijou d'art gothique flamboyant)
Cette exposition nous a fait découvrir pas mal de pièces intéressantes et nous a permis de plonger à nouveau, après les merveilleuses expositions de Londres consacrée à Byzance et du Petit Palais sur le Mont Athos, dans le monde de la chrétienté orientale avec ses particularités et ses grands mouvements. Cette fois-ci, l'intérêt était double, surtout après les expositions précitées: nous pouvions constater à la fois à quel point l'influence du style en matière d'art donné par Byzance, puis à la chute de celle-ci par le Mont Athos, était forte mais aussi mesurer toutes les limites de cette influence et les particularités provinciales de l'art bulgare. Bref, c'était bien. On ne peut que regretter une mise en musée pas mauvaise mais parfois un peu étroite qui rendait l'accès aux oeuvres pas forcèment évident.
(Déisis, 1495, bois, Monastère de Batchkovo)
L'une des plus jolies et des plus étonnantes oeuvres exposées est ce Saint Théodore du Xe s., réalisé en céramique, ce qui est un procédé assez inhabituel pour nous qui sommes habitués aux icônes sur bois, mais a priori, dans les premiers temps de la conversion des Bulgares au christianisme en 864 on utilisait toutes sortes de supports: émail, céramique, mosaïque.
(Saint Théodore, Xe s., céramique, Musée historique de Preslav)
L'exposition nous présente donc un grand nombre d'oeuvres, essentiellement des icônes (80, venues directement de Bulgarie), selon un ordre essentiellement chronologique qui distingue trois phases: des origines au XIVe s. (c'est à dire jusqu'à la fin de l'empire byzantin); du XIVe au XVIIe s. (face à la domination ottomane); et enfin XVIIIe et XIXe s. et leur rôle au sein des luttes indépendantistes du pays.
On découvre aussi des saints très célébrés dans le christianisme oriental, en particulier un certain nombre de saints militaires, à l'image de ce Saint Georges à cheval. Elle date de la fin du XVe s. et, au-delà de son caractère religieux, présente déjà une fonction politique: en effet, l'enfant pris en croupe sur le cheval du saint est sensé avoir été délivré des Sarrasins suite à son intervention.
(Saint Georges à cheval, fin XVe s., bois, Galerie nationale des Beaux-Arts de Bulgarie, Sofia)
En dehors de ces saints communs aux deux branches du christianisme, les orthodoxes célèbrent pléthore de saints inconnus ou peu populaires chez nous, comme cette Sainte Nedelya, martyre chrétienne.
(Sainte Nedelya, XIXe s., bois, Galerie des Beaux-Arts de Bulgarie, Sofia)
Au-delà des icônes, l'exposition présentait aussi, dans un cadre hélas trop étroit, de beaux manuscrits précieux, essentiellement religieux bien entendu.
(Evangéliaire, 1552, reliure XVIIe s.), Galerie nationale des Beaux-Arts de Bulgarie, Sofia)
01 septembre 2009
Petit tour à Bordeaux
Bordeaux est une grande et belle ville qui a beaucoup fait pour remettre en état son riche patrimoine ces dernières années. Travail de fond dont la ville a été "récompensé" par un classement au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2007. Mais récompense fragile, car depuis deux ans, quelques mauvaises ou stupides décisions ont été prises qui font tousser l'UNESCO au point de menacer la ville du retrait de ce label...
Bref. Bordeaux mérite néanmoins largement d'être découverte et que l'on flâne au hasard de ses rues anciennes. Cette ville de riches marchands au long cours et de négociants en vin conserve l'un des plus beaux ensemble d'architecture civile du XVIIIe s. en France.
Notre balade dans Bordeaux, forcèment suggestive et très incomplète (comment prétendre voir une ville pareille en seulement quelques heures?!) part de la Place des Quinconces pour s'achever vers la Porte de la Grosse Cloche. Nous avons, ce jour-là, décidé de ne pas aller voir de musées, d'une part parce que nous avions déjà vu le Musée d'Aquitaine et que le beau temps invitait plus à la découverte flâneuse.
Nous démarrons place des Quinconces, près du monument aux Girondins.
(Monument aux Girondins, Place des Quinconces)
Cette immense place a été construite sous la Restauration à l'emplacement du château Trompette détruit. Plantée d'arbres, elle accueille depuis le milieu du XIXe s. les statues de Montaigne et de Montesquieu, figures tutélaires de Bordeaux. Depuis 1902, le Monuments aux Girondins dresse sa haute colonne à 50 m. de haut au-dessus de deux fontaines accolées à son socle. Glorifiant les députés Girondins décapités sous la Révolution française, ce monument est une merveille de sculpture de la IIIe République, en particulier en ce qui concerne les statues allégoriques des fontaines.
(Monument aux Girondins, Fontaine)
Après avoir traversé la place et passé entre les deux grandes colonnes rostrales, nous accédons directement aux quais, larges et plutôt bien aménagés, que nous longeons un bon moment, admirant la vue sur la Garonne, le Pont de Pierre, et le centre-ville. Le long des quais s'alignent de belles façades classiques, comme dans l'ensemble de la ville. Cette promenade est particulièrement agréable au point que nous la prolongeons trop au-delà de là où nous voulions tourner pour revenir dans la ville.
(Vue sur la ville depuis quai des Chartrons)
Qu'à cela ne tienne, nous bifurquons tout de même et pénétrons dans le beau quartier des Chartrons (du nom d'un ancien couvent de Chartreux), bordé de beaux hôtels particuliers illustrant la richesse de leurs anciens propriétaires, souvent de riches négociants. Pourtant, rien d'écrasant dans cette architecture, tout est à taille humaine et y flâner est un vrai plaisir, surtout avec les boutiques d'antiquités qui y abondent.
(Quartier des Chartrons)
Dans ce quartier se trouve ce qui est aujourd'hui le musée d'art contemporain, installé dans le très bel entrepôt Laîné, construit en 1824 pour entreposer les nombreuses denrées coloniales drainées par la ville (sucre, café, coton, etc). Si l'extérieur est grandiose mais un peu austère, l'intérieur vaut franchement le coup d'oeil.
(Ancien entrepôt Laîné)
Nous nous dirigeons ensuite vers un agréable jardin public qui nous mène dans des rues extérieures où est situé un bel hôtel particulier, mais qui n'est pas visible de la rue...
(Jardin public)
Nos pas finissent par nous mener vers le Palais Gallien, seul vestige visible de la Burdigala antique. Le Palais Gallien est un édifice tout à fait intéressant au nom menteur. Nul ne sait pourquoi on a appellé Palais Gallien ce qui n'est pas un palais mais un amphithéâtre et qui n'est pas de l'époque de Gallien mais peut-être de celle d'Auguste.
Toujours est-il que ces ruines gardent un bel aspect romantique et témoignent de la longue histoire de Bordeaux et de l'importance primordiale déjà occupée par ce site aux époques celtiques et romaines. Il s'agit en effet d'une arène qui pouvait accueillir autour de 15 000 spectateurs! (à titre de comparaison, c'est équivalent aux arènes de Lutèce ou à l'amphithéâtre de Grand, ce qui faisait une arène importante mais pas démesurée non plus).
(Palais Gallien)
Nous marchons un petit moment à travers de belles rues toujours bordées d'immeubles superbes, avant d'arriver au quartier de Saint-Seurin.
(Rue du Dr. A. Barraud)
La basilique Saint-Seurin est un édifice un peu excentré mais dans lequel nous n'avons pas regretté d'être allé. Il s'agit d'une des plus vieilles églises de la ville et elle garde des parties romanes intéressantes ainsi que plusieurs éléments gothiques curieux, en particulier le siège épiscopal en pierre. Autre curiosité aussi, la présence de deux très beaux retables en albâtre, retraçants en plusieurs petits bas-reliefs les vies, pour l'un de Saint Seurin, pour l'autre de la Vierge. Seul regret: la crypte n'était pas ouverte.
(Basilique Saint-Seurin, Siège épiscopal, XIVe - XVe s.)
Nous remontons ensuite vers le quartier de la cathédrale. Nous passons devant la Porte Dijeaux, non sans admirer les immeubles du centre-ville et leurs façades classiques agrémentées de mascarons très divers.
(Mascaron)
Puis il était déjà largement l'heure de faire une pause gourmande, avec un passage obligé chez Baillardran pour acheter le fameux cannelé bordelais, délicieuse spécialité sucrée croquante à l'extérieur et moelleux à l'intérieur. Un bonheur.
(Miam!)
Comme nous étions dans le secteur, une ballade du côté de la cathédrale s'imposait. Le courage nous manquait pour en monter les 230 marches, mais nous avons tout de même jeté un oeil à la tour Pey-Berland, très haute et très belle, qui est toujours restée isolée de la cathédrale toute proche.
(Tour Pey-Berland)
Cathédrale que nous manquâmes pas de visiter également. Cette belle cathédrale gothique n'est cependant pas l'une de celle qui m'a le plus touché, je ne saurais dire pourquoi, du moins en ce qui concerne l'extérieur. L'intérieur me semble plus intéressant, notamment pour la belle élévation gothique de ses voûtes et surtout pour la tribune d'orgue, un travail de la Renaissance qui est de toute beauté (il s'agirait de l'ancien jubé que je ne serais pas surpris).
(Cathédrale Saint-André, Tribune d'orgues)
Juste en face de la cathédrale se trouve le Palais Rohan (oui, comme à Strasbourg, ils sont forts ces Rohan!), un très beau palais néoclassique du XVIIIe s. qui fait aujourd'hui office d'hôtel de ville.
(Palais Rohan)
Depuis là, nos pas nous mènent vers le Grand Théâtre, un autre morceau de bravoure de l'architecture néo-classique en vogue à la fin du XVIIIe s.
(Grand Théâtre)
De retour sur les quais, nous passons sur la belle place de la Bourse, très harmonieuse, toujours de la même époque, comme l'essentiel du vieux Bordeaux. En face de cette place se tient un "miroir d'eau", un truc qui semble ravir petits et grands bordelais et qui consiste en fait en une grande dalle de granit recouverte d'eau.
(Place de la Bourse)
La place de la Bourse est la première d'une série de trois places charmantes où nous allons successivement. Ainsi, nous découvrons la belle place du Parlement, organisée autour d'une fontaine et la place Saint-Pierre dominée par l'église du même nom et un vieil arbre. Tout cela est des plus agréables.
(Place Saint-Pierre)
Une dernière place, la place du Palais, nous mène à la Porte Cailhau, un monument particulièrement étonnant.
(Porte Cailhau)
Il s'agit d'une porte monumentale faisant également office d'arc de triomphe. Son iconographie est dédiée à la célébration de Charles VIII et ses succès militaires au cours des guerres d'Italie. Elle a été édifiée en 1495.
(Porte Cailhau, détail)
Après cela, nous nous enfonçons vers les secteurs de la rue Ausone et de la rue Neuve. Pas mal de rues et ruelles étroites, un plan médiéval évident et beaucoup de charme même si le quartier semble un peu moins vivant que le reste de la ville. Parmi les maisons, celle de Montaigne et au bout d'une superbe impasse, la maison de Jeanne de Lartigue, la femme de Montesquieu. Une très belle maison située hélas dans une cour intérieure fermée d'une grille. Un peu frustrant pour nous même si l'on comprend que les gens veuillent pouvoir vivre tranquilles sans être enquiquinés par les touristes (même s'il ne semble pas en passer beaucoup par ici).
(Maison de Jeanne de Lartigue)
Mais la journée a été fatigante et elle tire à sa fin. Nous avons marché pendant près de 5 heures dans cette belle mais grande ville et il est temps d'aller reprendre le tram (puis le train pour Paris le lendemain matin). Avant, nous jettons tout de même un oeil sur la Porte de la Grosse Cloche, un des symboles de Bordeaux!
(Porte de la Grosse Cloche, XVe s.)
Bien sûr, ceci n'était qu'un aperçu bien succinct des richesses de Bordeaux. Il nous faudra y revenir, mais c'est pour une prochaine fois. En attendant, comme dans toute bonne histoire, il faut écrire le mot...
(Et oui, nous sommes à Bordeaux tout de même!)




































































































