Nouvelle Feuille

Venez armés, l'endroit est désert...

31 octobre 2008

"Je me souviens"

Après Gilles Vigneault, retour en quelques mots sur une femme de lettres de grand talent, qui s'est depuis des années hélas, fait extrèmement rare en France...

Antonine Maillet a connu en France, dans les années 1970-1980, un grand succès populaire (ce roman avait même obtenu le prix Goncourt). Depuis, on l’a un peu oublié, et c’est regrettable, car la dame a le souffle épique pour dire l’histoire des petites gens.

Née en 1929 à Bouctouche au Nouveau-Brunswick, Antonine Maillet est une Acadienne, de ces gens de rien qui durent, en 1755, quitter leur petit bout de terre, expulsés par le gouverneur Lawrence pour n’avoir pas prêté le serment d’allégeance à l’Angleterre. Ils sont déportés par familles entières, dans ce qui est nommé, par un euphémisme charmant, "Le Grand Dérangement", et installés tout au long de la Nouvelle-Angleterre ou aux Antilles.

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(Antonine Maillet)

Quinze ans passent. Quinze longues années passées en Géorgie pour Pélagie LeBlanc, qui économise afin de s’acheter une charrette et quelques bœufs. Et elle quitte ce pays, qui ne tarde pas à devenir les Etats-Unis. Elle part, avec sa famille, recueillant au fur et à mesure des familles dispersées, qui poursuivent avec elle et sous sa direction la traversée de la moitié d’un continent. Le voyage dure plus de dix ans, pris dans les remous de l’histoire et dans une guerre qui n’est pas la leur, la guerre d’Indépendance. Nombre de personnages truculents vivent dans ces charrettes : Catoune, une jeune sauvageonne ; Bélonie, un vieux conteur presque centenaire ; Célina, guérisseuse au pied-bot ; le capitaine Beausoleil, qui suit la route des charrettes depuis son navire, etc.

Dans une langue très orale, remplie de tournures anciennes ou locales, Antonine Maillet nous conte l’histoire de son peuple, un pauvre peuple de sans grades, en lambeaux après la déportation par les anglais, un peuple qui se reconstitue peu à peu, et qui, obstinément, remonte vers le nord, vers l’Acadie originelle.
Pélagie-la-Charrette est un roman d’une très grande richesse, et surtout, c’est le roman d’une mère-courage, et surtout, surtout, de la fidélité.

(juin 2004)

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(source: www.quebechebo.com)

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27 octobre 2008

Gilles Vigneault

Gilles Vigneault, chantre du Québec et de la volonté d'indépendance de la Belle Province, ancré les deux bottes dans la neige profonde de son pays natal, a pourtant su avec ses chansons qui sont autant de poèmes sublimes, toucher à l'universel. J'aime profondèment cet homme généreux et ses chansons si humaines, si belles.

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Il fête aujourd'hui ses 80 ans. Bon anniversaire Gilles Vigneault. En France aussi, on vous admire. Et on rêve du jour où vous pourrez chanter pour un Québec indépendant et ouvert "Gens du pays".

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25 octobre 2008

Cela ne vaut pas l'Europa-Park...

En ballade chez Mickey fin octobre, ça sent Halloween...

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Je n'étais allé qu'une fois à Disneyland, et mes impressions sont confirmées: les manèges sont très impressionnants, mais peu nombreux par rapport à la taille du parc, et tout est hors de prix. Le hot-dog dégueulasse à 4,75 euros, c'est dur à digérer...

Pour le reste, tout est basé sur l'ambiance et les animations sympathiques.

On a donc pu voir Mr Jack...

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Une maison hantée pas franchement effrayante...

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Le Space Moutain, attraction vraiment spectaculaire et originale...

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Et de jolis pitons du tonnerre parcourus par un train de la mine très rapide...

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24 octobre 2008

Artisanat

Les derniers jours ont été assez durs et tristes, alors voici une note de couleur au coeur de la morosité.

Aujourd'hui, malgré la difficulté de transport (maudit soit l'inventeur des escaliers!), nous avons enfin installé, en forme de surprise, la belle bibliothèque venue tout droit d'Inde du sud qui nous faisait tant envie. Elle rend très bien dans mon bureau et surtout elle décharge sérieusement les autres bibliothèques.

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Je recommande à tout le monde cette excellente boutique d'import de meubles indiens (le patron est très sympa en plus et n'hésite pas à raconter ses multiples voyages. Le lien vers son site se trouve sur le côté, dans les liens.

Cette bibliothèque peinte est sculptée de nombreuses figures du dieu Ganesh, toutes différentes, par la couleur ou l'attitude du dieu.

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15 octobre 2008

Quand on aura 25 ans, en l'an 2008...

Nous sommes le 15 octobre 2008. Je suis né il y a 25 ans. C'était hier et pourtant le monde a tellement changé. Je ne suis, à partir d'aujourd'hui, plus vraiment un "jeune"...

Je ne sais pas trop mettre en mots ce que je ressens quand je réfléchis à ce quart de siècle passé. J'espère juste que, là où j'en suis de ma vie, les gens que j'aime sont un peu fiers de moi, ou du moins que je ne les ai pas trop déçus.

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14 octobre 2008

Cité de verre

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(Quartier de la Défense, Paris)

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12 octobre 2008

Une femme d'exception

1924. Alexandra David-Néel vit en Extrême-Orient depuis de nombreuses années. Passionnée par les études orientales, elle cherche à de nombreuses reprises à pénétrer au Tibet, pays interdit d'accès par les anglais. Accompagnée de son fils adoptif, le lama Yongden, douée de toutes les ruses, usant de stratagèmes audacieux, elle parvient à entrer au Tibet, déguisée en mendiante tibétaine.

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(A. David-Néel)

Première femme blanche à atteindre Lhassa, Alexandra David-Néel résume dans toute son œuvre et sa vie plus d'un siècle (1868-1969) de passion et de découvertes. Sa formidable vocation, la découverte d'un pays mystérieux et interdit, les souffrances physiques et morales dans les conditions difficiles du Tibet, elle nous offre tout ceci, servi par un véritable talent d'écrivain.

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Alexandra David-Néel a ceci de formidable, c'est qu'elle porte sur l'Orient et ses coutumes étranges un regard critique important, tout aussi éloigné du colonialisme triomphant de son époque que de l'admiration sans bornes d'une autre époque. Elle est passionnée par son sujet, mais elle n'est pas subjuguée, et sais voir les défauts et les problèmes du peuple tibétain. Une lecture des plus enthousiasmante!

(janvier 2002)

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(Lhassa, capitale du Tibet. Source: flickr.fr)

Visiter:
- La maison d'Alexandra David-Néel à Digne

Lire, d'Alexandra David-Néel:
- Voyage d'une parisienne à Lhassa, Pocket.
- Au pays des brigands gentilhommes, Pocket.
- Le lama aux cinq sagesses, Pocket.
Une partie de son oeuvre a été compilée sous le titre Grand Tibet et Vaste Chine aux éditions Omnibus.

Sur sa personnalité, par sa dernière secrétaire et dévouée gardienne de mémoire:
- M-M Peyronnet, Dix ans avec Alexandra David-Néel, Plon.

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09 octobre 2008

La littérature française, morte? (Rires)

Le Clézio prix Nobel de Littérature... On avait beau avoir entendu la rumeur courir depuis quelques jours, cela fait un drôle d'effet. Tant Le Clézio un incontournable, connu depuis plus de quarante ans, présent dans la plupart des livres de français qui me sont passés entre les mains et au sein desquels il était souvent le seul auteur vivant; et pourtant, si incontournable soit-il, c'est un grand discret, presqu'un timide dirait-on. Pourtant l'homme ne fuit pas les médias ni les interviews, il ne se cache pas. Ce n'est ni Pynchon ni Blanchot, pas même Gracq. Simplement il n'aime pas trop la lumière me semble-t-il. A part peut-être la lumière du soleil de Maurice, son île entre Afrique et océan Indien, ou celle du Mexique, qu'il aime et connaît depuis si longtemps.

Le prix Nobel n'est jamais attribué au hasard, et cette fois, c'est une belle oeuvre, une grande oeuvre qui est couronnée. Une oeuvre de pure littérature, loin des polémiques politiques et des grands engagements. C'est le meilleur de la littérature francophone qui est récompensé aujourd'hui, tant il est vrai que Le Clézio n'est pas juste français, mais qu'il vit et écrit en langue française, ce trait d'union qui fait qu'il n'y a que la langue qui compte, bien au-delà des frontières. Et comme lui - c'est peut-être là son seul engagement - je considère qu'il faut plus d'oeuvres francophones dans les rayons de nos librairies, hors du petit monde parisianiste qui ne vit que pour le dialogue de sourds des deux masturbateurs intellectuels que sont Houellebecq et B.H.L. Il faut des oeuvres venues de partout, de toutes la francophonie, européenne, américaine (oh combien faible est le nombre de romans québécois disponibles facilement en France), africaine surtout, si vive, si mal connue, si mal diffusée, si peu encouragée. La littérature-monde, c'est cela la vitalité de la France et de sa langue. Et à Stockholm, on s'en rend mieux compte qu'à Paris...

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(J.M.G. Le Clézio, Photo: C. Hélie Gallimard COUL, source: www.nobelprize.se)

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Jacques Brel (1929-1978)

On a tout et beaucoup trop dit sur Brel, à tort ou à raison. Alors je ne vais y ajouter ma tartine de mots. C'est juste un chanteur-poète mort cinq ans avant que je ne naisse et dont les textes et l'interprétation me touchent infiniment. Son talent éclate en chacune de ses phrases. Et comme il était belge malgré tout, et que j'ai visité une petite partie de ce plat pays cet été, en hommage, en souvenir, je mets cette chanson ici.

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06 octobre 2008

Impressions post-FIG

Saint-Dié, petite ville des Vosges, marraine de l'Amérique en 1507, accueille chaque année depuis 18 ans le F.I.G. (Festival International de Géographie).

Cette année, le Japon était invité d'honneur. Voici quelques photos prises pendant mes moments de détente...

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(Le Japon invité d'honneur, ça se voyait un peu partout...)

Comme chaque année, j'ai fait de la présence sur le stand de livres anciens du salon du livre.

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(Le stand, vide...)

Comme chaque fois, il y avait des choses immondes à manger pour ceux qui bossaient sur les divers stand, et des choses très bonnes au salon de la gastronomie... Egalement au programme, des films, des expositions, des démonstrations diverses et variés d'arts martiaux, de haïkus, d'ikebana, etc...

Et quelques joyeux drilles pour distraire tout le monde:

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(Sur le salon du livre)

Si ma présence sur le stand de livres anciens n'a pu me permettre de profiter de toutes les animations, le Japon s'est tout de même invité au salon du livre à travers une conteuse pour enfants:

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(Pour petits et moins petits...)

Près de la tour de la liberté, un petit jardin japonais avait été installé, où le maire de Saint-Dié (qui le lendemain a vu son élection annulée, ah ah ah), l'inénarrable Christian Pierret a reçu officiellement l'ambassadeur du Japon.

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(Ambiance zen, le jardin japonais au coeur des Vosges, rencontre improbable...)

J'ai tout de même pu assister à une cérémonie du thé, à genoux pendant 40 minutes sur un tatami, à souffrir le martyr des pieds, comme tout occidental normalement constitué. Mais au final, cela valait le coup de souffrir un peu: le thé était bon, accompagné de douceurs japonaises, et surtout, la démonstration faite par une école spécialement venue de Takayama nous a permis de nous plonger un peu plus dans la culture traditionnelle de ce pays si curieux. Les explications données étaient très intéressantes.

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(Après la cérémonie)

Au salon du livre, point de rencontre bien folichonne cette année. J'ai loupé Michel Le Bris, et Hélène Carrère d'Encausse et Fatou Diome ne semblent pas s'y être montrées. Tant pis pour elles... ;)

Par contre, ce salon fut l'occasion de découvrir le travail de Sylvain Jolivalt tout à la fois intéressant et joliment illustré par lui-même.

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(L'auteur en pleine action)

Posté par Alfred Teckel à 12:52 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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