Nouvelle Feuille

Venez armés, l'endroit est désert...

28 janvier 2009

Candide au pays de Vishnou

En attendant d'avoir vu "Slumdog Millionaire" et de vous dire si le film est aussi bon que le livre dont il est tiré, voici quelques mots sur ledit livre:

Ici et ailleurs, les télés déclinent les concepts et les adaptent aux tempéraments nationaux. Notre « Qui veut gagner des millions ? » national, devient en Inde et sous la plume de Swarup « Qui veut gagner un milliard ? », parce que la roupie est moins forte que l’euro, que la population indienne atteint ce chiffre, et que les producteurs sont beaucoup plus véreux…
En effet, ceux-ci n’ont aucune intention de donner un milliard de roupies. Autant dire que quand le jeune Ram Mohammad Thomas, un orphelin qui a grandit dans divers bidonvilles, gagne le milliard, les questions sont nombreuses et on tente de le faire passer pour tricheur. Une jeune avocate se charge alors de le défendre et pour cela lui fait raconter son histoire, afin de savoir par quel miracle ce gamin illettré a pu connaître les réponses et ne jamais répondre au hasard.

swaru

Et là, question par question, le roman déroule la vie de cet orphelin débrouillard, qui, par les hasards de sa vie, finit par connaître toutes les réponses au jeu télévisé. La construction du roman est brillante et originale, avec des chapitres reprenant chaque fois la somme attribuée à la question posée à la fin (1000, 2000, 5000, etc…), et chaque chapitre axé sur une partie de la vie de l’orphelin et de son ami Salim. Depuis qu’il a été accueilli par le père Timothy tout jeune jusqu’à son travail au service d’un ancienne étoile de Bollywood, la longue succession de drames et de situations ironiques de sa vie est énumérée. Celle-ci est diverse et agitée, à l’image de son pays : prêtre pédophile, starlettes désabusées, diplomate australien, drames familiaux, visites du Taj Mahal, dans toute une galerie de personnages hauts en couleurs, Ram Mohammad Thomas, avec son prénom syncrétique, tire bien son épingle du jeu, entre coup du sort et système D, grâce à la fois à une grande malice et à une infinie naïveté.

Un seul défaut à ce superbe roman, son titre ! Qui diable a donc décidé de baptiser « Q and A » d’un titre français aussi long et niais ? Il serait toutefois idiot de s’arrêter à ce titre ridicule, car ce serait passer à côté de ce qui se révèle comme roman d’apprentissage, roman philosophique, roman picaresque, roman d’humour, roman d’amour… Ce livre est riche des vies de son héros. Et comme dans beaucoup de films indiens, cela fini par un happy end…

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23 janvier 2009

Bof.

"L'expo de l'année", "l'évènement culturel de la saison", et je passe sur mille autres superlatifs invraisemblables entendus à propos de l'exposition Picasso et les maîtres, qui se tient au Grand Palais jusque début février. Au final un grand bof, voilà comment on ressort de l'exposition et, dans notre cas, avec l'impression que la grande expo de la saison, nous l'avons déjà vu, mais elle se tenait à Londres et était consacrée à Byzance...

Bref, malgré la chère réservation de mon billet depuis plus d'un mois, l'accueil des abrutis chargés de gérer les entrées fut honteusement désagréable et hargneux, sans raison (mais évidemment, quand on sous-traite ce genre de choses à des boites de sécurité qui emploient plus des gros bras que des intellectuels ou des organisateurs...).

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(Nain par Velazquez et par Picasso)

Bref, nous pénétrons dans une exposition fort mal faite, sensée nous présenter l'oeuvre de Picasso en regard de celles des grands peintres qu'il aimait. Le propos n'est jamais bien précisé d'ailleurs, et on ne sait pas bien si on doit regarder les oeuvres des maîtres en question comme des modèles que Picasso aurait plus ou moins librement adapté à sa sauce ou comme de vagues inspirations artistiques, des réminiscences plus ou moins lointaines.

Quasi-systématiquement, une oeuvre de Picasso est mise en regard avec une oeuvre d'un de ses maîtres. C'est parfois très judicieux et évident, mais le plus souvent c'est douteux et on se dit que beaucoup d'autres oeuvres auraient pu être mises là à la place de celles qui sont accrochées et que le résultat n'en eût pas été moins cohérent. A d'autres endroits, notamment dans la salle où l'on a accroché des curieuses recherches un peu compulsives de Picasso autour de l'Enlèvement des Sabines de Poussin et des Ménines de Velazquez, il n'y a pas même une reproduction des Ménines qui soit présentée... Bref.

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(Les célèbres Ménines de Velazquez...

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... et celles revues et corrigées par Picasso)

La mise en musée est assez sobre et ce n'est pas un mal après l'horreur de l'exposition Arctiques... par contre au niveau pédagogique, le parti-pris purement thématique au détriment total de la chronologie (on passe des oeuvres des débuts à la période bleue, puis on revient en arrière, on passe aux oeuvres de la fin de sa vie, puis on retourne aux années 1960...) est assez nuisible à la compréhension de l'ensemble.

En gros, on ne voit pas où cette exposition veut en venir. Ce n'est pas l'exposition la plus merveilleuse de la saison, c'est la plus "clinquante" si l'on veut. C'est tout à fait une exposition de parvenu qui montre ses richesses, mais ça s'arrête là, le reste du propos est si peu net qu'on le trouverait presque creux. Sans compter que, affaire de gros sous encore, les explications sont réduites au strict minimum. Si vous voulez en savoir plus, achetez donc l'audio-guide...

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(Maja desnuda, Goya)

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(Femme nue jouant avec un chat, Picasso)

On dirait que les commissaires de l'exposition n'ont eu à l'esprit non pas de faire comprendre Picasso et son rapport à ses grands prédécesseurs, mais bel et bien de montrer à quel point elles sont fortes d'avoir obtenu des prêts aussi prestigieux de plein de musées. Prêts tout relatifs, car si en effet le Prado a été généreux (le musée espagnol a prêté la Maja desnuda, rien que cela!), la plupart des oeuvres de Picasso viennent du musée Picasso à Paris et les oeuvres des maîtres du Louvre ou d'Orsay. Au final, on se sent un peu arnaqué quand on a payé presque 10 euros pour cela...

Ceci dit, c'est vrai que si cela vous dit d'affronter deux heures de queue, la foule énorme à l'intérieur de l'expo, la mauvaise humeur des vigiles et la pauvreté des explications, alors vous pourrez tout de même admirer quelques chefs-d'oeuvres réunis un peu en vrac (Cranach, Titien, Velazquez, Goya, Manet, Degas, Cézanne, Gauguin, Le Douanier Rousseau et bien sûr Picasso).

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(Matador saluant, par Manet et Matador, par Picasso)

Le Grand Palais nous avait habitué à des expositions de bien plus haut niveau (toutes celles que j'y avais vu jusqu'à présent étaient bien meilleures que celle-ci. Il s'agissait de celles consacrées aux Gupta, à Courbet, et à Marie-Antoinette).

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19 janvier 2009

Les "bronzés" au Louvre

L'exposition finissait aujourd'hui, donc il est un peu tard pour en parler ici, mais comme ce n'est qu'aujourd'hui que je l'ai découvert... Ce qui n'est pas une raison pour ne pas en parler.

Tout d'abord, que l'on m'excuse le titre lamentable de ce billet. J'ai honte, mais je n'avais pas d'autre idée...

Donc jusqu'à aujourd'hui même se tenait au Louvre, au sein de l'aile Richelieu et ensuite dans les cours Marly et Puget, une brillante exposition consacrée aux bronzes français, du XVIe au XVIIIe s.
Essentiellement chronologique, cette magnifique exposition entreprend de brosser un portrait complet de la sculpture de bronze dans notre pays à l'époque moderne, sous tous ses aspects, qu'il s'agisse de la sculpture monumentale à vocation de glorification du pouvoir royal aussi bien que de la statuette profane pour amateur. Des explications détaillées sont également fournies sur la vie, les influences et les oeuvres des principaux sculpteurs bronziers actifs en France. Les oeuvres proviennent essentiellement du Louvre et d'autres collections françaises ainsi que pour bon nombre de Dresde (héritage des collections de l'électeur de Saxe Auguste le Fort) et des collections particulières de S.M. la Reine d'Angleterre.

On découvre ainsi comment les principaux courants artistiques de l'époque moderne se traduisent dans la sculpture. On découvre ainsi successivement les oeuvres maniéristes du XVIe s., le classicisme des règnes d'Henri IV et Louis XIII (et de la minorité de Louis XIV), avant d'arriver au style baroque puis dans la seconde moitié du XVIIIe le néoclassicisme.

Le Primatice (et à sa suite l'école de Fontainebleau) importe en France ce courant italien appelé maniérisme et des moulages d'oeuvres antiques exceptionnelles qui se trouvent en Italie. Les corps se tordent, les traits s'adoucissent, les oeuvres semblent plus vivantes à cette époque. A la suite du Primatice s'épanouit tout un art de cour avec des représentants comme Jean Goujon, Barthélémy Prieur ou Germain Pilon. Ces artistes utilisent beaucoup le bronze dans des travaux funéraires monumentaux.

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(Gisant de Blondel de Rocquencourt, par Jean Goujon, Musée du Louvre)

On peut également admirer, dans la période de la fin du règne d'Henri IV et de celui de Louis XIII, de superbes portraits, comme celui du cardinal de Richelieu. Plus étrange encore, l'exposition donne à voir une superbe paire de petits bronzes sans doute commandés par le roi Henri IV, le représentant en Jupiter et son épouse Marie de Médicis en Junon; autant dire que les visages très réalistes de la peu agréable Marie et du vieux barbon barbu sur des corps grecs idéalisés donne une impression très curieuse. Hélas, je n'ai pu trouver d'image de ces petits bronzes étonnants...

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(Richelieu, par Jean Warin, Musée Jacquemart-André)

La deuxième grosse partie de l'exposition est consacrée à l'essor énorme du travail du bronze sous Louis XIV et Louis XV. Girardon en tête, le bronze devient un art majeur et utilisé dans tous les domaines royaux. Même les jardins sont désormais ornés de statues de bronze, et des projets démesurés se mettent en place pour orner les places royales de certaines villes de France de statues gigantesques. Un pied de près d'un mètre de long d'une statue de Louis XIV érigée à Paris - seul témoin en subsistant après sa démolition à la Révolution - donne une idée de l'aspect colossal que pouvait revêtir ces statues. Hélas les statues de Louis XV de Nancy et Rouen ne sont pas présentées. Par contre, on peut voir une statue équestre du duc Charles III de Lorraine.
Les thèmes profanes puisés dans la mythologie grecque surabondent et se multiplient également.

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(Réduction de la statue équestre de Louis XIV de la place Vendôme, François Girardon, Musée du Louvre)

La troisième et dernière partie aborde le Siècle des Lumières, au cours duquel la sculpture de bronze se diversifie encore et atteind un degré de finesse et de délicatesse hors du commun, avec notamment les travaux de Van Clève, Robert Le Lorrain ou Lespingola. Leurs travaux atteignent un degré de finesse et de légéreté incroyable (et encore, je n'ai pu trouver sur le net les plus belles des oeuvres présentées).

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(Andromède, Robert Le Lorrain, Musée du Louvre)

Enfin l'exposition se clôt avec une évocation des oeuvres des sculpteurs Pigalle et Houdon. Personnellement, ces oeuvres - en particulier celles de Pigalle - néoclassiques annonçant le XIXe s. me parlent moins que celles des siècles précédents, sans pour autant être moins admirables. De Houdon on peut admirer le sens la litote dans cette sculpture délicieusement nommée "La frileuse". Il est vrai qu'avec tant de vêtements, on serait frileux à moins!

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(La frileuse, Houdon, Metropolitan Museum of Arts, New-York)

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16 janvier 2009

Capitães de Abril

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1974. Le Portugal, une des plus vieilles dictature d'Europe, s'enlise dans des guerres coloniales interminables en Afrique.

Le Portugal n'est plus qu'un petit pays, miséreux et analphabétisé, où règnent les successeurs d'Antonio Salazar, tenant ce pays d'une main de fer dans un gant de fer. Les intellectuels et opposants principaux sont en exil. Le peuple en a assez de ce régime véreux qui n'a plus les moyens de sa politique et les envoie mourir en Afrique.

Les 24 et 25 avril de cette année-là, voici presque 35 ans, le régime pseudo-fasciste déliquescent en place depuis un demi-siècle va tomber au terme d'un coup d'Etat militaire. C'est l'histoire de ces jeunes capitaines révoltés que nous conte Maria de Medeiros, l'histoire de ce pays qui se mit enfin à respirer et de ces jeunes militaires qui firent tomber une dictature et rétablirent la démocratie, ce qui n'est pas si courant.

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(Maria de Medeiros)

Ces 24 heures qui changèrent l'histoire, la réalisatrice nous les montre d'un oeil tendre et ému, parfois maladroit mais touchant, sincèrement touchant. C'est le chant de la démocratie d'un peuple, son peuple, qu'elle filme, mettant pour la première fois en images, sans romancer, l'histoire de la révolution des oeillets, un de ces moments qui font honneur à l'humanité.

On suit, tout au long du film, plusieurs de ces militaires, en particulier le capitaine Maia, véritable meneur et héros de cette révolution pacifique, incarné par l'excellent Stefano Accorsi (mention également à Joaquim de Almeida (vu dans 24 heures chrono également), fabuleux en militaire blasé et goguenard). Ses doutes, ses choix difficiles, son désintéressement, sa passion pour la liberté, tout est là, jusqu'à la chute de la tyrannie et la remise du pouvoir aux mains du général Spinola.

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(Stefano Accorsi et Joaquim de Almeida)

L'année suivante, des élections libres étaient organisées et d'immenses territoires en Afrique accédaient à l'indépendance. Ces capitaines courageux de la Révolution des oeillets avaient changé un peu la face du monde...

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(Un militaire pendant la Révolution des oeillets)

Le film est de parti pris, bien sûr, mais empli d'humanisme, en forme d'hommage assumé de Maria de Medeiros à ces gens qui furent les héros de son enfance. Ces "capitaines d'avril" 1974, une fois passée cette journée folle, retournèrent à leur anonymat. Ce film les en tire et bien que trop peu connu, c'est une oeuvre essentielle, à voir, et un chant d'hommage et d'admiration à ce petit peuple du bout de l'Europe, qui mena à bien la première révolution pacifique réussie, bien avant l'Europe de l'Est... 

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(Le capitaine Maia (1944-1992), héros de la Révolution des oeillets)

(Note écrite en avril 2007, relue et corrigée en janvier 2009)

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13 janvier 2009

Attention d'Angers!

Angers
(Château d'Angers, 10 janvier 2009: Electricité défectueuse. Photo AFP)

Samedi 10 janvier, le feu s'est déclaré au château d'Angers et a ravagé une bonne partie de la toiture (450 m²) avant d'être maîtrisé. Heureusement, les gardiens sont parvenus à sauver les inestimables tapisseries de l'Apocalypse. Tout cela la fout mal à quelques jours des célébrations des 600 ans du roi René. Mais bon, Sarkozy a promis des sous, donc youpi... mouais...

Bref, vous trouverez sur le net bien d'autres détails. Si je ne connais pas du tout Angers ni ce château du début du XVe s., je sais ce qu'on ressenti les angevins à la vue de leur château en flammes. Début janvier 2003, c'était le château de Lunéville qui était victime d'un spectaculaire et ravageur incendie. Je sais ce que cela fait d'assister à la destruction de son patrimoine, impuissant, sans rien y pouvoir à part pleurer...

Luneville
(Lunéville, 2-3 janvier 2003: Electricité défectueuse. Photo: www.sdis54.fr)

Comme par hasard, cet incendie aurait été causé par "par une installation électrique défectueuse" (Le Figaro). Il faut tout de même se rendre compte que souvent, ces désastres proviennent de la vétusté des bâtiments, qui ne sont quasiment jamais remis à neuf et aux normes, et dont les installations électriques datent souvent de plus de 40 ans! Pas étonnant dès lors que cela arrive... Après ils viennent pleurer les politiciens de tout poil: "oh notre beau château (qui nous ramenait plein de touristes) est parti en flammes", "quel malheur, il faut donner des sous mes pauvres gens". Ben tiens... et au moment d'affecter les crédits des communes/départements/régions/de l'Etat, qui décide de ne pas les affecter au patrimoine mais à d'autres machins-trucs? Qui décide que quelques milliers d'euros seront mieux investis pour installer un "skate park" pour trois clampins plutôt que pour rénover un bâtiment historique? Ces mêmes trous du cul qui viennent ensuite pleurer médiatiquement. Quelle hypocrisie de leur part!

Fenice
(Fenice, 29 janvier 1996: Incendie criminel.)

Bon enfin, je m'énerve. Mais le problème est toujours le même. On ne fait rien pour empêcher que cela arrive, mais si on continue sur la voie là, on en aura d'autres des Angers et des Lunéville.

Bref, tout cela va coûter bien plus cher qu'une sécurisation préalable, et c'est toujours aussi lamentable, écoeurant et douloureux de voir le patrimoine partir ainsi en flammes alors qu'il n'y a aucune fatalité derrière, juste de la mollesse! Faire de superbes restaurations, c'est bien. Empêcher le patrimoine de brûler, c'est mieux...

Bretagne
(Parlement de Bretagne à Rennes, 5 février 1994: Conséquences d'une manif de pêcheurs. Photo: http://www.elfes-bretagne.net/)

Dernière minute (16/01/2009): Je ne pensais pas être si visionnaire avec mon article... Je viens d'apprendre que hier matin, c'est Notre-Dame-de-la-Garde, la célèbre "Bonne Mère" de Marseille qui a connu un début d'incendie, heureusement maîtrisé. Je n'ose vous livrer cette précision peu surprenante: l'incendie était "d'origine électrique"... A qui le tour???

bonnemere
(Notre-Dame-de-la-Garde, Marseille)

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10 janvier 2009

Londres 2009 (IV)

Après ces emplettes à Camden town, nous voici fin prêts pour une après-midi studieuse et fatigante au British Museum. Cette fois-ci, pour au moins une de nous deux, c'est séance photo dans toute la section Inde du musée. Et quoi qu'il arrive, nous ne sortirons guère de la section asiatique de toute façon (mais nous avions déjà fait l'essentiel du musée l'an dernier).

Sauf vers 16h00 quand coup sur coup les batteries de nos deux appareils photos, épuisées, rendent l'âme. Ce qui nous contraint à mettre un terme à notre activité de paparazzitage systématique des oeuvres d'art indiennes et assimilées. Nous nous dirigeons alors vers la section Islam du musée, qui n'est pas d'une richesse extravagante mais demeure relativement intéressante, puis c'est au tour de la petite section sur les mondes précolombiens (en fait essentiellement mésoaméricains, car rien sur les mondes andins), et enfin de la section africaine, qui mélange à mon avis un peu trop oeuvres contemporaines plus ou moins dans le style "naïf" et oeuvres anciennes ou traditionnelles. Dans chacune de ses sections, des oeuvres majeures, avec - pour ma part - une mention particulière pour les magnifiques plaques en laiton qui ornaient le palais de l'Oba à Bénin city, capitale du royaume du même nom (aujourd'hui au Nigéria). Hélas, aucune photo de ces trois sections, islamique, précolombienne et africaine, par manque de batterie des appareils photos, je l'ai déjà dit, il faut suivre un peu! Donc, petits lecteurs avides d'art et de culture, vous en serez frustrés... A la place et pour se faire pardonner, je vais orner ce billet de quelques photos plutôt réussies prises dans les vastes départements asiatiques, avec quelques explications indispensables. Après, je ne suis pas spécialiste, pour creuser plus en détail ces civilisations, il y a des tas de livres et de sites internet passionnants... (je précise que tout ceci n'est ni un cours d'histoire, d'histoire de l'art ou de civilisation, c'est un pur florilège de coups de coeur personnels).

On commence avec les pays d'extrême-Orient, et cette reconstitution d'une maison traditionnelle coréenne, simple et sobre:
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Hélas, je n'ai pas pu prendre d'autres photos qui soient jolies dans le département Corée du musée, à cause de la mauvaise lumière de cette section. Donc on passe de suite au Japon ancien...

Voire même le Japon très ancien, avec ces deux Dogû, des statuettes de l'époque dite Jômon moyen (entre - 2500 et -1500 av. J-C.) Ces premiers témoignages de la sculpture japonaise sont précieux et rares en bon état car souvent trouvés brisés. Leur fonction exacte n'est pas bien connue, mais il semble qu'ils servaient dans des cérémonies funéraires ou en guise d'ex-voto, qui étaient délibérement brisés après la cérémonie au cours de laquelle ils étaient utilisés.

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(Deux Dogû, Période Jômon moyen)

Parmi les productions artistiques anciennes particulièrement originales, il y a les haniwa, ces figurines funéraires de terre cuite, très fragiles. Certains sont très grands et ils représentent des êtres humains, des animaux, des objets. Ils étaient placés dans les tumulus (kofun) de l'époque Yamato (IIIe-VIe s.), dont ils constituent le principal témoignage. Quand l'écriture et le bouddhisme arrivent de Chine en 538, ces traditions funéraires s'estompent jusqu'à disparaître totalement. Quelques très beau haniwa sont conservés au British Museum.

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(Haniwa de jeune femme, vers 500)

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(Haniwa d'un sanglier, vers 500. Ce type d'animal signifiait probablement l'intérêt du défunt pour la chasse.)

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(Haniwa d'un chef, vers 500)

Pour en finir avec l'art japonais, cette oeuvre magnifique de Maruyama Ôkyo, artiste d'époque Edo dont j'ai déjà abondamment parlé ici et , dans la veine de ce qui a été exposé en France récemment.

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(Paravent avec une tigresse et son petit, Maruyama Ôkyo, 1781-1782)

On passe ensuite dans le monde indien et indianisé, avec quelques belles statues (et des photos propres) et objets d'arts.

Tout d'abord cette petite divinité effrayante qui provient du Tibet. Il s'agit de Mahakala, une divinité du bouddhisme tibétain et japonais. Appelé "Seigneur du Pavillon" quand comme ici il n'a que deux bras, il est le protecteur de l'école bouddhiste Sakyapa, une des écoles du fort complexe bouddhisme tibétain...

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(Mahakala, Tibet, XVIIe s.)

Venus du Tibet, se trouvent aussi des objets d'art très travaillés, avec toujours ce goût des motifs un peu inquiétants, à l'image de cette conque très travaillée.

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(Conque, Tibet, XVIII-XIXe s.)

Ensuite une statue népalaise du XVIe s. représentant Vasudhara, un bodhisattva féminin qui remplit le rôle de déesse de l'Abondance et de la fertilité au Népal. Il s'agit de la 3e divinité la plus représentée dans le monde bouddhisme après Bouddha et Avalokiteshvara.

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(Bodhisattva Vasudhara, Népal, XVIe s.)

Mais, sans quitter les mondes himalayens, sortons du bouddhisme pour en venir un peu plus aux cultes hindouistes.

Cette paire de figurines (des pendants d'oreilles?) représente Vishnou assis sur son vahana Garuda. Vishnou est l'un des principaux Dieux de l'hindouisme et il serait long et compliqué de rapporter tous les mythes et légendes qui se rapportent à lui. Parmi ses attributs se trouve une conque, un lotus, un arc... Garuda est l'oiseau mythique sur lequel il est assis, qui lui sert de véhicule (ou vahana). Cet oiseau fabuleux a connu un certains succès dans le monde indianisé, notamment en Thaïlande et en Indonésie (ou la compagnie nationale d'aviation se nomme Garuda Indonesia).

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(Figurines de Vishnou assis sur Garuda, Népal, s.d.)

Et enfin, pour finir ce tour très subjectif des collections asiatiques du British Museum, ce Dieu si sympathique, très populaire en Inde: Ganesh. Dieu des marchands, des intellectuels, Ganesh est particulièrement gourmand et une offrande de gâteaux le ravit. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire de cette tête si inhabituelle, il faut savoir qu'il est le fils des Dieux Shiva et Parvati. Ce petit enfant protégeait la pudeur de sa mère en gardant la porte derrière laquelle elle prenait son bain. Quand Ganesh interdit à Shiva lui-même l'entrée, Shiva, qui n'a pas un sentiment paternel exacerbé, le décapite et "perd" véritablement la tête... Parvati, touchée par le courage de son fils, exige que Shiva lui redonne une tête. Ce qu'il fait avec la première créature à passer dans les environs, en l'occurence un éléphant. Sa popularité est telle que la communauté tamoule en France lui rend hommage début septembre par une grande fête dans les rues de Paris, du côté de la gare du Nord.

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(Ganesh en bronze, Cambodge, XIIIe s.)

Voilà, je ne veux pas surcharger d'images ce blog. J'espère sincèrement avoir été intéressant dans mon résumé de notre visite à Londres.

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09 janvier 2009

Londres 2009 (III)

Le lendemain, malgré les courbatures et les bobos aux pieds, nous voilà repartis, direction le nord cette fois et le quartier de Camden Town et ses marchés. Ce quartier un peu extérieur et pas forcèment aussi cossu que le reste de la ville vaut vraiment le détour pour son ambiance et son atmosphère populaire bon enfant. On y trouve de tout, souvent du très kitsch (la petite poupée Jésus avec ses accessoires: pain à multiplier et eau à changer en vin, par exemple), quelques bonnes affaires. Le quartier est très vivant même si le marché à 10 heures du matin semblait tout juste sortir de sa torpeur. L'atmosphère est gaie et colorée dans ce quartier un peu bohème qui fut longtemps une des bases du mouvement punk en Angleterre.

Quartier des artistes par excellence, Camden Town transforme même un banal vendeur de crèpes en Andy Warhol:
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Un des grands talents des commerçants du quartier semble être la création d'enseignes plus originales les unes que les autres, et pas des petites enseignes... non, celles-ci sont bien visibles et reflètent idéalement l'activité du magasin en dessous.

Quand je vous disais que c'était un quartier de punk:Photo_137

Mais les punks ne sont pas les seuls, aujourd'hui, c'est plutôt les gothiques:Photo_147

Le restaurant chinois ne fait pas non plus dans l'ambiguïté:Photo_145

D'aventure nous rencontrons des enseignes surplombant des boutiques à la thématique plus vague et dont le message ornant la façade nous est plus sybillin...
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Autre grand intérêt du quartier, c'est le marché couvert, un dédale d'escalier en bois et de courettes agrémentées de friperies diverses et autres soldeurs de bidules introuvables ailleurs. Et puis le clou: le marché couvert installé dans d'anciennes écuries, dont les box à chevaux ont été conservés pour y installer les divers marchands. Hors du commun vraiment. Un seul regret, que ce marché ne soit ouvert que les week-ends; avec de l'animation, cela doit vraiment être génial.

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08 janvier 2009

Londres 2009 (II)

Après tant de nourritures spirituelles à la Royal Academy of Arts, il fallait passer à de bien plus terrestres aliments. Et par chance, en face de la vénérable institution se situe une autre institution tout aussi vénérable (depuis 1707): Fortnum & Mason. Une sorte de temple merveilleux dédié, au moins pour ses étages inférieurs, au bien manger et aux sucreries, biscuits, gâteaux et confiseries en tout genre. Mieux encore: la plupart de ses petites douceurs est en solde! Bref, un endroit fort à propos pour récupérer après une exposition...

Et en plus, cela ne gâche rien, les décorations de Noël étaient encore présentes, en particulier dans les vitrines, décorées avec des thèmes de contes.

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(Fortnum & Mason. Si quelqu'un sait quel conte est représenté...)

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(Ici, ça doit être Hansel et Gretel)

Réconfortés par ces visions nous rappellant l'enfance et réchauffés par un Starbucks (dont les boutiques fleurissent à Londres encore plus qu'à Paris, ce qui n'est pas peu dire...), nous étions fin prêts pour repartir affronter la froidure.
Un passage rapide à l'hôtel pour déposer notre lourd bagage, et nous voici en route vers le Temple. Hélas, la nuit et le faible éclairage du quartier en question m'ont empêché de faire une photo un tant soit peu montrable de l'église du Temple, qui est pourtant très jolie et intéressante. Mentionnée dans le Da Vinci Code, il semble que depuis le nombre de visite ait augmenté de bonne façon. Bref, il s'agit d'une église intéressante, dressée au XIIe s. par l'ordre du Temple, dotée d'une rotonde et d'un style de transition, mi-roman tardif mi-gothique débutant. L'heure tardive nous a empêché de voir l'intérieur où se trouvent paraît-il des gisants de chevaliers.
Un peu plus loin se dresse le Middle Temple Hall, un superbe bâtiment de style Tudor érigé sous Elisabeth Ière qui servait de salle de réunion, de réfectoire, de théâtre, etc... Les vitraux héraldiques qui l'orne sont magnifiques.

Une petite ballade dans ce vaste complexe de bâtiments et de cours intérieures appellé tout simple Temple nous a permis de retrouver - ou au moins d'imaginer - l'ambiance du Londres victorien, avec une chance non négligeable de croiser Sherlock Holmes au détour d'un de ces angles très faiblement éclairés. Et de se dire qu'avec une telle ambiance, il n'est pas étonnant que le romantisme anglais du XIXe s. ait pris la forme dite du "gothique"...

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(Une petite cour du Temple)

Nos pas nous menèrent ensuite vers la Cathédrale Saint-Paul, ce superbe symbole de l'Angleterre que nous contournâmes non sans l'admirer ni frissonner un peu tant la température commençait vraiment à se faire glaciale.

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(Cathédrale Saint-Paul)

Bien décidés, malgré le froid et la fatigue, à poursuivre notre découverte de Londres à pieds, nous longeâmes la Tamise jusqu'à la Tour de Londres et le fameux Tower Bridge. La Tour de Londres est toujours aussi belle que dans mon souvenir, même si nous n'avons pu en voir que l'extérieur.

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(Tower Bridge vu depuis la Tamise)

Après tout cela, il nous fallut encore revenir sur nos pas et trouver un restaurant très sympathique, peuplé de français, qui nous servait - dans des proportions hélas un peu légères - une cuisine typiquement anglaise tout à fait goûteuse.

Retour à l'hôtel. Bilan de la journée: au bas mot 20 km effectués à pied. De quoi nous donner droit à une bonne nuit de sommeil avant d'attaquer notre seconde journée londonienne...

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07 janvier 2009

Londres 2009 (I)

Lundi matin, le jour ne s'est pas encore bien levé sur Paris. Du ciel bas tombe une neige lourde. Nous sommes en marche pour passer une sorte de week-end différé (un mid-week en fait) à Londres. Passés les divers emmerdements et contrôles de la "frontière" pour prendre le train, nous voici installés dans l'Eurostar.

Arrivés à la gare de Saint-Pancras à Londres, où il fait froid mais neige beaucoup moins qu'à Paris, nous marchons jusque Trafalgar Square et Picadilly Circus, avant d'aller à la première étape importante et sans doute la plus exceptionnelle de nos deux jours à Londres: l'exposition Byzantium qui se tient à la Royal Academy of Arts.

Cette exposition est remarquable par bien des points. Tout d'abord, à l'exception d'un très léger bémol vers la fin, elle est remarquablement organisée, à la fois chronologique puis thématique, et surtout, la plupart des objets présentés n'étaient jamais sortis de leur lieu de conservation et certains, en raison de leur extrême fragilité, ne ressortiront plus jamais. C'est donc l'exposition du moment, à ne surtout pas louper (et dont en France, tout tournés vers Picasso au Grand Palais que nous sommes, nous ne parlons surtout pas), qui se tient jusqu'au 22 mars.

Successivement l'on découvre des oeuvres d'art évoquant la création de Constantinople sur le site de Byzance par l'empereur Constantin, puis son essor comme "seconde Rome" et capitale de l'Empire romain d'orient, notamment sous le règne de l'empereur Justinien. Les explications données, malgré notre maîtrise relative de l'anglais, sont tout à fait éclairantes pour un néophyte tel que moi et parviennent à mieux me faire entr'apercevoir la civilisation byzantine dans toute son originalité et sa maîtrise artistique.

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(Icône de l'Archange Michel, Constantinople, XIIe s., Venise, Trésor de la Basilique Saint-Marc)

La crise iconoclaste du VIIIe est bien évoquée, notamment avec ce superbe psautier dont la page évoque un inconoclaste détruisant une image, mis en relation avec la Crucifixion, faisant ainsi d'un iconoclaste l'équivalent des bourreaux du Christ.

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(Psautier, Constantinople vers 843, Musée historique de Moscou)

Les règnes des empereurs, la vie à la cour et les évènements politiques sont ainsi évoqués, mais les aspects plus quotidiens ne sont pas oubliés. Ainsi une section consacrée à la maison nous présente, entre autres objets quotidiens, une tunique d'enfant magnifiquement conservée - une rareté en ce qui concerne les tissus. Les autres sections sont consacrées à la vie religieuse et l'art qui en découle, en particulier celui des icones, plus ou moins raffinées à mesure que l'on s'éloigne de Constantinople (celles de Serbie sont, en particulier dans le traitement des visages, relativement laides il faut bien le dire).

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(Encensoir en forme d'église, Constantinople, XIIe s.(?), Venise, Trésor de la Basilique Saint-Marc)

Sur les rapports, fréquents, tantôt violents (sac de Constantinople en 1204) tantôt apaisés, avec l'Occident, la question est posée de savoir si l'art byzantin est à l'origine ou non de la Renaissance en Italie. Question qui, après la visite de l'exposition, reste ouverte, tant il est vrai que si le dialogue artistique entre Byzance et l'Occident existe, la Renaissance créé des formes nouvelles bien loin de l'imitation des oeuvres byzantines. La question de l'héritage de Byzance après sa chute en 1453 est également présente, tant l'empire byzantin a influencé, culturellement et artistiquement, une grande partie de l'Europe orientale et de la Russie.

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(Icône en mosaïque de Saint-Etienne, Cathédrale Sainte-Sophie de Kiev)

Enfin, et c'est là le principal reproche que l'on peut faire à cette exposition, une dernière pièce nous présente une sélection d'oeuvres exceptionnelles prêtées par le Monastère Sainte-Catherine du Sinaï. S'il n'y a rien à redire sur cette partie, on peut néanmoins se demander pourquoi elle intervient ainsi en toute fin d'exposition, un peu comme un cheveu sur la soupe, une pièce rapportée, alors qu'elle se serait parfaitement insérée entre la partie consacrée à la vie religieuse et celle consacrée aux icones.

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(Icône, Jugement dernier (?), Constantinople ou Sinaï, fin XIIe s., Monastère Ste-Catherine du Sinaï)

Pour les amateurs de mystère, de légendes, d'ésotérisme et d'anecdotes, sachez que parmi les pièces présentées se trouve le Calice d'Antioche, qui fut un temps considéré comme le Saint Graal... si d'aventures vous ne savez pas qu'Indiana Jones l'a laissé dans une faille à Pétra en Jordanie...

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(Calice d'Antioche, sans doute VIe s., Metropolitan Museum of Arts de New-York)

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04 janvier 2009

Bonne nouvelle pour Taslima Nasreen

On a appris récemment, avec joie, qu'enfin la Mairie de Paris bougeait au sujet de Taslima Nasreen. Pour mémoire, cette femme de lettres bangladaise est "condamnée à mort" depuis 1994 par des extrémistes religieux de son pays et d'ailleurs pour avoir dénoncé les maltraitances faites aux femmes et aux hindous dans ce pays musulman dans son roman Lajja (La honte, éditions Stock).

Obligée de vivre relativement cachée, en Inde, à Berlin ou à Stockholm, elle est la cible d'émeutes en Inde fin 2007, émeutes provoquées par des fondamentalistes musulmans. Finalement, en froid avec le gouvernement indien qu'elle accuse de mal la protéger, elle retourne en Europe. Fin 2008, en grande difficulté financière, elle demande à la ville de Paris de l'aider, faisant état de son statut de citoyenne d'honneur de cette ville.

Après plusieurs semaines sans réponse, Delanoë a enfin accepté de lui accorder un petit appartement au couvent des Récollets (une résidence d'artistes) dont le loyer sera payé par la ville. Une décision qui honore la ville de Paris et la France, pas toujours si regardante ces derniers temps sur la liberté d'expression...

Espérons que Taslima Nasreen y trouvera un peu de quiétude pour pouvoir écrire...

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(Taslima Nasreen)

Posté par Alfred Teckel à 15:17 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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