Nouvelle Feuille

Venez armés, l'endroit est désert...

28 mars 2009

Histoire du jouet. II: Les Grecs et les Romains

NB: La plupart des images présentées ici (celles en noir et blanc) proviennent de la base Atlas recensant les oeuvres du musée du Louvre. Je suis désolé pour l'absence de couleurs, mais elles sont néanmoins de bonne qualité et rares à trouver par ailleurs.

NB-bis: J'ai volontairement choisi de ne pas distinguer les jouets issus des civilisations grecques et romaines et ai tout mélangé. Les séparer aurait paru artificiel et peu pertinent, tant ces deux civilisations procèdent l'une de l'autre et s'imbriquent souvent.

Tous les jouets abordés précédemment se retrouvent chez les petits Grecs et les petits Romains (et sans doute par imprégnation chez les populations qui leur sont proches: Gaulois, Ibères, Carthaginois, Phéniciens, etc, etc...). Parfois, ceux-ci sont sensiblement améliorés et modifiés. Commençons par ce type de jouet avant de nous intéresser à ceux qui présentent une innovation certaine.

Comme depuis les débuts de l'ère historique, on trouve en Grèce et à Rome ces fameux jouets à tirer. Par exemple ce très joli boeuf à roulettes d'époque archaïque.

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(Buffle à roulettes, époque grecque archaïque (VIIe-Ve s. av. J-C), Italie du Sud, Musée du Louvre)

Les poupées demeurent également un élément de permanence, mais elles connaissent quelques évolutions techniques. Dans les poupées grecques, les membres articulés deviennent la norme. Les membres sont modelés à part du tronc et fixés ensuite dans les trous prévus à cet effet par un système de tenons. Même au sein de la Grèce, les évolutions se font jour: à l'époque archaïque, les jambes des poupées se fixent aux hanches (comme nos poupées Barbie actuelles), tandis qu'un siècle après, en pleine période athénienne classique, l'articulation se fait au niveau du genou.

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(Poupée, IVe s. av. J-C, Cyrénaïque, Musée du Louvre)

Plus tardivement, aux époques hellénistique (suivant les conquêtes d'Alexandre le Grand) puis romaine, les poupées s'ornent souvent d'une jupe dont l'utilité est de dissimuler ces articulations justement.

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(Poupée d'amazone, Epoque romaine impériale, Asie Mineure, signé: Maecius, Musée du Louvre)

On le voit clairement, qu'elles soient grecques ou romaines, les poupées ont désormais des canons copiés sur ceux de la statuaire religieuse. Et en effet, outre son aspect purement "jouet", la poupée se charge d'une fonction rituelle (elle est souvent dédiée à un dieu: Dionysos ou Artémis) et semblent avoir été l'objet de cérémonie plus ou moins "de passage" de l'enfance vers l'âge adulte pour la jeune fille qui, la veille de son mariage, déposait sa poupée dans un temple.

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(Poupée, IIIe s. av J-C, Tarente (Italie du Sud), Musée du Louvre)

Les jeux de balle sont également très présents, mais plus pour leur côté sportif. Toutefois il est certain que les enfants avaient aussi des balles et qu'ils jouaient avec, que ce soit en imitant les sports adultes ou en inventant leurs propres règles.

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(Balle, époque hellénistique, Thèbes, Musée du Louvre)

Les toupies, dont nous avons vu l'ancienneté, demeurent au travers des âges sans connaître de changement fondamental.

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(Toupie, Epoque hellénistique, Grèce, Musée du Louvre)

La Grèce puis surtout Rome, réemploie aussi le dé, en transformant ce qui n'était jusqu'à alors qu'un élément de jeu de société en un jeu à part entière. Alors certes, nous sommes ici plutôt dans des jeux d'adultes, de hasard et d'argent. Mais quand on sait la popularité énorme des dés dans toutes les couches de la population romaine et chez les légionnaires, il n'était pas possible de le passer sous silence. On jouait déjà à des jeux de type 421.
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(Dé, époque hellénistique, Italie du Sud, Musée du Louvre)

Passons maintenant aux innovations gréco-latines. A côté de cette espèce de passion dévorante pour les dés, les Romains et Grecs avaient celle des osselets. Que les osselets aient existé auparavant, sans nul doute, mais nous en gardons peu de trace. A Rome les osselets ne sont pas qu'un jeu: ils ont même leur place dans l'art!
Les osselets sont en général fabriqués avec des os de moutons ou de porc (les os du pied, notamment l'astragale, qui était le nom des osselet en grec et désigne aujourd'hui un os du pied). Les règles de ce jeu d'adresse sont alors formalisées et connaissent plusieurs variantes: en dehors du jeu que nous connaissons encore qui consiste à lancer et rattraper d'une certaine façon les osselets, on les utilise également comme dés à quatre faces (deux étroites et deux larges) ou comme des billes, comme en témoigne cette représentation de jeunes filles jouant au "jeu du cercle" avec des osselets.

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(Joueuses d'osselets, Ve s. av J-C, Grèce, Musée du Louvre)

Le but de cette variante était de placer ses osselets à l'intérieur d'un cercle tracé et d'en déloger ceux de l'adversaire.

L'osselet prend alors une place qui semble très importante parmi les différents jeux d'enfants, au point qu'on créé pour ranger ou célébrer ce jouet le plus simple du monde (un os animal) de très beaux objets et oeuvres d'art.

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(Boite à osselets en forme de tête d'Héraclès, 50 av J-C, Asie Mineure, Musée du Louvre)

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(Jeune fille jouant aux osselets, Epoque romaine, Antikenmuseum Berlin)

Une autre innovation grecque majeure est très simple et toujours d'actualité: le yo-yo. Comme on n'en trouve pas trace avant, on en déduit que les Grecs en sont les inventeurs. Jusqu'à nos jours, ni le principe ni la forme ne semblent avoir évolué, ce qui en fait sans doute l'un des jouets les plus constants de l'histoire. Constant dans sa forme, mais pas dans son utilisation, qui disparaît avec l'Antiquité. Ce jeu ne réapparait en Europe qu'à la Renaissance.

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(Yo-yo, Epoque hellénistique, Grèce, Musée du Louvre)

Le yo-yo en Grèce semble avoir joui d'une popularité importante, au point qu'on le croise d'aventure sur les fameuses poteries à figures rouges...

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(Jeune homme jouant au yo-yo, Attique, vers 440 av. J-C, Musée antique de Berlin)

Pour finir cet article, un petit mot sur une dernière invention grecque, qui existe jusqu'à aujourd'hui, mais qui montre que les Grecs, jamais à court d'imagination, ont également été les premiers à insérer dans le jeu d'enfant des jouets leur permettant un simulacre de vie d'adulte, avec l'introduction pour les petites filles des premières dinettes! Comme celles de nos jours, on y trouve, en miniature, tout un attirail de cuisine. Ce qui en dit long à la fois sur le génie créateur des Grecs et sur leur considération très élevée du rôle de la femme dans la société...

dinette___poque_hell_nistique
(Cratère miniature, élément de dinette, Epoque hellénistique, Musée du Louvre)

Bon je sais, cette photo rend mal justice au côté "miniature" de l'objet, mais vous pouvez me croire sur parole, il ne mesure que 4 cm de haut.

Voilà pour ce qui est des grandes tendances que j'ai pu dégager des jouets au cours de l'Antiquité... Mais je suis ouvert à tout commentaire constructif, suggestion ou complément d'information sur ce vaste sujet.

* Concernant toutes les civilisations antiques non citées dans ce message ni dans le précédent: je suis preneur de toute photo ou écrit sur le thème des jouets dans les populations chinoises, indiennes, gauloises et autres pendant l'Antiquité.

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27 mars 2009

Raison d'Etat et Fait du Prince

Reprise et relecture d'un article daté du 13 décembre 2007, mais plus que jamais d'actualité.

On vient de l'apprendre, à l'issue de son procès en appel, Yvan Colonna a été condamné à perpétuité avec 22 ans de sûreté. Et pour avoir suivi un peu ce second procès, je dois dire que si voici deux ans j'avais des doutes sur sa culpabilité, je suis désormais presque certain que pour ne pas discréditer notre nabot en chef (ça s'appelle la "raison d'Etat") on a condamné un innocent.

corse

"Yvan Colonna est un assassin. Nicolas Sarkozy l'a dit. La veuve du préfet assassiné, qui n'a rien vu, l'a dit aussi. Tous les journalistes l'ont dit. Tout le monde le croit et ceux qui pensent l'inverse sont de méchants nationalistes corses qui veulent faire éclater la République. Soit.

Désormais, il vient de prendre perpétuité pour cet assassinat, c'est donc officiel il est l'assassin qui a tué le préfet Claude Erignac un jour de 1998. On ne doit pas contester cette vérité officielle.

Et pourtant... je ne sais pas pourquoi, j'ai de sérieux doutes.

Je ne suis pas corse, je suis lorrain. Je n'y ai aucune famille et n'y ai même jamais mis les pieds. Je crois en la République française, au moins autant que la plupart des gens. Et pourtant je doute de tout cela. Je ne crois pas, très sincèrement, en la culpabilité de cet homme.

Reprenons les éléments qui sont venus à notre connaissance:

- 5 personnes ont vu la scène de l'assassinat ce 6 février 1998. Aucune n'a reconnu Yvan Colonna...

- Le commando meurtrier était composé, selon les témoins, de 2 personnes, qui ont avoué et sont en prison. Pas de trois...

- Le médecin légiste a dit que le tireur devait mesurer autant que le préfet, soit 1,83 m. Yvan Colonna fait 1,72 m...

- Yvan Colonna n'a été mis en cause, à l'origine, que par les "aveux" d'autres nationalistes. On sait ce que valent les aveux de "repentis" ou assimilés (d'ailleurs, on a pas entendu cette chère Mme Fred Vargas défendre Colonna cette fois... ben oui suis-je bête, Colonna n'est pas Battisti, ce n'est pas un homme d'extrème-gauche, il n'écrit pas de romans, et il n'est même pas sûr que lui soit un meurtrier).

- Une empreinte relevée lors du vol de l'arme du crime n'est pas celle de Colonna.

En gros, aucune preuve matérielle n'accuse Colonna. Les seuls éléments qui ont, objectivement, permis sa condamnation sont l'intime conviction de la veuve et de Sarkozy et sa fuite quand on est venu l'arrêter. C'est léger, très léger.

Moi je ne crois pas à cette culpabilité avec si peu de choses. Il devrait bénéficier du doute. Au moins autant que les fripouilles ex Brigades Rouges qu'on protège parce que Mme Sarkozy est italienne et se croit de gauche...

J'ai peur qu'on ne soit face à une des plus grandes erreurs judiciaires de ces dernières années. Je ne crois pas que Colonna soit un type forcèment très recommandable, mais je crois qu'il est innocent du meurtre dont on l'accuse."

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21 mars 2009

Histoire du jouet. I: Egypte et Proche-Orient anciens

Si, comme on l'a indiqué en introduction, il est impossible de dater l'apparition du premier jouet, nous avons en revanche des témoignages archéologiques de la présence de jouets pour chaque grande civilisation antique, à commencer par les civilisation de la très haute antiquité, qu'il s'agisse de celle de la Vallée de l'Indus, d'Egypte ou de Mésopotamie. Il est à noter que j'exclue d'office de mon propos tout ce qui est un "jeu" type jeu de société, qui existaient aussi dans ces sociétés, mais qui implique des règles fixes. Il ne s'agit pas alors de jouet qui laisse libre cours à l'imagination de l'enfant sur la manière de l'utiliser.

Dans cette partie, je ne peux pas traiter de toutes les civilisations antiques. Sachant que pour beaucoup les sources visuelles ou textuelles que j'ai pu trouver sont très lacunaires, je me contenterai de parler ici de trois aires de civilisations: l'Egypte, le Proche et Moyen-Orient (Syrie, Mésopotamie), et la vallée de l'Indus. Mais la plupart des généralités évoquées ici sont également valables pour d'autres régions.

Comme un peu partout, on retrouve des poupées. Comment, me direz-vous, distinguer une simple statuette votive d'une poupée? En général, l'on s'accorde pour donner le nom de poupée, au sens moderne du terme, à une statuette dont les membres sont articulés. On estime que dans ce cas, il ne s'agit pas d'un objet de culte mais d'un jouet pour enfant. Bien entendu, une statuette non articulée pouvait aussi faire office de poupée, mais il est difficile de le prouver. La poupée se retrouve dans la plupart des civilisations. On connaît ainsi des poupées pour enfants sur nombre de sites archéologiques comme Mohenjo-Daro dans la vallée de l'Indus ou en Egypte dans les tombeaux d'enfants. Ces poupées égyptiennes étant les premières à me faire mentir, car elles ne sont pas articulées et ce sont pourtant clairement des jouets...

Les poupées égyptiennes retrouvées sont d'un type curieux, plates et chevelues:
Poup_e__gypte
(Poupée égyptienne, vers 500 av J-C, British Museum)

Parmi les jouets et jeux qui ne nécessitent qu'un matériel rudimentaire, on trouve tous les jeux de balle. On ne connait pas forcèment les règles précises qui régissaient ces jeux, mais le principe est souvent le même jusqu'à nos jours: posséder la balle et l'amener à un but, se la renvoyer de diverses façons, etc... Bref, rien de très original. Mais si les balles peuvent servir de jouets aux enfants, leur destination première semble être le jeu (ce qui implique une codification des règles), voire le sport... Je ne m'attarde donc sur ce sujet que le temps de vous offrir cette fresque égyptienne montrant un bien curieux jeu de balle...

jeu_de_balle
(Enfants jouant à la balle, Beni Hassan, XIIe dynastie, vers 1970 av. JC. Source: www.selket.de)

Si les Egyptiens semblent avoir connu les dés, il ne semblent pas avoir considéré cela comme un jeu à part entière; ils ne s'agissaient pour eux que d'un élément permettant de jouer aux jeux de société. De même, les osselets, qui connaîtront en Grèce et à Rome un grand succès, s'ils existaient bel et bien aux époques antérieures ne semblent pas y avoir été aussi prisés; du moins n'en avons pas la trace formelle. Mais nous y reviendrons.

Par contre, nous trouvons la trace en Egypte (mais pas seulement) notamment d'un jeu très traditionnel: la toupie. Ainsi on en a trouvé beaucoup dans les tombes d'enfants et même jusque dans le tombeau de Toutankhamon.

Toupie__gypte_toutankhamon
(Toupie trouvée dans le tombeau du Pharaon Toutankhamon, XVIIIe dynastie, autour de 1326 av. J-C)

Les toupies étaient mises en branle de façon manuelle ou à l'aide d'une ficelle. La ficelle était un élément essentiel pour d'autres jouets, plus sophistiqués et très répandus, qui perdurent jusqu'à nos jours: les jouets à tirer.

Il est surprenant de constater l'infinie variété de ces jouets à roulettes attachés au bout d'une ficelle, que le marmot devait, comme aujourd'hui, traîner derrière lui.

On en trouve évidemment beaucoup en forme d'animaux, mais aussi de chariots qui devaient servir à transporter des poupées, des objets divers ou le chat du voisin. Ces jouets à roulettes se trouvent partout et sur tous les continents et à toutes les époques. Ces témoins des jeux d'enfants qui vivaient à une époque si éloignée de la nôtre sont très beaux et ne manquent pas d'être émouvant. C'est une chance que ces objets soient parvenus jusqu'à nous.

Ainsi dans la civilisation de vallée de l'Indus:

Indus__jouet___tirer
(Jouet à tirer, Vallée de l'Indus, IIIe millénaire avant J-C, 2900-1600 av. J-C)

Mohenjo_Daro__jouet___tirer
(Jouet à tirer en forme d'oiseau, Mohenjo-Daro, Vallée de l'Indus)

Ce type de jouets se retrouve également à Sumer, base supposée de l'invention de la roue et de l'écriture par l'Homme, et civilisation très ancienne de Mésopotamie (). La présence de ce type de jouet déjà sophistiqué dans deux des aires de civilisation les plus anciennes de l'histoire humaine (Indus et Mésopotamie) montre une grande attention portée aux enfants et un certain soin apporté à leur procurer de quoi s'occuper. Peut-être s'agissait-il de jouets "de luxe" réservés aux enfants d'une certaine élite? Il est difficile de le dire. En tout cas ils sont la preuve que très tôt dans l'histoire, on s'est bien cassé la tête pour procurer de quoi jouer aux gosses (alors qu'eux-mêmes s'amusaient tout aussi bien avec une branche d'arbre ou en se courant après...).

Jouet___tirer__Sumer
(Boeuf à roulettes, Sumer, IIIe millénaire av. J-C)

Au passage il convient de faire une légère digression vers le monde précolombien. Les brillantes civilisations qui fleurirent en Amérique centrales et dans les Andes sont réputées pour leur avancement technique et intellectuel mais aussi pour n'avoir pas connu un objet aussi banalement simple et utile que la roue. S'il est vrai qu'ils n'utilisèrent pas la roue pour le transport ou d'autres activités économiques, il semble bien néanmoins que le principe de roue ne leur était pas inconnu et qu'ils s'en servaient... pour créer des jouets à roulettes pour leurs enfants! On trouve ainsi au Mexique précolombien des jaguars, des singes et surtout des chiens à roulettes! (Beaucoup sont recensés ICI).

chien_mexique
(Chien à roulettes, Zapotèque? 250-700 ap. J-C?)

Mais revenons à l'ancien monde... Nous possédons a priori moins d'objets de ce type pour ce qui concerne l'Egypte. Par contre, nous avons quelques objets articulés que nous ne pouvons appeler automates, mais qui en sont les ancêtres directs. Il est difficile de dire si ces objets avaient réellement une fonction de jouet, mais cela est plus que plausible. Il s'agit de personnages ou d'animaux partiellement articulés. Ainsi il existe dans un musée berlinois un crocodile dont la machoire est articulée. Dans le Rijksmuseum van Oudheden à Leyde aux Pays-Bas, se trouve ce très curieux personnage articulé qui fait le geste de moudre le grain quand on actionne la ficelle. Il s'agit d'un jouet déjà fort sophistiqué, sans doute destiné à un enfant des classes aisés; pourtant le personnage est figuré dans une attitude très populaire.

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(Jouet articulé, Egypte, date inconnue, Rijksmuseum van Oudheden, Leyde)

Voilà pour ce trop rapide survol des jouets dans les civilisations antiques hors de la Grèce et Rome. Nous évoquerons ces deux civilisations et les jouets qu'elles ont donné à leurs enfants une prochaine fois. Je peux déjà dire que dans ces deux civilisations, on retrouve des permanences héritées de ce que nous venons d'évoquer, mais également beaucoup d'inventions et de nouveautés. Ah, ils savaient s'amuser ces petits Grecs, et nous leur devons pas mal de jouets!

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17 mars 2009

Histoire du jouet. Introduction.

J'ai décidé de m'intéresser à l'histoire des objets les plus ordinaires, ceux auxquels on ne prête souvent que peu d'attention, et qui pourtant sont au centre de nos souvenirs d'enfance et depuis quelques décennies au centre de la société de consommation puero-centrée (si l'on me permet ce vilain néologisme): le jouet.

Jouer. Quand l'Homme a-t-il ressenti le besoin de jouer? Une chose est sûre, cela ne le distingue en rien de l'animal car la plupart des jeunes mammifères pratiquent le jeu, essentiellement entre eux. Comme pour n'importe quel animal, le jeu chez le petit humain est une façon de connaître ses semblables, d'apprendre les interactions sociales hors du champ familial et surtout d'apprendre à tester sa force, son caractère, son intelligence. Cela lui permet de s'évaluer vis-à-vis des autres membres du groupe et de déterminer en partie son rôle social futur, réel ou supposé. A ce titre, de nos jours les dinettes offertes aux petites filles ou les pistolets aux petits garçons ont toujours la même fonction et obéissent au même schéma mental plus ou moins profondèment ancrée: la femelle à la tanière pour s'occuper du quotidien et des enfants, le mâle au dehors, chargé de rapporter gibier et de défendre sa famille. En dehors de tout cela, le jeu et avec lui le jouet peuvent aussi remplir une fonction totalement asexuée et n'existant que pour le bien-être des adultes: que l'enfant s'occupe et fiche la paix aux grands. Bref rien de nouveau dans le sens philosophique ou social (hélas!) du jeu. Mais mon propos n'est pas de disserter sur le jeu et ses fonctions, bien plus de m'intéresser aux formes de jeu utilisant un vecteur: le jouet.

Car en effet, si depuis qu'il y a des humains et même avant il y a du jeu, ce jeu ne passe absolument pas par des jouets de façon obligatoire. C'est le cas pour tous les animaux (les jeunes lions ne jouent pas au foot ou à la marchande) et pour beaucoup de jeux des enfants: se courir après, s'attraper, grimper aux arbres, sur les murs, les poteaux électriques, les tas d'ordures, etc... même se battre. Dans tous ces cas, l'enfant n'utilise comme seul outil que son corps et celui des autres enfants.

A ma connaissance aucun animal n'utilise de jouet. L'être humain en utilise sans doute depuis le Néolithique, mais ils nous sont mal connus. La plupart du temps il devait s'agir d'objets relativement bruts dont la connaissance de la fonction précise nous est inaccessible. Si l'on trouve un morceau de bois, un éclat de pierre ou des os d'animaux, bien malin celui qui pourrait dire avec certitude s'il ne s'agit que de machins épars ou si ces fragments ont pu remplir une fonction de jeu pour des petits enfants de la Préhistoire. Il semblerait néanmoins que le jeu d'osselet, pratiqué à partir de vertèbres animales, soit l'un des plus vieux jeux du monde.

Bref... Je ne commencerait donc pas mes articles sur ce sujet à la Préhistoire, mais à la plus haute Antiquité, pour laquelle nous avons des jouets plus élaborés et parfaitement identifiables comme tels.

De même si le jeu et le jouet sont loin d'être exclusivement enfantins, j'ai choisi de m'intéresser essentiellement aux jeux d'enfants. C'est un parti-pris.

Un autre parti-pris est de considérer le jouet sous deux angles successifs: chronologique tout d'abord (Egypte antique, Grèce, Rome, Moyen Age européen, etc...) et peut-être après si vous êtes gentils, je ferai des articles plus transversaux sur tel ou tel jouet en essayant de voir son évolution - ou pas - au cours des siècles.

En espérant aller jusqu'au bout de cette idée qui me ne semble pas trop idiote, je vous souhaite lecture la meilleure possible.

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14 mars 2009

Alain Bashung...

Bashung était un des meilleurs chanteurs français. Il vient de mourir ce matin a seulement 61 ans. Le trou qu'il laisse est à la mesure à la fois de son talent et de sa discrétion: immense.

Cette chanson, c'est une part de mon adolescence.

Adieu et encore merci pour tout monsieur.

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Les fétiches et la magie africaine

Comme au quai Branly on ne se contente pas d'une expo à la fois, voici quelques mots sur celle qui côtoie l'exposition Mangareva. Celle-ci s'intéresse aux fétiches, amulettes et autres gri-gri africains et s'intitule Recettes des Dieux, esthétique du fétiche.

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Organisée selon des thématiques un peu inattendues (les objets "liés", entravés par des cordes; les objets emballés et donc dissimulés aux regards; les objets enduits et recouverts de diverses matières; les objets cloutés et percés...), cette exposition, malgré des intitulés ou formules parfois pédants (et douteux: le rapprochement entre les fétiches à clous et les représentations de Saint Sébastien n'est pas très probant), est intéressante et nous permet de mieux pénétrer le monde complexe et mystérieux de la magie africaine. La fin de l'expo, qui lorgne vers l'art contemporain et les surréalistes, ne pollue fort heureusement pas la compréhension que l'on acquière tant bien que mal au sujet de ces fétiches plus bizarres, informes, biscornus et mystérieux les uns que les autres.

La fonction des différents objets, quand elle est connue, est correctement expliquée. L'objet est souvent remis en contexte et les explications, loin de lui ôter sa part de mystère, contribue à la lui rendre en précisant que tel objet était au fond de la case, réservé aux seuls initiés, que tel ou tel ne pouvait être vu par des femmes, etc...

F_tiches1
(Objet magique Nkisi, Congo)

Et surtout, on est frappé de l'extrème diversité de formes et d'objets présentés. Il n'y a pas un type d'objet pour un type de problèmes à résoudre ou à créer. Chaque question, chaque souci, chaque malheur à éviter possède son amulette particulière. On entrevoit à travers cette exposition un monde infiniment pénétré d'une magie aux formes complexes, un monde dans lequels devins et sorciers jouent un rôle très fort et où la superstition touche jusqu'aux voleurs! On nous présente en effet diverses amulettes plus ou moins tordues qui servaient, a priori en vain, à une bande de voleurs à éviter de réveiller les voisins de la maison cambriolée, à faire que le chien n'aboie pas, etc...

F_tiches2
(Objet magique composé d'une machoire inférieure humaine et d'une tête de lézard, Bénin)

On apprend aussi à reconnaître quelques fonctions d'objets.

Parmi eux les Boli, des sortes de bidules informes dont le plus bel exemple est celui-ci:

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(Boli du Kono, Mali)

Les Boliw sont des amalgames de terre et de tas de machins (os, cornes, poils, racines, etc...) qui servent à des libations. On les asperge alors de terre, de sang d'animaux sacrifiés, de bière, etc... Ce qui explique leur aspect informe et la patine croûteuse assez répugnante qui les recouvre. Ce sont des objets très magiques et très secrets, visibles par les seuls initiés.

On trouve aussi des sacs de divination (bilongo mabyala), emplis de divers petits objets. Seul le devin connaît exactement le contenu de son sac et seul lui peut l'ouvrir et interpréter ce qu'il y voit. Chaque petit objet a sa signification et le devin doit déchiffrer le rébus qu'il y lit, exactement de la même façon qu'une cartomancienne interprète ses tarots.

F_tiches4
(Sac de divination, Congo)

Un nkisi quant à lui désigne un fétiche, sensé protéger de tel ou tel malheur, ou au contraire, dans une optique plus noire, provoquer un malheur. Plantés de clous, les fétiches zoomorphes, comme celui-ci étaient sensés être en communication avec le domaine des morts et pouvoir servir de médiateurs avec ce monde souterrain. Un clou est planté pour chaque demande de sorcellerie, bonne ou mauvaise, réalisée avec l'aide d'un esprit interpellé par ce clou. Les fétiches à clous, très impressionnants, semblent être une spécialité de l'aire de civilisation Kongo. La plupart se trouvent donc dans les collections du musée de Tervuren en Belgique.

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(Statue magique, Nkisi N kondi Kozo, Congo)

Finalement c'est un monde loin d'être "primitif" dans ses croyances que nous découvrons, un monde certes baigné de mystère et de magie, et qui a su trouver et inventer pour y faire face des objets et des coutumes très complexes, dont le caractère "secret" ne nous permet justement pas de pénétrer toute la profondeur.

Toutes les photos viennent du site du musée du quai Branly, un excellent musée.

Le site du Musée Royal d'Afrique centrale à Tervuren.

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13 mars 2009

Un panthéon méconnu

Toute petite mais passionnante exposition en ce moment et jusqu'au 10 mai au musée du quai Branly, consacrée à une toute petite île de Polynésie: Mangareva.

Alors pour situer un peu l'endroit...

La Polynésie, c'est un gigantesque archipel, qui appartient à la France et qui est situé ici, en plein milieu du Pacifique:

Pacifique
(Cliquez pour agrandir)

En fait, ce n'est pas un mais cinq archipels qui composent la Polynésie: Tuamotu, Gambier, îles de la Société, îles australes et Marquises. L'île qui nous intéresse est située dans l'archipel des Gambier:

Polyn_sie

Et pour plus de précisions sur la position de Mangareva au sein du petit archipel des Gambier, c'est la plus grande des îles:

Gambier
(Cliquez pour agrandir)

Bref, maintenant que vous situez ce lieu un peu exotique et perdu, venons-en directement au sujet de l'exposition: les dieux polynésiens. En fait, il faut savoir qu'à Mangareva comme à beaucoup d'autres endroits du Pacifique, au XIXe s., de zélés missionnaires vinrent évangéliser chaque petit bout d'îlot. Ces conversions, extrèmement rapides, se finissaient en général ensuite par de grands autodafés des idoles et statues des anciens cultes... C'est ce qui est arrivé à Mangareva, à cette notable exception près que le missionnaire principal de Mangareva fut le père Laval. Cet homme était une sorte de félé qui a évangéliser en un temps record l'île et y a ensuite installé une sorte de théocratie dont il était, bien entendu, le chef suprême. C'est un paradoxe, mais c'est grâce à ce fou de Dieu que l'on connaît - partiellement - les mythes et légendes mangareviens, qu'il a recueilli, et que nous sont parvenus de rares sculptures qu'il avait envoyé en Europe au sein de sa confrérie. Ce grand malade a par la suite été renversé et exilé à Tahiti. Après, le pays passera sous souveraineté totale de la France ( qui ne se gênera pas par la suite pour y faire ses expérimentations nucléaires... l'enfer n'est jamais loin du paradis...).

mangareva
(Support pour offrandes, surélevé pour éviter que les offrandes ne soient mangées par des rats, Musée du quai Branly)

Toujours est-il que le père Laval nous a livré un témoignage unique sur la religion ancienne de ces îles et qu'il a préservé de rares témoignages matériels des pratiques qui y avait lieu.

Dans cette expo, malgré le faible nombre de pièces exposées (12 au total, soit tout ce qui existe dans le monde provenant de la Mangareva pré-chrétienne), on entrevoit un monde d'une remarquable complexité, au panthéon très élaboré, avec quelques particularités liées au milieu très insulaire et aux cultures locales; ainsi on trouve un dieu du curcuma (Rao) et un dieu de l'arbre à pain (Tu).

mangareva2
(Sculpture de Rao, dieu du curcuma, Musée du quai Branly)

Les statues des Dieux faisaient l'objet de cultes, elles étaient conservées dans de petits lieux de cultes et souvent habillées et parées.

Les oeuvres présentées sont donc peu nombreuses mais proviennent de prêts souvent exceptionnels du British Museum ou des musées du Vatican, et n'avaient jamais été montrées au public.

Bref, si d'aventures vos pas vous mènent là-bas, n'hésitez pas à visiter cette exposition petite par la force des choses, mais fascinante qui parle finalement aussi de la France, une autre France, lointaine et inhabituelle et dont nous connaissons si mal les anciennes civilisations.

mangareva3
(Rongo, dieu de la pluie et l'abondance, Musée Henri-Martin de Cahors)

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08 mars 2009

A bas la facheune ouike!

En ce moment à Paris, notamment dans le Caroussel du Louvre, c'est la fashion week, comme on dit en français dans le texte...

parasites
(Bonjour, vous avez le même sur les parasites du 1er arrondissement?)

Pour ma part, il faut que ça sorte, mais ce soi-disant évènement me fait chier, disons le tout net.

Pourquoi?

Parce qu'on a zigouillé des pauvres bêbêtes pour faire des manteaux? Ce n'est pas trop mon souci tant que ce n'est des bestiaux rares ou en danger. Qu'on dépèce du lapin pour faire des trucs moches, tant que je ne suis pas le lapin en question, je m'en contrefous.

Parce que ce machin est une apologie de l'anorexie institutionnalisée? Moui, à la limite, c'est vrai que c'est glauque de voir ces tribus de pervers se régaler du spectacle de ces petits corps malades recouverts de vêtements abominables, mais bon...

En fait, foin de toutes ces considérations éthiques ou bienpensantes... Non, ce qui m'emmerde dans ce truc, c'est de voir l'accès au Louvre par le Caroussel encombré de ces grandes perches juchés sur talons et couvertes d'accessoires plus atroces les uns que les autres, ce qui empêche la bonne circulation quand on veut accéder au musée. Comme si ce n'était déjà pas assez pénible avec les cohortes de Japonais.

Mais le pire dans tout cela, c'est qu'il n'ont pas le bon goût de rester sur les podiums qu'on leur a installé, ces parasites, non! Tout le quartier du Louvre est envahi de ces même blondasses, brunasses, verdasses et surtout pétasses, qui causent fort anglais, italien ou je ne sais quoi en se croyant tout permis. Ils ou elles affichent leurs fringues et bidules plus de mauvais goût les uns que les autres en toisant de tout son mépris le petit peuple moins friqué qu'eux (et un chouïa plus intelligent au moins au niveau vestimentaire) et qui a le malheur d'arpenter les mêmes rues.

Bref, c'est tout ce mauvais goût érigé en norme qui m'agace, cette vulgarité décomplexée... comme une illustration de la France sarkozyste...

Excusez-moi, je vais aller vomir.

Posté par Alfred Teckel à 17:50 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mars 2009

Le monde selon les anciens Egyptiens

L'exposition phare au Louvre en ce moment est intitulée "Les portes du ciel, visions du monde dans l'Egypte ancienne" et est consacrée en effet à la vision de l'organisation du monde chez les Egyptiens et en particulier à leur vision de la mort et l'Au-delà.

Jusque là, rien à redire. Le propos est clair, net et précis, les objets sont plutôt bien mis en valeur dans les salles et les explications sont plutôt bonnes, adaptées à un public qui n'est pas sensé maîtriser toutes les subtilités de la métaphysique et des croyances égyptiennes. Bref tout cela est vraiment bien fait et intéressant...

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(Stèle de la dame Térapet, XXIIe-XXVe dynastie, 850-690 av. J-C, Musée du Louvre)

On découvre ainsi, au travers de magnifiques pièces archéologiques, très diverses, tout ce qui compose l'univers mental et la représentation du monde dans l'ancienne Egypte. Successivement on assiste à la mise en place du monde, sa création et l'importance accordée aux directions: Orient et Occident, Ciel et Terre...; puis on entre dans le monde omniprésent de la mort, avec une illustration de la vision de l'Au-delà en Egypte, son organisation, les êtres qui le peuple, au travers notamment des Livres des Morts ou des illustrations peintes sur les sarcophages. Une vitrine très intéressante se préoccupe des objets accompagnant le défunt dans son tombeau, indiquant notamment pour les différents objets, papyrus et amulettes leur équivalence en salaire moyen de l'époque. A la fortune considérable que cela représente (autour d'un an de salaire), on comprend l'importance de la mort dans le quotidien des anciens Egyptiens, et surtout l'importance de bien assurer son passage dans les mondes inférieurs. En regard de cette vitrine, la suivante présente des objets du même type mais réalisés en matériaux beaucoup moins nobles (et donc moins chers), fabriqués en série pour des classes sociales moins aisées mais tout aussi préoccupés de leur avenir post-mortem... La dernière section est moins claire dans son propos et est consacrée au temple en Egypte.

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(Intérieur du sarcophage de la Dame Tanhetep, XXXe dynastie, 400-300 av. J-C, Musée du Louvre)

Bref tout cela est plutôt bien... Mais... car il y a un mais... les objets présentés sont certes magnifiques, mais proviennent à au moins 80% des collections du Louvre! Alors il faut savoir choisir, si d'aventure vous passez par là. Pour 11 euros, vaut-il mieux avoir l'entrée pour l'ensemble du musée ou pour cette seule expo d'ailleurs composée de pièces du Louvre? Bref, si l'ensemble est plutôt bien fichu, on ne peut s'empêcher de se sentir un peu arnaqué quant à la provenance des pièces. Les rares qui ne soient pas du Louvre viennent d'ailleurs soit du British, soit de Hollande, soit d'Allemagne, soit de Vienne... Rien du musée du Caire par exemple, dont les frais d'assurance et de transport justifieraient un tel tarif... Au final, avant de visiter cette expo, on doit s'interroger sur l'intérêt de payer aussi cher pour si peu de nouveauté...

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(Livre des Morts du scribe Nebqed, 6,30 m. de long, XVIIIe dynastie, XIVe s. av. J-C, Musée du Louvre (non présente dans l'expo) Cliquer pour voir en plus grand.)

Posté par Alfred Teckel à 18:58 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mars 2009

Riante Autriche

Quasiment inconnu en France, le peintre autrichien Ferdinand Georg Waldmüller (1793-1865) fait actuellement l'objet d'une exposition au Louvre. Certes, l'exposition est petite (une seule salle, guère plus d'une vingtaine d'oeuvres), mais elle a son intérêt pour découvrir ce peintre autrichien à l'oeuvre parfois un peu convenue mais souvent empreint d'une grande fraîcheur de style et de ton.

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(Autoportrait de jeunesse, 1828)

Le propos de l'expo est plutôt thématique et retrace les grandes tendances de l'oeuvre de Waldmüller, qui sont aussi bien souvent celles de son époque.

Alors certes il y a des natures mortes très florales qui ne sont pas les peintures les plus inoubliables qui soient, ainsi que des paysages alpins jolis mais plutôt rasoirs, bien que certains s'ornent déjà de petits personnages savoureux.

Et puis il y a les portraits, toujours brossés avec une volonté nette de réalisme (y compris quand cela désavantage le modèle), mais sans jamais perdre une certaine grâce dans le geste, une fraîcheur des couleurs et quelque chose de printanier assez souvent; toutes qualités qui se retrouvent au plus point dans le côté le plus admirable de l'oeuvre qui nous est présentée, à savoir des scènes de genre où se trouve peint, individuellement ou collectivement, tout un petit peuple autrichien du XIXe s., peuple de paysannes et de bergers, de musiciens et de vignerons.

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(Fillette déposant une fleur dans un sanctuaire marial)

L'ensemble est tout à fait joyeux et agréable à voir et constitue un bel exemple de peinture naturaliste. A voir éventuellement, et pour les mordus cette exposition se trouvera également à Vienne au musée du Belvédère de juin à octobre 2009, mais largement amplifiée.

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(Le pélerinage interrompu, collection des princes de Liechtenstein)

Posté par Alfred Teckel à 19:53 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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