Maurice Druon est mort. Cela fait un peu bizarre de dire ceci comme ça, tant il faisait partie de la France, intensèment. On fera, en ce jour, fi des côtés un peu raides du grand auteur devenu "immortel" très tôt et de son aspect parfois souvent conservateur, un tantinet monolithique et pour tout dire assez "scrognegneu". On ne retiendra de Druon que l'auteur des "Grandes familles", des "Rois maudits" et surtout, surtout, du "Chant des Partisans", ce poème incroyable, cette Marseillaise de la Résistance française qui évoque pour tous ceux qui furent des êtres de combat et de courage dans une des époques les plus noires de l'histoire mondiale. Oui, si de Maurice Druon il ne faut retenir qu'une chose c'est bel et bien cela, qu'il écrivit avec son oncle le grand Joseph Kessel sur une musique d'Anna Marly:

André Malraux l'avait écrit et dit mieux que moi: "L'hommage d'aujourd'hui n'appelle que le chant qui va s'élever maintenant, ce Chant des Partisans que j'ai entendu murmurer comme un chant de complicité, puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et les bois d'Alsace, mêlé au cri perdu des moutons des tabors, quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Runstedt lancés de nouveau contre Strasbourg. Ecoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le Chant du Malheur. "