Nouvelle Feuille

Venez armés, l'endroit est désert...

28 mai 2009

Escapade à Troyes

Photo_134
(La gare de Troyes; il paraît qu'elle n'aura pas lieu...)

Bon après cette blague plutôt pitoyable, passons à un petit compte-rendu de notre ballade de lundi dernier à Troyes, ville méconnue du sud de la Champagne et qui mérite pourtant un détour.

A une heure trente de train de Paris, nous voici débarqués à Troyes vers 11h00 du matin. Nous partons à la découverte des rues de la vieille ville de Troyes, assez étendue pour une ville médiévale. Ce vieux centre, en raison de forme caractéristique, est surnommée "Le bouchon de champagne".

Le soleil est de plomb, mais il va au moins avoir l'avantage de nous permettre une visite très agréable de la ville. Nous débutons par une visite du premier monument qui nous tombe sous les yeux, un des incontournables de la ville, l'église Sainte-Madeleine. La plus ancienne église de Troyes présente un aspect extérieur plaisant mais pas particulièrement exceptionnel; l'intérieur en revanche est constellé de petites et grandes merveilles qui valent de pousser la porte de cette église. Il s'agit d'une église-halle au plan très carré assez curieux. Qui plus est, tout est mis en valeur et expliqué par de petits panneaux à l'intérieur, ce qui ne fait que rendre la visite plus agréable encore.

Ainsi, pas mécontents de trouver un peu de fraîcheur au milieu de la canicule, nous entrons admirer le jubé du XVIe s. de style gothique flamboyant (avec toutefois de très légères concessions à la Renaissance). Ce chef-d'oeuvre de sculpture gothique mérite à lui seul le passage par la ville de Troyes. C'est une splendeur qui fourmille de détails.

DSCN5019
(Jubé de l'église Sainte-Madeleine. Comme toujours les photos sont cliquables si on veut les voir en détails)

Cette église possède, outre cette admirable dentelle gothique, de nombreuses oeuvres d'art médiévales et modernes, en particulier les beaux vitraux du XVIe s. et une statue de sainte Marthe attribuée au maître de Chaource, un des principaux représentants de l'école de sculpture champenoise du XVIe s., dont nous reparlerons...

Petit passage ensuite par une pharmacie histoire d'acheter de quoi aider notre peau à supporter le soleil. Les pharmaciens, très gentils, nous renseignent spontanèment sur leur ville. Petite pause ensuite dans un admirable petit jardin médiéval derrière l'église Sainte-Madeleine, qui est en fait installé sur l'ancien cimetière présent jusqu'au XVIIIe s. La particularité de ce cimetière/jardin est d'être ceint d'un mur assez haut et ouvert par une grande porte d'époque renaissance.

DSCN5022
(Jardin de l'église Sainte-Madeleine)

Nous pénétrons ensuite plus avant dans la vieille ville via la ruelle des Chats, une petite rue médiévale assez incroyable. Les toits des maisons de part et d'autre de la rue se touchent presque! Particulièrement pittoresque, percée de ruelles adjacentes et de courettes intérieures toutes en maisons à colombages. Un endroit tout à fait typique et agréable, où l'on peut sans peine s'imaginer en plein Moyen Age à la grande époque des foires de Champagne.

DSCN5027
(Entrée de la ruelle des Chats vue depuis la rue Champeaux)

Nous passons ensuite par la rue Champeaux où nous pouvons admirer de superbes hôtels particuliers et maisons à colombages. L'un des plus frappant est l'hôtel Juvénal des Ursins. En fait, la plupart de ces maisons médiévales sont... renaissance! La ville en effet a souffert d'un incendie en 1524 à la suite duquel toutes les maisons furent reconstruites dans le même style qu'auparavant, à l'exception de celle des gens très aisés qui se firent construire en pierre des hôtels particuliers de style renaissance. Au final, malgré parfois un certain délabrement, Troyes possède sans doute l'un des plus vaste et des plus cohérent ensemble médiéval de France. Il est tout à fait agréable de parcourir la ville à pieds, en s'arrêtant de-ci de-là, au hasard, pour admirer les maisons un peu différentes ou à l'architecture plus excentrique.

DSCN5031
(Je penche, donc je suis)

Loin de ce quartier très commerçant, nous nous dirigeons vers l'autre bout du quartier ancien, celui dominé par la cathédrale. Beaucoup moins vivant et animé, plus mité par des constructions récentes et laides de type "habitat collectif", ce quartier n'en possède pas moins quelques petites pépites. A commencer par ce superbe hôtel dit du "Petit Louvre", ancien relais de poste autrefois résidence de l'évêque, qui est superbement décoré de petits reliefs sculptés et peints à-même les pans de bois du mur, représentants des blasons, des frises végétales ou des grotesques.

DSCN5033
(Hôtel du Petit Louvre)

DSCN5035
(Hôtel du Petit Louvre, détail)

Notre visite se poursuit par la cathédrale, un bâtiment aux dimensions modestes dont l'intérêt principal réside dans ses superbes vitraux et dans sa nef très élevée et d'une grande légéreté. Les vitraux sont de deux époques, soit du XIIIe s., soit du XVIe s. Il permettent d'admirer tout le talent des maîtres verriers ainsi que l'évolution de leur technique. Les immenses roses du déambulatoire sont également de petites merveilles.

DSCN5040
(Rose de la cathédrale)

Un des vitraux représente une scène étonnante et constitue le chef-d'oeuvre de Linard Gontier. Il s'agit du vitrail du Pressoir mystique, une curiosité dans laquelle on presse le Christ comme une grappe de raisin dont le sang remplit un calice et de la poitrine duquel jaillit un cep de vigne sur lequel sont représentés les apôtres. Un bien curieux symbole chrétien dans ce pays particulièrement viticole!

DSCN5041
(Vitrail du pressoir mystique)

Après toutes ces émotions esthétiques, nous nous attablons devant des plats à base d'andouillette et de chaource, deux savoureux produits locaux. Ensuite, c'est le passage obligé par la superbe exposition qui se tient dans l'église Saint-Jean-au-marché tout juste restaurée. Celle-ci est consacrée au "Beau XVIe s." de la sculpture champenoise, et est constituée de nombreuses statutes et sculptures de toute la Champagne et venues aussi bien des églises de Troyes, du reste de la Champagne et même du musée du Louvre. L'ensemble est organisé plutôt thématiquement et se révèle passionnant et très instructif. On y comprend mieux la vitalité de la sculpture champenoise à cette époque, ses influences multiples, géographiquement (Allemagne, Pays-Bas, Ile-de-France, Italie) ou artistiquement (entre fin du Moyen Age et tentation des formes renaissance). Mais au-delà de l'aspect local et artistique, les représentations de saints nous en apprennent parfois beaucoup sur la mode à cette époque dans les hautes classes de la société ou sur les formes prises par la foi. Bref, une exposition "d'intérêt national" qui mérite vraiment le détour.

DSCN5043
(Une magnifique sainte Barbe aux beaux atours et à l'incroyable tour composite!)

Après cela, il ne reste plus qu'une bonne heure avant de rejoindre notre train de retour vers Paris. Heure agréablement comblée par une ballade dans le reste de la vieille ville, à découvrir le magnifique Hôtel de Mauroy, qui abrite aujourd'hui le musée de l'Outil et de la Pensée Ouvrière ou la Tourelle de l'orfèvre, une maison particulière avec une tourelle assez représentative de l'esprit rusé du Moyen Age. En effet, à cette époque, on payait l'impôt en fonction de la surface bâtie... au sol! Ainsi, on voit fleurir, à partir du premier étage, diverses tours et encorbellements. Ainsi on gagne de la place sans augmenter les dépenses!

DSCN5042
(Tourelle de l'orfèvre)

Il est alors temps pour nous de repartir vers la capitale après cette chaude et fatigante journée, non sans nous amuser du côté vengeur masqué d'un habitant de la ville qui en a marre de voir les gens irrespectueux dégrader sa maison sise au fond d'une cour...

DSCN5050
(Allez, viens te soulager... le Pisseur masqué saura te trouver et se venger!)

Posté par Alfred Teckel à 19:34 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 mai 2009

Aux sources du retable

Au Louvre, en dehors des foules qui arpentent l'exposition Portes du ciel sur l'Egypte, se tient actuellement un exposition bien plus modeste par la taille mais pas dénuée d'ambition: nous montrer la naissance et l'évolution du retable en Occident.

C'est quatre siècles d'histoire de l'art religieux occidental qui se déroule pour nous au travers de ce parti pris de parler des retables. Une bonne occasion pour plonger vers les racines de cet élément religieux majeur et d'arpenter les branches nées de ces racines pour comprendre son évolution jusqu'à la Renaissance. Pas de parcours muséologique délirant ou tiré par les cheveux cette fois-ci, pas de mise en musée hasardeuse: une simple et bonne vieille présentation toute chronologique, plutôt didactique mais qui permet de bien saisir l'évolution stylistique et formelle des retables.

retable1
(Retable : Pentecôte. Région de la Meuse, vers 1160-1170, cuivre doré, repoussé et gravé ; émail champlevé, vernis brun ; verre ; âme de bois. Paris, musée de Cluny © RMN / Gérard Blot)

Si on peut regretter la faible représentation des retables romans vraiment primitifs (du fait sans doute du faible nombre qui nous sont parvenus), les quelques pièces présentées sont très belles. On découvre ainsi qu'avant l'an Mil, point de retable. Et que cet élément devenu central dans le culte catholique n'est à la base qu'un élément destiné à l'édification des fidèles plus ou moins imaginé pour suppléer les autels, eux-mêmes décorés de scènes religieuses, mais souvent masqués par le prêtre, chargés d'objets liturgiques divers, etc. Le retable se place derrière le prêtre et se veut plus grand afin d'être mieux vu.

Très vite, le gothique donne un souffle incroyable à ce nouvel élément religieux, en en multipliant les audaces, de formes, de taille, de matière. Les retables grandissent et la perfection de la sculpture gothique ne les épargnent pas. Comme pour le reste de cet art, c'est d'Île de France que tout se diffuse. Parfois le retable déménage, quittant l'église et ses dimensions monumentales pour devenir un petit objet d'art destiné à la dévotion privée de la noblesse ou la haute bourgeoisie. A ce titre, un bel ensemble de rares retables en ivoire, sans doute parisiens, mérite d'être vu.

retable3
(Élément de retable : Six apôtres. Bourgogne (ou sculpteur bourguignon actif en Lorraine), deuxième quart du XIVe siècle, pierre. New York, Metropolitan Museum © The Metropolitan Museum of Arts, New York)

Si les pièces de la pré-Renaissance et de l'époque gothique témoignent d'une maîtrise artistique extrème et sont des pièces souvent incontournables, on ne peut s'empêcher de trouver plus poignant ces retables en bois, provinciaux et assez modestes, au tracé naïf et parfois maladroit, fragiles de par leur matériau et leur lieu d'exposition (des églises soumises depuis plus de 30 ans aux risques de vols). Ces premiers retables en bois on un côté touchant dans leur dévotion un peu naïve.

retable2
(Retable : l’Annonciation et la Visitation encadrant la Vierge en Majesté tenant l’Enfant (Vierge volée en 1976). Cerdagne, première moitié du XIIIe siècle, bois polychromé et peinture sur panneau, Angoustrine-Villeneuve-des-Escaldes, église Saint-André ; actuellement conservé à l’Île-sur-Têt, Centre d’art sacré (ancien hospice) / © Conseil général 66 / CCRP / Michel Castillo)

L'ensemble est donc, on le voit contrasté à tous les niveaux, les évolutions sont bien amenées par des cartels d'une intelligence rarement vue au Louvre depuis fort longtemps. Bref on voit de belles choses, on comprend tout, on a l'impression d'être plus intelligent en ressortant. C'est pour moi les seuls critères qui suffisent à faire la différence entre une exposition réussie et une exposition qui sent un peu l'arnaque.

L'essentiel des oeuvres provient soit du musée du Louvre, soit du musée de Cluny, soit encore d'églises de diverses provinces françaises, ce qui explique la centralisation de l'exposition sur la France. Cela se justifie par l'importance majeure de la France notamment dans l'art gothique, qui constitue la période centrale de l'exposition. On peut tout de même regretter l'absence de retables brabançons, très impressionnants et travaillés ainsi que celle de retables peints, assez peu nombreux par rapport aux retables sculptés. De même, pas un mot n'est dit sur le chef-d'oeuvre en la matière de la fin du Moyen Age, à savoir l'exceptionnel retable d'Issenheim, visible à Colmar (je vous en dirai un mot à l'occasion). Bref, léger regret, mais c'est vraiment pour ne m'éviter de chuter dans le dithyrambe que j'y recours, car dans l'ensemble cette exposition est plus que bonne et mérite d'y consacrer un peu de temps.

retable4
(Élément de retable : Scènes de la vie du Christ et de la Vierge et de l’histoire de Pyrame et Thysbé. Atelier des Embriachi Venise, XIVe-XVe siècle, bois, os, corne. Paris, musée de Cluny © RMN / Franck Raux)

Parisiens habitués ou non du Louvre, touristes de passages ou autres, si vous avez l'occasion, ça vaut le coup d'être vu. Et, cerise sur le gâteau, cette expo n'est pas outrageusement fréquentée, ce qui permet d'admirer bien plus sereinement les oeuvres!

NB: Toutes les images utilisées ont été honteusement trouvées sur le site http://www.liturgiecatholique.fr/

Posté par Alfred Teckel à 18:46 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mai 2009

Là-haut, sur la montagne

Peu de lieux sont autant chargés de mystère que les monastères du Mont Athos. Ce lieu hors du temps, qui possède un statut à part au sein de la Grèce et de l'Union Européenne est également un lieu hors des touristes. On le sait, les femmes sont exclues de cette sainte montagne (et théoriquement tout ce qui est femelle d'une manière générale). Ce qu'on sait moins c'est que même pour les hommes, le Mont Athos fait partie des endroits les moins accessibles au monde. Pour pouvoir visiter certains des monastères, l'on se doit de faire moultes demandes circonstanciées; et quand bien même, par miracle, on obtiendrait le droit de visiter ces monastères, rien n'assure que les très conservateurs moines ne vous laisse troubler la tranquillité de leurs vénérables objets de cultes et manuscrits précieux.

athos2
(Situation du Mont Athos sur la carte de Grèce. Source wikipedia)

C'est donc pour toutes ces raisons que, quel que soit votre sexe - homme, femme ou autre chose - il faut se rendre à l'exposition consacrée au Mont Athos qui se tient actuellement au Petit Palais à Paris. Au travers de 200 pièces d'art et d'histoire venues directement du Mont Athos (et qui n'avaient quitté le Mont que pour une exposition à Thessalonique en 1997), c'est en effet l'occasion d'une double découverte: celle des trésors bien cachés de la sainte montagne mais aussi celle de l'importance du Mont Athos au sein de l'empire byzantin. Assez didactique, l'expo permet de mieux replacer en contexte l'importance majeure de ces vingt monastères pour l'art byzantin et la religion orthodoxe et de plonger au coeur de la spiritualité chrétienne grecque.

athos
(Mont Athos et ses monastères, source wikipedia)

Dès l'Antiquité tardive, des moines, tout d'abord anachorètes (moines solitaires) en quête de solitude et de lieu retiré, s'installent sur ce bout de péninsule montagneuse désertée par ses habitants suite aux invasions slaves et bulgares. Au IXe s. un certain nombre s'installe au Mont Athos suite à la crise iconoclaste qui sévit à Byzance. Les anachorètes forment entre eux des Laures, des sortes de communautés sans structure hiérarchique. Puis l'arrivée de Saint Athanase en 963 et la fondation du monastère de la Grande Lavra importe le modèle cénobitique de vie en communauté hiérarchisée. Malgré les tensions avec les autres moines, c'est ce modèle qui l'emporte, avec le soutien direct des empereurs de Byzance. Le plus ancien manuscrit présenté dans l'exposition est un psautier de l'époque de Saint Athanase!

athos3
(Psautier Pantocrator 61, IXe s., Eglise du Protaton)

A la suite de la Grande Lavra, de nombreux autres monastères s'installent. La protection de Byzance se fait intensive, aussi bien en ce qui concerne les statuts et le fonctionnement des monastères que pour ce qui est des riches donations. On peut ainsi admirer plusieurs bulles d'or byzantines régissant les statuts de tel ou tel monastère aussi bien que de somptueux objets liturgiques (Calice en jaspe, Voile brodé (epitaphios) d'or et d'argent, etc).

athos4
(Calice dit "Le Jaspe", XIVe s., Monastère de Vatopedi)

Le soutien de Byzance ne se démentira jamais, mais il n'est pas exclusif. Ainsi plusieurs objets et documents témoignent de l'intérêt porté au Mont Athos par les divers chefs et rois géorgiens, bulgares ou serbes. Evidemment, l'art des icônes byzantines ne fait pas défaut au Mont Athos, même si les ateliers locaux ne semblent se développer qu'assez tardivement. On peut admirer de superbes réalisations d'une fraicheur parfois saisissante.

athos5
(Deisis avec saint Georges et saint Paul, Icône du XVIe s., Monastère de Saint-Paul)

Avant même la chute définitive de Byzance en 1453, le Mont Athos s'est mis sous la protection des Turcs, qui lui laissera toujours une liberté religieuse totale et une indépendance surveillée avec bienveillance. Après l'indépendance grecque, le Mont Athos devient - en 1913 - partie intégrante de l'Etat Hellénique, avec toutefois un statut très particulier, qu'il conserve jusqu'à nos jours.

athos7
(Mont Athos)

Bref... On en apprendra encore beaucoup plus en se rendant à cette excellente expo, qui ne se contente pas de nous présenter de beaux objets ou des manuscrits anciens, mais, à l'aide de photos et de plans, nous permet de mieux nous représenter le décor et l'organisation de ces monastères millénaires où nous n'avons qu'une infime part de chance d'aller un jour.

athos6
(Mont Athos, Monastère de Vatopedi)

Bref c'est LA belle expo parisienne du moment... et en plus - joie des joies - on peut enchaîner sur les collections permanentes du Petit Palais qui conservent la plus grande collection d'icônes de France!

Posté par Alfred Teckel à 17:02 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mai 2009

La Vénus de Conard

Voici quelques jours, une équipe d'archéologues allemands de l'université de Tübingen (dirigée par le Pr. Nicholas Conard, d'où le titre de mon billet - hu hu , que je suis facétieux...) a dévoilé une Vénus préhistorique découverte en septembre dernier.

Ce professeur est un homme qui sait ménager son suspense. En effet, le dimanche soir, il annonce une découverte "sensationnelle" qui va faire grand bruit dans le monde des préhistoriens. Il ne laisse filtrer que peu d'informations sur sa précieuse découverte, mais suffisamment pour créer un intérêt en attendant de la dévoiler réellement trois jours plus tard.

Bref, passons sur les moyens assez médiatiques et plutôt bien joué pour populariser sa découverte. Le professeur Conard fouille cette région du Jura souabe depuis plusieurs années et il avait déjà mis au jour en 2002 plusieurs statuettes datée de 35 000 ans et considérées comme les plus anciennes du monde.

Deux exemples remarquables, l'oiseau aquatique et le mammouth:

conard1

conard2

Et donc cette année, une magnifique Vénus a été mise au jour et s'est avérée être la plus ancienne connue à ce jour, datée elle aussi de 35 000 à 40 000 ans. Magnifique, cette Vénus trouvée en plusieurs morceaux dans une grotte présente la particularité de n'avoir pas de tête mais des signes sexuels démesurés, comme souvent dans ce type de statuettes: le sexe et les seins sont omniprésents et surdimensionnés. Il s'agit d'une très belle découverte archéologique dont la particularité est d'être largement antérieure aux autres Vénus de ce type. En effet celle-ci date de l'Aurignacien (35 000 - 28 000 ans environ) tandis que la plupart des autres datent du Gravettien* (29 000 - 22 000 ans environ).

conard3

* Le Gravettien est considéré comme l'âge d'or des Vénus. La plupart des Vénus préhistoriques connues datent de cette époque; c'est le cas des très célèbres Vénus de Willendorf, Lespugue ou Brassempouy.

Venus_of_Brassempouy
(Vénus de Brassempouy)

Posté par Alfred Teckel à 16:13 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 mai 2009

Les cadeaux Karambolage ne sont pas un mythe!

Ceux qui connaissent l'excellentissime émission d'Arte "Karambolage" qui est diffusée le dimanche à 20h00 voient tout de suite de quoi je parle. Les autres ont intérêt à se précipiter sur Arte.fr pour découvrir ce petit programme qui s'intéresse aux habitudes et petites coutumes quotidiennes des Français et des Allemands. C'est toujours drôle et passionnant, on y apprend pas mal de choses sur nos trop méconnus cousins germains et sur nous-mêmes!

Bref, à la fin de ce programme, il y a à chaque fois une petite devinette qui peut nous permettre de gagner "une petite récompense". L'interrogation étant: mais quelle est donc cette mystérieuse récompense destinée à des êtres d'élite?

...

Et bien, j'ai moi-même participé à un autre concours sur le blog de Karambolage et il se trouve que j'ai gagné! Je ne le savais même pas d'ailleurs et j'ai reçu ce matin une enveloppe garnie des cadeaux en question! En exclusivité pour toi, lecteur de ce blog, voici quels sont ces cadeaux mystérieux...

Il y a d'abord le pique-oeuf (Eierpiker), un bidule totalement allemand dont l'utilité n'est apparemment pas contestée outre-Rhin et qui sert, quand on est français, à être retourné dans tous les sens avec perplexité avant de comprendre que...

Photo_101

... cet engin diabolique est là pour se piquer le bout du doigt et ainsi apprendre que la douleur est rédemptrice!

Photo_102

Non en fait, ça sert à percer un petit trou dans la poche d'air sur le côté bombé de l'oeuf qu'on va jeter dans l'eau bouillante, ceci afin d'éviter qu'il éclate au cours de la cuisson. Ce n'est pas idiot, même si je n'ai jamais rencontré ce type de problème... Enfin bref, désormais je fais partie de ces rares Français qui possèdent un pique-oeuf! Et ainsi je peux me blesser le bout du doigt de façon simple, économique et répétée!

Parmi les autres cadeaux, il y avait un petit porte-clef Opinel... Bon, on risque moins de se blesser avec ce couteau a priori typiquement français qu'avec le Eierpiker mais bon, c'est sympathique... 

Photo_103

A condition de ne pas vouloir l'utiliser pour couper son pain sur son Brettchen. Il s'agit d'un petit plateau qui sert en Allemagne a servir le repas froid assez léger du soir. Moi j'aurais pris cela pour une simple planche à découper.

Photo_104

Voilà, désormais, vous savez ce qui vous attends si vous êtes parmi les premiers à trouver la solution des petites énigmes de Karambolage!

Posté par Alfred Teckel à 15:33 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 mai 2009

Un bel endroit...

Voilà presque un an qu'il a ouvert et je n'avais encore pas eu l'occasion d'aller y jeter un oeil. Pourtant, le Collège des Bernardins mérite un détour si on se trouve dans le coin.

Il s'agit d'un assez long bâtiment garni de fenêtres en arcades, qui se présente de cette façon:DSCN4964

Certes, la photo est moche, mais c'est plutôt sympa de découvrir ceci sous un beau soleil. Le collège des Bernardins est un ancien collège de cisterciens qui appartenait à la commune de Paris (qui l'a utilisé entre autres comme caserne de pompiers ou pour la police). Bref, ce magnifique bâtiment laissé en jachère par la mairie de Paris a été racheté par l'archevêché de Paris en 2000 sous l'impulsion de Mgr Lustiger, pour le restaurer et en faire un centre de réflexion, d'art et de culture autour de la religion. Une belle initiative.

L'intérieur n'est accessible au commun des mortels que pour la partie rez-de-chaussée, mais c'est déjà pas mal et gratuit... Dans la grande salle principale, on découvre une superbe nef gothique qui abrite une expo, l'accueil, une (petite) librairie, un espace déjeuner...

DSCN4966
En ce moment, c'est une exposition de peintures un peu répétitives de Gérard Titus-Carmel consacré au retable d'Issenheim de Grünewald qui se trouve à Colmar. Bon, on aime ou pas... C'est très religieux, ça se ressemble pas mal... moi je préfère voir l'original mais c'est affaire de goûts.

Dans les pièces attenantes à cette grande nef, on peut voir un bel escalier du XVIIIe s. et l'ancienne sacristie où se tient une petite expo sur les restaurations du collège ainsi que les fouilles qui y ont eu lieu. C'est plutôt intéressant.

DSCN4968
(Ancienne sacristie)

Au cours des fouilles, on a par exemple trouvé cette dalle funéraire d'un moine nommé Günther, en excellent état.

DSCN4967

Bref c'est une ballade plutôt intéressante que cette visite au collège des Bernardins, lieu à la beauté un peu austère mais qui surprend par sa vitalité (il y a pas mal de monde qui y vient). Comme quoi, quand elle veut, l'Eglise sait se donner des côtés charmants et réaliser de belles choses pour le patrimoine...

Posté par Alfred Teckel à 19:23 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 mai 2009

Ponyo

Bien plus tourné vers un public enfantin que les précédents opus de Hayao Miyazaki, Ponyo sur la falaise peut néanmoins être vu par tous les publics.

Ici ou là on lit que, étant à destination des enfants, l'oeuvre serait plus simple, moins ambitieuse que les autres. Mouais, ça reste à voir, car Ponyo est un conte très classique, avec tout ce que cela comporte d'intelligence derrière la façade "pour enfants".

Pour résumer très rapidement, Ponyo est un petit poisson rouge facétieux qui s'échappe du curieux endroit où elle est retenue et rencontre, près d'une falaise, un garçonnet de cinq ans, Sosuke. Celui-ci s'occupe du petit poisson, qui aime beaucoup le jambon et, incidemment, lèche le doigt que l'enfant s'est écorché; acte aux nombreuses conséquences... (je n'en raconte pas plus pour ne pas gâcher le plaisir à ceux qui ne l'ont pas vu).

ponyo

Comme toujours chez Miyazaki, même si ici c'est parfois plus "doux", on retrouve les thèmes de l'enfance, la vieillesse, la préoccupation de l'environnement, la transformation plus ou moins magique, etc... ajoutés à la thématique dominante de la mer, omniprésente dans Ponyo. La mer nourricière, maltraitée par l'Homme, la mer destructrice des tsunamis. Bref, de quoi se faire plaisir. Le tout est bien évidemment très mignon et animé avec talent. Bref, c'est à voir absolument, comme toutes les oeuvres de Miyazaki.

ponyo2

Pour ceux qui ne le connaitrait pas encore, Hayao Miyazaki c'est ce Japonais de 67 ans qui a donné au monde des dessins-animés formidables et ses lettres de noblesse à l'animation japonaise qu'il a réellement rendu universelle. A l'instar d'un Walt Disney voici plus d'un demi-siècle, Miyazaki enchante des millions d'enfants et d'adultes avec ses chefs-d'oeuvre, en vrac: Nausicaa, Princesse Mononoké, le Voyage de Chihiro, etc, etc... Bref, ce monsieur est un génie du cinéma et on ne peut qu'espérer qu'il nous livre encore de merveilleux films. Et si vous faites partie des gens qui n'ont jamais eu la chance d'en voir un, il faut vite voir au moins le Voyage de Chihiro, sans doute son plus grand chef-d'oeuvre.

miyazaki

Posté par Alfred Teckel à 15:19 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1