Schönbrunn... Voilà bien un nom qui sonne un peu comme celui de Versailles. Son pendant autrichien somme toute.

Le château est grand mais le parc est immense et rempli de points d'intérêts très variés. Y passer la journée entière me paraissait tout à fait bien et pourtant nous avons fini sur les rotules.

Ne voulant pas être trop pris dans la masse des groupes de visites guidées, nous sommes arrivés les premiers, à l'ouverture, rien que cela et avons acheté le forfait de visite le plus cher, celui dans lequel tout est compris.

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(Façade du château de Schönbrunn, Vienne)

La visite du château (dans lequel on ne peut pas photographier...) a été intéressante et agréable malgré les groupes incessants et plutôt bruyants qui vinrent nous pomper l'air en fin de parcours. Néanmoins nous vîmes, dans ce château pour l'essentiel décoré dans le goût de Marie-Thérèse: les appartements de l'empereur François-Joseph avec notamment son cabinet de travail et son petit lit tout simple, en fer, dans lequel il s'éteignit en novembre 1916; les appartements de l'impératrice, ornés de nombreux portraits des enfants de Marie-Thérèse; les salles de réception, dont la Grande Galerie, bien modeste en regard de celle de Versailles, mais tout à fait intéressante néanmoins; encore plus étonnant et témoignant du goût à la fois très sûr et très exotique de Marie-Thérèse, les superbes cabinets chinois, décorés de laques et de porcelaines. C'est dans un de ces cabinets que Marie-Thérèse recevait le chancelier Kaunitz et que par un ingénieux mécanisme le parquet s'ouvrait pour laisser monter la table afin d'y prendre une collation. Les salles suivantes appartiennent au circuit "Grand Tour", indispensable, qui permet d'accéder aux pièces occupées par Marie-Thérèse et son époux François de Lorraine.  Parmi elles, la salle Vieux-Laque, qu'elle occupa après la disparition de son époux en 1765 est ornée uniquement de laques japonaises noires encastrées dans des boiseries de noyer. Une salle émouvante également est celle où mourut, à seulement 21 ans, l'infortuné Roi de Rome, le fils de Napoléon Ier, un pauvre garçon fragile qui se distrayait avec une alouette que l'on aperçoit dans la pièce, empaillée. L'ensemble dégage une certaine tristesse.

Le goût pour l'exotisme du XVIIIe s. se traduit encore dans les salles suivantes, où hélas les groupes nous gâchèrent un tantinet le plaisir, avec notamment le cabinet de porcelaine... où ne se trouve aucune porcelaine mais des peintures imitant la porcelaine, et le salon du Million, lambrissé de bois de rose et décoré de miniatures persanes. Les salles suivantes présentent le seul lit d'apparat du château et plusieurs portraits agréables de la famille impériale de François et Marie-Thérèse et leurs nombreux enfants.

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(Jardins du prince-héritier)

Une fois sortis de la foule du château, la découverte des jardins s'est révélée tout à fait intéressante et jolie. Le jardin du prince-héritier, donnant de plain-pied sur les appartements du prince Rodolphe qui lui a laissé son nom. Il s'agit d'un jardin à la française en même temps qu'une orangerie, le tout entouré d'une charmille.

Jardins

(Jardins)

Les jardins sont tout à fait agréable et comme à la belle époque du XVIIIe s., un bosquet est aménagé en labyrinthe où l'on peut gaiement se perdre mais pas trop, juste le temps de trouver un petit lieu où se reposer quelques instants avant de sortir de ce petit dédale.

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(Labyrinthe)

Au centre du parc, entre le château et la gloriette, marquant le passage de la zone plane à la colline, se trouve l'énorme fontaine de Neptune. La montée vers la gloriette se fait un petit chemin qui serpente de part et d'autre de la pelouse. Cette gloriette, bâtie en 1775, permet de jouïr d'une très belle vue sur Vienne et ses environs.

Gloriette

(Gloriette)

Nous fîmes ensuite un petit parcours à travers le parc afin d'en voir les principales curiosités et folies en nous dirigeant vers le zoo. Ainsi tour à tour nous avons pu voir la petite gloriette, une fausse ruine romaine datant de 1778, un obélisque de la même époque, et la Belle Fontaine (Schöner Brunnen) qui a donné son nom au lieu.

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(Fausse ruine romaine, XVIIIe s.)

Ensuite ce fut le tour du zoo de Schönbrunn. Ah, le zoo! Un grand moment avec pas mal d'animaux rares et très intéressants, un aménagement de l'espace idéal, organisé de façon à laisser le plus d'espace possible à l'animal mais permettant également au visiteur de tourner au maximum autour de l'enclos et de multiplier les chances d'apercevoir l'espèce rare présentée là. Pas mal d'enfants idiots aussi, plus intéressés par les jeux de balançoires et toboggans présents sur le site que par les animaux, ce qui est tout de même étrange. Ce zoo a donc pour particularité d'être très moderne et il est pourtant à la base le plus ancien d'Europe: il a été fondé en 1752 par François de Lorraine, époux de Marie-Thérèse.

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(Rhinocéros indien, zoo de Schönbrunn, Vienne)

Une très grande diversité d'espèces est présenté, illustrant tous les continents et tous les climats, et parmi elles un certain nombre d'espèces très menacées comme le rhinocéros indien ou le grand panda.

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(Grands pandas)

Après tous ces animaux, il était temps de passer à la flore, en nous rendant dans les magnifiques serres de la fin du XIXe s. qui abritent une superbe collection de 4000 plantes du monde entier réparties en trois "zones": montagnarde et fraîche, chaude et enfin très chaude, tropicale.

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(Serres)

A l'intérieur, on est happé par la beauté sauvage du lieu. Rien ne semble arrangé et l'on se dirait dans un endroit oublié des hommes où la nature la plus luxuriante et la plus folle aurait repris ses droits; impression renforcée par le faible nombre de touristes qui s'aventurent dans ce lieu magique. L'architecture d'acier et de verre du XIXe s. se mêle à merveille avec les nombreuses plantes et lianes qui peuplent le lieu et l'on pourrait se croire dans cité coloniale abandonnée à la jungle...

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(A l'intérieur de la serre, cet escalier en acier désormais inutilisable...)

Seconde serre et changement d'ambiance ensuite, avec la Maison du Désert. Un lieu sans doute moins foisonnant mais tout à fait intéressant également, consacré à la vie dans les déserts. En fait, il s'agit surtout d'une collection de quelques reptiles et petits mammifères des déserts chauds ainsi que de magnifiques cactus et plantes peu gourmandes en eau. Le tout est organisé en trois régions: désert africain, américain et australien.

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(Maison du désert)

Il est ensuite plus que temps de rentrer vers le château proprement dit afin d'assister à un moment totalement "truc-à-touriste" mais quand on nous prend par l'estomac... il s'agit d'une démonstration de fabrication d'un apfelstrudel, délicieuse spécialité autrichienne, avec dégustation à la clef d'une portion un peu trop petite cependant... Le secret étant d'avoir une pâte très souple que l'on peut étirer jusqu'à lui faire couvrir la surface d'une petite table! L'exploit n'est pas mince.

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(Et on étiiiire la pâte...)

La journée commençait à sérieusement tirer à sa fin quand nous abordâmes la dernière visite, toujours dans le parc du château, celle du musée du carosse. Dans ce lieu tout à fait impressionnant on nous parle un peu trop de Sissi et on admire des carosses tout à fait exceptionnels: ceux des Habsbourg, rien de moins. On y trouve aussi bien le traîneau de Sissi que des carosses d'enfants, mais les pièces les plus exceptionnels sont les carosses du couronnement, tiré par huit chevaux blancs et celui de deuil, entièrement peint de noir et à l'aspect à la fois grandiose et lugubre.

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(Carosse de deuil, XVIIIe s.)

Voilà qui achevait notre fascinante mais fatigante visite de Schönbrunn, assurèment l'un des grands moments d'une visite à Vienne, malgré le côté très touristique de l'endroit. Le lendemain allait être moins parfait...