Ma belle-famille vit dans le Béarn. Je n'y peux rien, c'est ainsi: le Béarn, c'est loin de tout, c'est méconnu et pour tout dire, ça n'attire guère les gens. Et c'est dommage parce qu'il y a plein de choses intéressantes à y voir et un vrai patrimoine. Donc tant qu'à faire, autant partir à sa découverte, il ne peut qu'y avoir de belles surprises.

Le Béarn est une ancienne province qui a vu passer des personnages tels que Gaston Phébus, la terrible Jeanne d'Albret ou son fils Henri de Navarre, futur Henri IV. Pays indépendant depuis l'époque de Phébus en 1347 jusqu'à son rattachement à la France par l'accession d'Henri IV au trône à la fin du XVIe s., le royaume de Navarre (en fait seulement la Navarre française, c'est-à-dire le Béarn). Successivement, la région a connu quatre capitales: Lescar, Morlaas, Orthez et enfin Pau, qui demeure aujourd'hui le chef-lieu du département des Pyrénées-Atlantique réunissant Béarn et Pays Basque français. La ballade à laquelle je vous convie correspond à mes pérégrinations du mois d'août à travers le Béarn (dont je suis loin d'avoir tout vu) et quelques incursions au-delà dans le Pays Basque et en Bigorre.

Lescar, aux sources du Béarn

Notre première étape est Lescar, antique Beneharnum (qui donna sans doute son nom au Béarn). Cette importante ville romaine, devenue capitale du Béarn, est détruite autour de 840 par des raids vikings. Elle disparait totalement de la carte et cède sa place de capitale et d'évêché à Morlaas, à quelques lieues de là. Ce n'est qu'autour de l'an Mil qu'une nouvelle ville, fortifiée, est édifiée sur la hauteur la plus proche de l'ancienne Beneharnum. Aujourd'hui, la ville s'est beaucoup agrandie au-delà de ses murs et est devenue une banlieue résidentielle de Pau. Ce qui n'enlève rien à l'intérêt de son petit centre-ville qui ne manque que d'une chose primordiale: un café où siroter une boisson fraîche.

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(Lescar, porte de la ville)

L'élément le plus intéressant de Lescar, celui qui attire les regards et suscite la curiosité, c'est sa belle cathédrale romane.

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(Lescar, cathédrale vue par l'arrière)

Ce qui fait de Lescar une étape à ne pas louper pour les amateurs d'art et d'histoire qui passent dans le coin, c'est la décoration romane de sa cathédrale. Qu'il s'agisse des très beaux chapiteaux historiés qui ornent les piliers, de la mosaïque du XIIe s. représentant des scènes de chasse ou des modillons de l'abside, toute cette décoration mérite qu'on s'y arrête.

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(Cathédrale de Lescar, détail de la mosaïque du XIIe s.)

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(Chapiteau historié)

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(Arrière de la cathédrale, modillons décorés)

Outre ces remarquables oeuvres d'art roman, la cathédrale abrite une fresque du XVIIe s., récemment restaurée avec soin, et surtout, une simple plaque dans le choeur témoigne de l'importance de Lescar autrefois (la ville avait notamment rang épiscopal): huit rois et reines de Navarre y reposent.

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(Cathédrale, Tombeau des Rois de Navarre)

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(Choeur, Fresque du XVIIe s.)

Voici pour les principaux éléments concernant Lescar, toute petite ville mais que vous vous devez de visiter si d'aventure vous passez par Pau, que nous avons également re-visité cet été.

Pau, cité royale

Il faut savoir qu'après la destruction de Beneharnum autour de 840, c'est Morlaas qui a pris le relais comme capitale, puis Orthez au XIIe s. Pau n'est pas grand chose, sans doute une modeste bourgade, quand Gaston Phébus, en 1450, en fait sa capitale. La ville restera capitale du Béarn jusqu'à aujourd'hui. Pau a été la ville de la famille d'Albret dont est issu Henri IV qui est né dans la ville et dont la cité se fait gloire aujourd'hui. Un autre futur roi est également né à Pau, il s'agit du maréchal Bernadotte, devenu roi de Suède en 1818.

La ville actuelle comporte quelques quartiers encore trop peu mis en valeur et quelques uns somme toute assez laids. Le centre ancien, dominé par le château, est par contre tout à fait digne d'intérêt historique... et gourmand!

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(Henri de Navarre, omniprésent, a pourtant peu marqué sa ville natale de son empreinte...)

Le château de Pau est un bel exemple de construction tout à fait composite où domine néanmoins le goût renaissance. Bien qu'Henri IV y soit né et que l'on puisse y admirer son curieux berceau: une gigantesque carapace de tortue, c'est plutôt Phébus et surtout Henri d'Albret et son épouse Marguerite d'Angoulême qui y ont laissé leur trace. Plus tard, ce sont Napoléon III et l'impératrice Eugénie qui font restaurer le château et s'y installent au gré de leurs déplacement dans les environs. L'ensemble ne possède bien sûr ni la perfection formelle d'un Versailles ni l'extravagance des châteaux de la Loire, mais il nous en apprend beaucoup sur les différentes étapes de sa construction et les souverains et régents qui y ont présidé.

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(Château de Pau)

Cette ancienne forteresse domine le Gave de Pau. Des jardins ont été aménagés sur les anciennes fortifications.

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(Remparts)

Depuis les remparts, on peut également accéder à la Tour de la Monnaie où, comme son nom l'indique, les rois de Navarre battaient monnaie. Cet édifice du XVe s. bénéficie d'un cadre sympathique près d'un petit canal et surplombé par la silhouette du château.

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(Tour de la Monnaie, XVe s.)

Au détour des rues qui avoisinnent le château, on peut découvrir l'ancien parlement de Navarre, la maison dite de Sully, et plusieurs jolies rues et places, notamment la Place Gramont. Et surtout, surtout, LA bonne adresse de la ville, la succulence incarnée se trouve chez Francis Miot, confiseur, chocolat et confiturier de son état. Sa boutique est un enchantement et le salon de thé installé derrière vaut plus que le détour: c'est l'endroit idéal où achever une après-midi de ballade dans la ville en buvant une des innombrables sortes de thés proposées ou même un chocolat froid dont vous me direz des nouvelles. L'une des spécialité les plus excellentes de la maison se nomme très élégamment "Les coucougnettes du Vert-Galant". Bon, dis comme ça, ça sent fort l'humour potache, mais une fois en bouche, quel régal. Je le recommande à tout amateur de plaisir sucré!

Coucougnettes

(A goûter absolument!)

Mais surtout au XIXe s., à la vieille ville des rois de Navarre se greffe une nouvelle ville, la ville anglaise.

Pau, ville anglaise

Au milieu du XIXe s. en effet, les médecins anglais se mettent à préconiser la cure hivernale à Pau pour son climat d'altitude tout à fait sain. Peu à peu, de riches anglais s'installent et se font construire de belles résidences, importent leurs loisirs et donnent à la ville une british touch tout à fait originale. C'est sous leur influence qu'est ouvert le très long boulevard des Pyrénées depuis lequel la vue sur le massif est superbe paraît-il (mais pas en été parce que la chaleur les voile de brume et les cache; mais pas en hiver non plus car le temps est couvert... mais sinon il parait que c'est chouette...)

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(Boulevard des Pyrénées)

Au bout du boulevard se découvre le Palais Beaumont, qui abrite centre de congrès et casino. De quoi s'amuser avec les fantômes des Anglais du XIXe s. dont l'âme n'a pas tout à fait entièrement déserté la ville...

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(Palais Beaumont)

Pour les Anglais souffreteux qui venaient se faire soigner et ne pouvaient monter jusqu'au Boulevard (et aussi pour les feignasses) on a installé un funiculaire qui rejoint la gare au boulevard, évitant ainsi tout effort. Funiculaire qui fonctionne toujours actuellement!

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(Funiculaire)

Echappée basque à Biarritz

Biarritz, ça n'est franchement ni totalement vilain ni totalement inintéressant. Mais la foule et la chaleur du 15 août nuisent beaucoup à son attrait... Bref.

Ce petit port baleinier a connu un exceptionnel dynamisme sous le Second Empire en devenant une station très huppée, fréquentée notamment par les mêmes Anglais qui venaient aussi à Pau et par l'Empereur et l'Impératrice. Aujourd'hui, la station est devenue plus populaire et le paradis du surf.
Biarritz

(Ils attendent sûrement LA vague...)

L'attrait de la mer joue certes un peu, surtout pour les rochers et le vent, beaucoup moins pour les plages où s'affalent des tonnes de viandes plus ou moins fraîche. Mais à la base ce n'était pas du tout pour ça que nous nous rendions à Biarritz, mais pour voir le musée Asiatica, a priori le 2nd ou 3e musée consacré à l'Asie en France derrière le Guimet. Tout est loin d'être parfait, qu'il s'agisse des explications parfois aléatoires ou imprécises ou de la mise en musée, par moments thématique, par moments chronologique. Néanmoins, ce musée possède des pièces intéressantes et surtout très différentes de ce que conserve le Guimet. Un passage par ce musée complète quelques manques du Guimet, ce qui n'est pas si mal tout compte fait. Et puis, quelle admiration dans les yeux de la dame au guichet quand elle a su que l'une d'entre nous étudiait à l'Ecole du Louvre!

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(Bronzes rustiques de l'Himachal Pradesh, Musée Asiatica)

La ville de Biarritz a été partiellement bétonnée de bâtiments assez moches qui cohabitent curieusement avec des exemples superbes du goût curieux des grandes résidences des personnes fortunées de la fin XIXe s. - début XXe s.

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(Biarritz, Villa Roche Ronde)

De même, et c'est regrettable, on a trop souvent utilisé un béton laid et sans âme pour consolider des morceaux de rochers. Le rocher de la Vierge reste néanmoins un lieu agréable où les vents marins nous font un peu oublier les 35°C passés de cette journée!

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(Rocher de la Vierge)

En Bigorre romane

Après toute cette effervescence balnéaire de Biarritz, il nous fallait nous ressourcer dans des lieux moins fréquentés. Et quoi de mieux pour ce faire que de s'aventurer en Bigorre, de l'autre côté du Béarn, vers les Hautes-Pyrénées, pour y découvrir ses abbayes romanes?

Nous sommes donc allés vers l'abbaye d'Escaladieu ("L'échelle de Dieu", rien que cela!). Cette abbaye cistercienne a été fondée vers 1140. Très vite, cette installation a fait florès et est devenue une abbaye-mère de 13 filles, essentiellement en Espagne. Superbe exemple d'architecture romane, elle a néanmoins subie au cours des temps de nombreuses vicissitudes qui l'ont transformé: brigandage, destruction par les armées protestantes, vente du cloître (démonté et installé en Amérique parait-il!), etc... Néanmoins cette ancienne abbaye a tout de même de beaux restes qui témoignent pleinement de toute l'austérité cistercienne (surtout quelques jours après avoir admiré l'exubérance baroque des bénédictins de Melk...)

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(Abbaye d'Escaladieu, entrée romane de la salle capitulaire)

Incidemment, et malgré les diverses mutilations de l'abbaye, on y découvre plusieurs éléments intéressants de la vie des moines: l'armarium (bibliothèque), le scriptorium, le chauffoir (seule pièce chauffée de toute l'abbaye, qui servait aux moines pour dégeler leur encre), etc.

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(Armarium, ancienne bibliothèque de l'abbaye)

A quelques encablures de là, en direction de Tarbes, se trouve l'abbaye de Saint Sever de Rustan, dans le village du même nom. Cette abbaye possède une base romane dont plusieurs éléments sont bien conservés, mais elle a été remaniée à plusieurs reprises dans des styles différents, ce qui lui donne un aspect curieux par endroits. Il s'agissait d'une abbaye de bénédictions, beaucoup moins austères que les cisterciens évoqués précédemment. Ainsi, rien que pour sa partie extérieure, l'abbaye arbore un beau portail roman avec de jolis chapiteaux hélas altérés au fil des siècles...

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(Saint-Sever-de-Rustan, Portail roman de l'église abbatiale)

... tandis que d'un autre côté, c'est une façade classique du XVIIe s. qui se dévoile!

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(Abbaye, façade classique)

Cet aspect composite se retrouve pas mal à l'intérieur des bâtiments, notamment dans l'église, qui combinent voûtes gothiques et coupole romane, éléments renaissance et baroques. La très surprenante sacristie est quant à elle entièrement composée de boiseries d'époque Louis XV.

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(Sacristie)

Les parties extérieures côté cloître ont beaucoup souffert au cours du temps. Certaines parties sont très endommagées et là encore, le cloître a été acheté et enlevé (ça doit être une tradition locale) pour être installé cette fois-ci à Tarbes. C'est regrettable et cela nuit un peu à l'ensemble.

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(Encore un cloître disparu!)

Orthez, de Gaston VII Moncade à Francis Jammes

Contrairement à ce que, comme la plupart des gens, je m'imaginais (trompé en cela par l'association sportive Pau-Orthez) que Pau et Orthez faisaient partie de la même agglomération. Et pourtant, il y a près de 40 km qui séparent les deux villes.

Orthez est une bourgade charmante qui a aussi été capitale du Béarn, après Morlaas et avant Pau. Plus que du Béarn, Orthez fut surtout au XVIe s. une capitale du protestantisme dans la région. Mais outre Jeanne d'Albret, la ville a aussi abrité le fameux Gaston Phébus et doit beaucoup à Gaston VII Moncade, vicomte de Béarn, qui en fit sa capitale au XIIIe s. et y construisit une redoutable forteresse. La ville prit aussi de l'importance de part sa situation sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

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(Orthez, Hôtel de la Lune, halte jacquaire, XIIIe s.)

Bref. Orthez fut également la ville du poète et écrivain Francis Jammes qui passa la majeure partie de sa vie dans la région et vécut très longtemps à Orthez. Dans la Maison Chrestia, typiquement béarnaise, il vécut pendant 10 ans, de 1897 à 1907.

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(Maison de Francis Jammes, Orthez)

Une petite association a installé une exposition consacré à ce poète chrétien très oublié aujourd'hui, comme beaucoup d'autres de son époque. Quelques souvenirs, notamment son bureau, sont également exposés. Sans être géniale, cette maison permet de redécouvrir un peu cet écrivain injustement tombé dans l'oubli.

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(Maison de Francis Jammes)

Au centre de la ville se trouve la très belle maison dite de Jeanne d'Albret, qui abrite l'office du tourisme et un musée du protestantisme béarnais.

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(Maison de Jeanne d'Albret)

En marchant vers le Gave de Pau, on tombe sur le symbole de la ville, le très beau Pont Vieux, un bel exemple d'architecture militaire des XIIIe - XIVe s. avec sa tour défensive qui servit jusqu'en 1814! Ce pont construit par Moncade et achevé par Phébus est désormais piéton et offre une jolie vue sur les belles maisons anciennes qui bordent le Gave et sur le Gave lui-même. Les berges du Gave portent encore les traces d'anciennes fortifications.

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(Pont Vieux, XIIIe s.)

Sur la petite butte qui surmonte la ville, on découvre les restes du château de Gaston VII. Il n'en reste désormais que l'impressionnante tour de 33 m. de haut et quelques bouts de remparts qui dessinent l'ancien tracé des douves. L'intérieur de la tour présente quelques petites choses sur Gaston Phébus et son fameux Livre de chasse.

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(Tour du château Moncade)

En redescendant dans la ville, une petite visite de l'église est intéressante. Pas franchement pour l'extérieur, tant cette église du XIIIe s. a été remaniée au XIXe s., mais plutôt pour l'intérieur où les fenêtres, très étroites, faisaient office de meurtrières dans cette église fortifiée qui faisait partie intégrante du système de défense de la ville.

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(Eglise Saint-Pierre, fenêtres meurtrières)

Voilà pour Orthez, une petite ville sympathique où les vestiges médiévaux sont nombreux et intéressants.

Oloron-Sainte-Marie et ses petits bijoux romans

Au sud-ouest de Pau, au confluent de deux gaves, se trouve la petite ville d'Oloron-Sainte-Marie. La ville est répartie en quatre quartiers bien distincts. Les plus intéressants sont les quartiers anciens de Sainte-Croix et de Sainte-Marie, qui, comme leur nom l'indique, sont chacun dominé par une église.

Pour accéder au quartier Sainte-Croix, il faut grimper au long de la promenade Bellevue qui surplombe la ville d'où s'élève jusqu'à nos narines frétillantes une bonne odeur de chocolat qui émane sans doute de la chocolaterie Lindt.

Là se trouve un quartier ancien aux maisons charmantes au sommet duquel se dresse l'église Sainte-Croix. Il s'agit d'un édifice roman tout à fait intéressant au moins d'extérieur. D'intérieur c'est hélas plus limité, car le bâtiment est en travaux d'une part et extrèmement sombre d'une autre. C'est dommage car la coupole aux influences mozarabes et surtout les chapiteaux historiés et peints avaient l'air très intéressants! Il faudra y revenir...

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(Abside de l'église Sainte-Croix)

Jusqu'ici, malgré l'odeur de chocolat qui ne nous lâche pas, il flotte une légère déception. Il faudra arriver jusqu'à la cathédrale Sainte-Marie - après moults détours - pour la dissiper. En effet, non seulement celle-ci est un beau bâtiment roman, mais surtout elle a gardé dans un état exceptionnel son portail d'époque romane, sur lequel nous nous sommes pas mal attardés.

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(Cathédrale Sainte-Marie, portail roman, XIIe s.)

Les détails fourmillent sur ce portail et en plus des représentations religieuses courantes, on trouve de petits éléments curieux, en particulier une voussure consacrée aux travaux paysans. On peut y voir des gens chasser le sanglier, le tuer, pêcher du poisson, faire du fromage, du jambon, plumer les oies, etc, etc...

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(Portail de la cathédrale, détail des voussures)

L'intérieur est moins fascinant mais joli tout de même. L'un des points de curiosité est le curieux bénitier dit "des lépreux" mais qui semble en fait avoir servi pour les cagots, cette particularité de la région, qui étaient des sortes d'intouchables, avec entrée séparée à l'église, bénitier séparé, etc. Nul ne sait exactement l'origine de cette relégation. Si cela vous intéresse, une longue discussion leur est consacrée sur Passion-Histoire.

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(Bénitier des cagots)

Navarrenx, bastide de charme

Navarrenx est une ancienne bastide médiévale qui a reçu des fortifications bastionnées plus tardivement. La ville, ceinte au milieu de ses remparts est toute petite mais très charmante.

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(Navarrenx bien planquée derrière ses remparts)

Nous avons fait le tour des remparts et sommes entrés dans la ville par un tout petit passage percé dans les murailles. Nous avons découvert l'église, sans intérêt majeur si ce n'est d'avoir été un temps temple protestant sous Jeanne d'Albret. Le tour des remparts est par contre très étonnant. Nous sommes d'abord passés par un petit bastion depuis lequel on pouvait admirer la belle Porte Saint-Antoine qui gardait l'entrée de la cité.

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(Porte Saint-Antoine)

Puis, continuant notre tour, nous sommes arrivés sur une terrasse offrant une belle vue sur les environs, notamment le Pont du XIIIe s, autrefois fortifié sans doute dans le goût de celui d'Orthez.

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(Pont du XIIIe s.)

Sur la terrasse, une large ouverture permet d'observer depuis le haut les gens passant la porte de la ville. Désormais, il y a un avertissement qui résonne un peu comme une invitation...

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(C'est vrai que ça peut être tentant...)

L'église Saint-Girons de Monein, plus grande église gothique du Béarn

Dans cette même région du vignoble de Jurançon, nous avons découvert rapidement l'église Saint-Girons de Monein. Monein, toute proche de Pau, était devenu à la fin du Moyen Age une ville très importante (5000 habitants au XVIe s. pour 700 seulement à Pau). L'église romane devenue trop petite, la ville finança la construction d'une nouvelle, de style gothique et d'une charpente a priori exceptionnelle mais que nous n'avons pas pu voir car il était trop tard.

Sa tour, très imposante et lourde, grimpe à 40 m. de hauteur tout de même!

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(Tour de l'église Saint-Girons, Monein)

Petite curiosité, l'église possède aussi un bénitier réservé autrefois aux cagots. Le pilier où il se trouve est sculpté à sa base d'une tête d'un de ces cagots, visiblement un type barbu avec un visage un peu simiesque...

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(Tête de cagot)

Voilà qui achève ce grand détour un peu au hasard en Béarn et au-delà. J'espère que ces expériences, ces découvertes et ce récit vous auront plu.