01 septembre 2009
Petit tour à Bordeaux
Bordeaux est une grande et belle ville qui a beaucoup fait pour remettre en état son riche patrimoine ces dernières années. Travail de fond dont la ville a été "récompensé" par un classement au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2007. Mais récompense fragile, car depuis deux ans, quelques mauvaises ou stupides décisions ont été prises qui font tousser l'UNESCO au point de menacer la ville du retrait de ce label...
Bref. Bordeaux mérite néanmoins largement d'être découverte et que l'on flâne au hasard de ses rues anciennes. Cette ville de riches marchands au long cours et de négociants en vin conserve l'un des plus beaux ensemble d'architecture civile du XVIIIe s. en France.
Notre balade dans Bordeaux, forcèment suggestive et très incomplète (comment prétendre voir une ville pareille en seulement quelques heures?!) part de la Place des Quinconces pour s'achever vers la Porte de la Grosse Cloche. Nous avons, ce jour-là, décidé de ne pas aller voir de musées, d'une part parce que nous avions déjà vu le Musée d'Aquitaine et que le beau temps invitait plus à la découverte flâneuse.
Nous démarrons place des Quinconces, près du monument aux Girondins.
(Monument aux Girondins, Place des Quinconces)
Cette immense place a été construite sous la Restauration à l'emplacement du château Trompette détruit. Plantée d'arbres, elle accueille depuis le milieu du XIXe s. les statues de Montaigne et de Montesquieu, figures tutélaires de Bordeaux. Depuis 1902, le Monuments aux Girondins dresse sa haute colonne à 50 m. de haut au-dessus de deux fontaines accolées à son socle. Glorifiant les députés Girondins décapités sous la Révolution française, ce monument est une merveille de sculpture de la IIIe République, en particulier en ce qui concerne les statues allégoriques des fontaines.
(Monument aux Girondins, Fontaine)
Après avoir traversé la place et passé entre les deux grandes colonnes rostrales, nous accédons directement aux quais, larges et plutôt bien aménagés, que nous longeons un bon moment, admirant la vue sur la Garonne, le Pont de Pierre, et le centre-ville. Le long des quais s'alignent de belles façades classiques, comme dans l'ensemble de la ville. Cette promenade est particulièrement agréable au point que nous la prolongeons trop au-delà de là où nous voulions tourner pour revenir dans la ville.
(Vue sur la ville depuis quai des Chartrons)
Qu'à cela ne tienne, nous bifurquons tout de même et pénétrons dans le beau quartier des Chartrons (du nom d'un ancien couvent de Chartreux), bordé de beaux hôtels particuliers illustrant la richesse de leurs anciens propriétaires, souvent de riches négociants. Pourtant, rien d'écrasant dans cette architecture, tout est à taille humaine et y flâner est un vrai plaisir, surtout avec les boutiques d'antiquités qui y abondent.
(Quartier des Chartrons)
Dans ce quartier se trouve ce qui est aujourd'hui le musée d'art contemporain, installé dans le très bel entrepôt Laîné, construit en 1824 pour entreposer les nombreuses denrées coloniales drainées par la ville (sucre, café, coton, etc). Si l'extérieur est grandiose mais un peu austère, l'intérieur vaut franchement le coup d'oeil.
(Ancien entrepôt Laîné)
Nous nous dirigeons ensuite vers un agréable jardin public qui nous mène dans des rues extérieures où est situé un bel hôtel particulier, mais qui n'est pas visible de la rue...
(Jardin public)
Nos pas finissent par nous mener vers le Palais Gallien, seul vestige visible de la Burdigala antique. Le Palais Gallien est un édifice tout à fait intéressant au nom menteur. Nul ne sait pourquoi on a appellé Palais Gallien ce qui n'est pas un palais mais un amphithéâtre et qui n'est pas de l'époque de Gallien mais peut-être de celle d'Auguste.
Toujours est-il que ces ruines gardent un bel aspect romantique et témoignent de la longue histoire de Bordeaux et de l'importance primordiale déjà occupée par ce site aux époques celtiques et romaines. Il s'agit en effet d'une arène qui pouvait accueillir autour de 15 000 spectateurs! (à titre de comparaison, c'est équivalent aux arènes de Lutèce ou à l'amphithéâtre de Grand, ce qui faisait une arène importante mais pas démesurée non plus).
(Palais Gallien)
Nous marchons un petit moment à travers de belles rues toujours bordées d'immeubles superbes, avant d'arriver au quartier de Saint-Seurin.
(Rue du Dr. A. Barraud)
La basilique Saint-Seurin est un édifice un peu excentré mais dans lequel nous n'avons pas regretté d'être allé. Il s'agit d'une des plus vieilles églises de la ville et elle garde des parties romanes intéressantes ainsi que plusieurs éléments gothiques curieux, en particulier le siège épiscopal en pierre. Autre curiosité aussi, la présence de deux très beaux retables en albâtre, retraçants en plusieurs petits bas-reliefs les vies, pour l'un de Saint Seurin, pour l'autre de la Vierge. Seul regret: la crypte n'était pas ouverte.
(Basilique Saint-Seurin, Siège épiscopal, XIVe - XVe s.)
Nous remontons ensuite vers le quartier de la cathédrale. Nous passons devant la Porte Dijeaux, non sans admirer les immeubles du centre-ville et leurs façades classiques agrémentées de mascarons très divers.
(Mascaron)
Puis il était déjà largement l'heure de faire une pause gourmande, avec un passage obligé chez Baillardran pour acheter le fameux cannelé bordelais, délicieuse spécialité sucrée croquante à l'extérieur et moelleux à l'intérieur. Un bonheur.
(Miam!)
Comme nous étions dans le secteur, une ballade du côté de la cathédrale s'imposait. Le courage nous manquait pour en monter les 230 marches, mais nous avons tout de même jeté un oeil à la tour Pey-Berland, très haute et très belle, qui est toujours restée isolée de la cathédrale toute proche.
(Tour Pey-Berland)
Cathédrale que nous manquâmes pas de visiter également. Cette belle cathédrale gothique n'est cependant pas l'une de celle qui m'a le plus touché, je ne saurais dire pourquoi, du moins en ce qui concerne l'extérieur. L'intérieur me semble plus intéressant, notamment pour la belle élévation gothique de ses voûtes et surtout pour la tribune d'orgue, un travail de la Renaissance qui est de toute beauté (il s'agirait de l'ancien jubé que je ne serais pas surpris).
(Cathédrale Saint-André, Tribune d'orgues)
Juste en face de la cathédrale se trouve le Palais Rohan (oui, comme à Strasbourg, ils sont forts ces Rohan!), un très beau palais néoclassique du XVIIIe s. qui fait aujourd'hui office d'hôtel de ville.
(Palais Rohan)
Depuis là, nos pas nous mènent vers le Grand Théâtre, un autre morceau de bravoure de l'architecture néo-classique en vogue à la fin du XVIIIe s.
(Grand Théâtre)
De retour sur les quais, nous passons sur la belle place de la Bourse, très harmonieuse, toujours de la même époque, comme l'essentiel du vieux Bordeaux. En face de cette place se tient un "miroir d'eau", un truc qui semble ravir petits et grands bordelais et qui consiste en fait en une grande dalle de granit recouverte d'eau.
(Place de la Bourse)
La place de la Bourse est la première d'une série de trois places charmantes où nous allons successivement. Ainsi, nous découvrons la belle place du Parlement, organisée autour d'une fontaine et la place Saint-Pierre dominée par l'église du même nom et un vieil arbre. Tout cela est des plus agréables.
(Place Saint-Pierre)
Une dernière place, la place du Palais, nous mène à la Porte Cailhau, un monument particulièrement étonnant.
(Porte Cailhau)
Il s'agit d'une porte monumentale faisant également office d'arc de triomphe. Son iconographie est dédiée à la célébration de Charles VIII et ses succès militaires au cours des guerres d'Italie. Elle a été édifiée en 1495.
(Porte Cailhau, détail)
Après cela, nous nous enfonçons vers les secteurs de la rue Ausone et de la rue Neuve. Pas mal de rues et ruelles étroites, un plan médiéval évident et beaucoup de charme même si le quartier semble un peu moins vivant que le reste de la ville. Parmi les maisons, celle de Montaigne et au bout d'une superbe impasse, la maison de Jeanne de Lartigue, la femme de Montesquieu. Une très belle maison située hélas dans une cour intérieure fermée d'une grille. Un peu frustrant pour nous même si l'on comprend que les gens veuillent pouvoir vivre tranquilles sans être enquiquinés par les touristes (même s'il ne semble pas en passer beaucoup par ici).
(Maison de Jeanne de Lartigue)
Mais la journée a été fatigante et elle tire à sa fin. Nous avons marché pendant près de 5 heures dans cette belle mais grande ville et il est temps d'aller reprendre le tram (puis le train pour Paris le lendemain matin). Avant, nous jettons tout de même un oeil sur la Porte de la Grosse Cloche, un des symboles de Bordeaux!
(Porte de la Grosse Cloche, XVe s.)
Bien sûr, ceci n'était qu'un aperçu bien succinct des richesses de Bordeaux. Il nous faudra y revenir, mais c'est pour une prochaine fois. En attendant, comme dans toute bonne histoire, il faut écrire le mot...
(Et oui, nous sommes à Bordeaux tout de même!)
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