06 septembre 2009
L'Inde en fête... à Paris
(Affiche en français...)
Chaque année depuis presque 15 ans, la communauté indienne (essentiellement tamoule) de Paris organise, fin août - début septembre, une fête consacrée au dieu Ganesh. A l'instar de celles qui existent en Inde, cette fête est très joyeuse, colorée et pleine de monde. De plus en plus de monde chaque année d'ailleurs.
Je précise juste que le dieu Ganesh, très populaire en Inde, protège les voyageurs, les professions intellectuelles, les étudiants et surtout, ce qui est le cas de beaucoup d'Indiens à Paris, les commerçants! A condition de le gâter par de belles offrandes, ce qui, pour ce dieu gourmand, se traduit par des fruits, des gâteaux, des douceurs.
(...et en langue tamoule)
Aller à la fête de Ganesh, c'est toujours un moment invraisemblable, une plongée dans un autre univers. Nous sommes bien à Paris - on y accède en métro - et sitôt sortis de la station, nous pénétrons dans une Inde festive et doucement kitsch, avec de l'haussmanien autour. L'ensemble forme une ambiance assez unique, entre spectateurs surpris du spectacle et ferveur religieuse des Indiens qui sont légion à vivre et tenir commerce dans ce quartier proche de la Gare du Nord.
(Un autel à Ganesh)
Un peu partout, le long des rues, devant les commerces, s'installent de petits autels dédiés au dieu Ganesh. Certains portent juste des fruits, d'autres une statue du dieu en plus. Et, plus qu'il y a deux ans lors de notre première découverte de cette fête, il y a nombre de ces commerçants indiens qui y voient une belle aubaine pour tenter au passage d'y vendre divers babioles et cochonneries kitsch.
(Installation)
On peut même apercevoir des fleurs tracées à la craie à-même le trottoir, symbole de bonne augure pour le commerce. Le sol est préalablement mouillé pour permettre à la craie de mieux tenir.
(Dessin en cours)
Puis, peu après vient la clameur du défilé qui arrive. Il est parti du temple consacré à Ganesh quelques rues plus loin et il va défiler pendant plusieurs heures dans le quartier indien au rythmes des chants, de la musique et des danses.
Tout d'abord, ce sont deux premières voitures, dans lesquelles on peut acheter des fruits à apporter en offrande à Ganesh.
(Distribution de fruits)
Ces voitures sont immédiatement suivies par une première série de porte-emblèmes qui escortent une grande statue d'éléphant en résine.
(Eléphant en résine)
Viennent ensuite une série d'autres gens porteurs d'emblêmes et d'étendards, suivis par les porteuses d'encens qui répandent cette odeur capiteuse dans les rues.
(Joli étendard)
(Porteuses d'encens)
La suite est proprement impressionnante. Des musiciens battent du tambour afin de donner le rythme à des danseurs lourdement harnachés d'une sorte de grande tour sur la tête.
(Danseurs)
Il y avait également, détail absent voici deux ans, des danseurs déguisés en cavaliers... de façon étrange.
(Un bien curieux cavalier)
La suite de la procession était composée d'autres porteuses d'encens et d'une nouvelle série de danseurs, tout aussi péniblement chargés que les précédents. Et ils en ont pour quatre bonnes heures de trajet à marcher en dansant ainsi.
(Courageux danseurs)
Quelques personnes munies d'une longue flûte les accompagnaient, juste avant qu'on ne voit apparaître les nombreux tireurs du char de Ganesh, enfin!
(Oh-hisse!)
Dans le char de Ganesh se tient, outre une belle statue du dieu en question avec cinq têtes, un type enturbanné qui a pour office, lorsque le char, tous les 20 mètres environ, s'arrête, de bénir les offrandes qu'on lui présente en y plaçant des fleurs. De nombreuses personnes vont faire bénir leurs offrandes avec une grande ferveur.
(Char de Ganesh)
(Char de Ganesh, vue de l'arrière)
Juste après, même rituel, sauf que cette fois-ci il s'agit du char de Skanda (Murugan en tamoul), le frère de Ganesh. Seule différence, son char est tiré par des femmes (et quelques hommes, plus rares, qui filent un coup de main). En son sein, toujours une statue du dieu et un homme qui distribue les fleurs et semble bénir les offrandes qu'on lui tend. J'ignore pourquoi certains recherchent la bénédiction de Ganesh et d'autres celle de Skanda, qui n'est pas délaissé bien que la ferveur qui l'entoure soit moindre.
(Char de Skanda)
Après son passage, c'est la fin du défilé, il ne reste plus qu'aux employés de la ville de Paris à nettoyer la multitude de débris de noix de coco que les gens fracassent au passage des chars.
(Nettoyage)
Pour finir notre balade dans le Paris indien, nous sommes allés vers le temple de Ganesh. Loin des acclamations et du bruit du défilé, il y avait pourtant foule devant ce temple situé au fond d'une cour dans un immeuble et qui est actuellement en travaux. Nous nous sommes abstenus d'y entrer, n'ayant pas spécialement d'offrandes à y faire et ne voulant pas nous immiscer dans ce jour de ferveur.
(Devant l'entrée du temple)
Nous avons eu la chance ensuite, dans la même rue, de nous faire offrir un thé noir très épicé et très sucré, que des indiens distribuait gratuitement en ce jour festif. D'autres distribuaient du lassi (spécialité indienne lactée et aromatisée).
(Miam, du bon thé)
Et enfin, histoire de parfaire notre côté indien, déjà bien entamé avec l'un de ses fameux "troisième oeil" qu'un indien m'avait appliqué sur le front pendant le défilé, nous avons acheté - ultime piège à occidental - une jolie guirlande de jasmin très odorant.
(Jasmin)
Voilà pour ce qui concerne cette très belle et dépaysante fête du dieu Ganesh. Qu'il nous protège toute cette année durant!
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