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(Hommage à Jules Verne sur le port de Vigo. L'écrivain français parle de la ria de Vigo dans 20 000 lieues sous les mers)

Après ces six interminables heures de train donc nous débarquons à Vigo, grand port de pêche, de commerce et d'industrie niché au bord d'une ria. La ville est grande (près de 300 000 habitants), moderne mais curieusement, l'abord en est moins rébarbatif que dans la plupart des autres villes pourtant dotées d'une meilleure réputation.

La ville moderne, dotée de nombreux édifices art nouveau et art déco, est plutôt élégante et semble prospère.

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(Ville moderne)

L'hôtel que nous avons réservé est à la lisière des villes ancienne et moderne et du bord de mer. Il est plutôt agréable, l'accueil est sympathique, le service impeccable, il est peu onéreux et les chambres ont de belles moulures au plafond. Une heureuse surprise.

La vieille ville de Vigo est constituée par les anciens quartiers de pêcheurs. Elle est en hauteur et domine le port. Hélas, ici, la richesse n'est pas évidente. De nombreuses maisons sont délabrées, certaines rues paraissent mal famées. Et cela est regrettable, car avec un petit peu de nettoyage et de remise à neuf, il pourrait être tout à fait pimpant et deviendrait un des intérêts touristiques d'une ville qui est le parent pauvre des guides de tourisme dans le nord de l'Espagne alors qu'elle fait une étape très agréable.

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(Vieille ville. Il ne faut pas exagérer non plus l'état de la vieille ville, j'ai choisi exprès la photo de la maison la plus pourrie du quartier.)

Au coeur de cette vieille ville tortueuse se niche la cathédrale, un bâtiment néoclassique qui a pour particularité d'abriter une statue du Christ très vénérée, nous nous en rendrons bientôt compte.

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(Cathédrale Santa Maria)

Après un très rapide tour dans la vieille ville et en front de mer, nous nous couchons, décidés à profiter le lendemain des attraits que peut nous offrir la mer, puisque pour la première fois de ce voyage, nous nous trouvons dans un port.

Après un petit-déjeuner tout à fait sympathique pris à l'hôtel, nous nous dirigeons vers le port, à la recherche de la station maritime pour embarquer éventuellement jusqu'aux îles Cies, à une demie-heure au large, qui ferment la ria de Vigo. Nous n'avons aucun mal à trouver la station puisqu'à peine sur place nous sommes alpagués par une rabatteuse (qui pour une fois fut utile même s'il faut avouer qu'ils sont un peu pénibles dans cette ville, il y en a pour à peu près tout: restaurants, visites, etc. A la longue c'est lourdingue.)

Nous prenons donc nos tickets et flânons sur le port en attendant l'embarquement.

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(Port de pêche)

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(Bâtiments portuaires)

Vu la couleur du ciel, à peine installés dans le bateau, il est temps de passer à l'inévitable tartinage de crème solaire pour éviter la couleur homard et la douleur à la fin de la journée. Même si cela n'empêchera tout de même pas le soleil de nous brûler un peu...

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(Arrivée vers les îles Cies)

L'un des grands intérêts des îles Cies et ce pour quoi j'ai décidé d'y aller, c'est que l'endroit est une réserve d'oiseaux où ils viennent nicher par milliers.

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(Goélands, îles Cies)

L'essentiel des touristes qui viennent sur ces petites îles est espagnol et n'en a rien à cirer des oiseaux. Eux viennent plutôt pour la superbe plage de sable blanc qui relie les deux îles. Un certain nombre d'entre eux vient carrèment là pour se faire bronzer tout nu...

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(Îles Cies)

Comme l'activité consistant à s'étaler, tout nu ou pas, sur une plage pour y cuire d'un côté puis de l'autre m'a toujours laissé perplexe (mais que ceux que cela amuse le fasse, ils ne me gênent pas), nous sommes plutôt allés marcher sur les sentiers qui parcourent les îles, entre les pins et les eucalyptus. Evidemment comme toujours, dès que l'on s'éloigne un peu, on se retrouve quasiment tous seuls, ce qui n'est pas mal pour une aussi agréable balade.

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(Îles Cies)

En crapahutant dans les sommets de l'île, nous entendons des quantités d'oiseaux dans les arbres, sans en apercevoir un seul.

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(Îles Cies)

Et puis, heureuse surprise, en retombant vers la côte proprement dite, c'est toute une colonie de goélands argentés qui glande à quelques mètres de nous.

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(Goélands, îles Cies)

Nous eussions bien poursuivi notre exploration, hélas le temps nous pressait un peu. En effet, ne sachant pas bien combien de temps nous devions rester sur les îles, j'avais pris le retour par bateau pour 15h00. Ce qui nous laissait presque trois heures sur place pour se balader. Trois heures bien longues si les îles s'étaient révélées décevantes... mais elles ne le furent pas, ce qui rendit les trois heures un peu courtes... Tant pis, une prochaine fois...

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(Les îles sont également un espace de protection pour la faune aquatique)

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(Îles Cies, près du ponton pour l'embarquement de retour à Vigo)

De retour dans la ville, nous nous dirigeons vers le Parc du Castro pour y casse-croûter. La montée est un peu raide, mais au sommet du parc se dévoile une belle vue sur le port et sur l'ensemble de la ville.

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(Vue sur le port depuis le parc du Castro)

Au sommet une belle forteresse du XVIIe s. domine la ville. Elle est aujourd'hui aménagée en un très agréable jardin public.

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(Forteresse de Vigo)

En montant vers la forteresse, nous avions aperçu des ruines et des sortes de huttes: il s'agit du castro (voir ici) qui a donné son nom au parc. Ne sachant pas trop si cela se visitait et à quelle condition, nous y redescendons pour nous renseigner, non sans faire la connaissance sur le chemin d'un sympathique chien très joueur... faute d'avoir des chats gentils dans ce pays, il nous a bien fallu nous rabattre sur les chiens.

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(Bon, tu le lances ce bout de bois pendant que je fais semblant de ne pas regarder?)

Finalement nous parvenons au castro après que le chien se soit trouvé d'autres copains. L'entrée est gratuite et l'on vous distribue un papier qui traduit en espagnol les différents panneaux du site qui sont uniquement en langue galicienne.

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(Castro de Vigo)

Ce site est un exemple de mise en valeur des fouilles archéologiques, le mieux que l'on puisse faire pour la pédagogie archéologique et historique: la partie fouillée du site est là, mise au jour et commentée, tandis que juste à côté, une très belle reconstitution d'archéologie expérimentale tente de mieux rendre compte du mode de vie et de l'organisation des maisons dans ces castros. Le site est petit mais proprement passionnant et on comprend ainsi mieux, sur le terrain, cette part importante de la culture hispanique pré-romaine puis romanisée.

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(Dans une des maisons, amphores pour le vin ou l'huile)

Un travail vraiment exceptionnel a été fourni sur ce site et chaque habitation fourmille de détails inspirés par les découvertes réalisées. De quoi rendre l'archéologie plus vivante et concrète pour le grand public.

A priori, le groupe de trois habitations formait une seule et même maison abritant une même famille avec ses biens et ses réserves. Les formes rondes seraient les formes traditionnelles les plus anciennes, avec un toit en paille, tandis que la partie carrée avec un toit de tuiles serait liée à la romanisation.

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(Reconstitution d'un foyer)

Les parties mises au jour ne sont qu'un tout petit ensemble par rapport à la taille totale supposée du castro, qui devait concerner l'essentiel de la colline. Une zone comprise dans le grillage mais encore gazonnée doit être, si j'ai bien compris, fouillée également dans un proche avenir.

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(Ruines du castro de Vigo)

Nous finissons la découverte de cette ville étonnante par un retour sur les grandes avenues, près de la Porta do Sol, dominée par la sculpture du Sireno, un étrange homme-poisson.

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(El Sireno, Porta do Sol, Vigo)

Nous voulions aussi en profiter pour visiter la cathédrale. Cela fut impossible mais néanmoins intéressant: elle était remplie à craquer de gens qui assistaient à une messe permanente. Renseignement pris, nous étions à la veille de la plus importante fête religieuse de la ville, qui allait avoir lieu le lendemain soir!

Finalement, la soirée s'est achevée dans un restaurant de fruits de mer devant de bonnes huîtres.

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(Miam!)

Le lendemain, soit le dimanche premier août, nous sommes partis à quelques kilomètres au nord de Vigo, nous balader dans la vieille ville de Pontevedra.

Comme ce billet est consacré à Vigo, j'ai séparé la partie consacrée à Pontevedra pour en faire un autre article que vous pouvez lire ici: Escapade à Pontevedra.

La visite de Pontevedra achevée, nous sommes rentrés à Vigo où, comme depuis notre arrivée, les ventes de cierges ne s'arrêtaient pas.

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(Marchand de cierges pour la procession)

Chaque premier dimanche d'août, la ville célèbre la fête de son protecteur, le Christ de la Victoire, qui les a aidé à vaincre les troupes napoléoniennes quand la ville s'est soulevée en 1809.

Cela se fait au moyen d'une messe (retransmise par écran géant) puis par la procession de la statue à travers toute la ville, accompagnée par une foule très dense qui trimballe des cierges en cire d'abeille plus ou moins grands.

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(Devant la cathédrale)

La sortie du Christ de la cathédrale est un moment particulièrement applaudi.

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(Christ de la Victoire)

Tout au long de la procession, des gens s'ajoutent ou se retirent au cortège. Un certain nombre va à la cathédrale où les cierges et ex-voto en cire sont récupérés. C'est assez impressionnant.

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(Entrée de la cathédrale)

Entre temps, nous sommes allés manger (des huîtres à nouveau, bonnes également mais qui nous rendirent malades les jours suivants...). Puis nous sommes revenus du côté de la Porta do Sol pour assister à l'essentiel de la procession. Nous y vîmes d'abord les gens en costumes traditionnels, représentant diverses paroisses, tout un tas d'officiels dont les "Chevaliers de Vigo", une fanfare, des jeunes catholiques qui préparent les JMJ de 2011 à Madrid, des dames en noir et en mantille, à nouveau le Christ.

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(Costumes traditionnels)

Enfin, une fois le Christ passé, une cohorte de curés le suivaient, ainsi que l'évêque de Tui-Vigo, quelques officiers et, fermant la marche, l'armée espagnole.

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(Au fond, l'évêque de Tui-Vigo, Mgr Luis Quinteiro Fiuza)

Au final, Vigo nous aura émerveillé et surpris de façon très positive, que ce soit par les belles îles qui ferment sa ria, par son castro très bien mis en valeur ou par la plongée intense dans la foi catholique espagnole qu'elle nous a offerte. Nous garderons un excellent souvenir de cette ville charmante.