La soeur de ma fiancée a passé une année à Cardiff, sous le prétexte officiel d'y faire des études. Nous savons tous très bien que c'est un Docteur sans nom qui voyage dans une boite bleue qui l'a attirée... Cette série de la BBC est en effet la plupart du temps tournée sur place.

Ce qui est une très bonne chose, car cela nous a donné une excuse pour quelques jours de vacances au Pays de Galles. Tout le monde connait vaguement le Pays de Galles, on pense que c'est une vague extension de l'Angleterre, pleine de moutons. On n'a pas tort pour les moutons. Pour le reste, c'est assez différent de l'Angleterre, surtout à mesure de l'on pénètre plus en profondeur dans le pays. Mais nous verrons tout cela un peu plus tard.

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(Le dragon rouge, symbole du Pays de Galles. Château de Cardiff)



Première grosse différence donc, qui nous saute aux yeux dès la descente d'avion : la langue galloise. Certes, tout est bilingue gallois/anglais - et heureusement - mais le gallois est partout, avec ses w, ses y, ses Ll. A Cardiff, ne nous l'entendrons pas prononcer, mais encore une fois, il en sera autrement dans le reste du pays.

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(A l'aéroport)



A l'aéroport, nous voilà, peu nombreux, à attendre le car qui nous amènera au centre de Cardiff. Le prochain n'est cependant que dans une bonne demie-heure et il n'y a rien d'autre à faire de patienter, entre Français. Et puis, finalement, l'idée germe d'aller prendre un taxi, tout le monde se rendant à Cardiff, et de partager les frais. Au final, par personne cela revient un peu plus cher que le bus, mais pas beaucoup. Dans le taxi, la discussion s'engage, aussi bien avec le taximan, un sympathique vieil anglais comme on en voit dans les séries et les films, très agréable. Mais aussi avec le jeune couple - à peu près dans nos âges - avec lequel nous sommes montés. Il s'avère qu'eux aussi viennent rendre visite à la soeur de l'un d'entre eux, qui est en études à Cardiff notamment par passion pour la série Doctor Who. Et bien entendu, les deux fangirls se connaissent très bien et sont très amies! C'est sous le signe de ce hasard plaisant que débute donc notre séjour au Pays de Galles. Il y a pire. Et nous voici rendus devant la gare de Cardiff, un lieu pratique pour se repérer.

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(Gare de Cardiff)



Nous avons l'intention un peu vague de nous promener dans la ville tout en nous dirigeant doucement vers notre hôtel, situé un peu à l'écart du centre. Mais en fait, un peu par hasard, nos pas nous mènent devant l'entrée du Bute Park, l'un des plus grands parcs urbains de Grande-Bretagne, imaginé à l'époque victorienne par le paysagiste Andrew Pettigrew pour les Marquis de Bute, une des familles les plus riches du royaume.

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(Entrée de Bute Park)


Nous marchons un peu dans le parc, contournant le château de Cardiff et ses imposants remparts, dont nous faisons finalement le tour complet.

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(Remparts du château de Cardiff)



Devant l'entrée du château, nous décidons de pénétrer dans la cour, pour au moins avoir un aperçu. Je pensais bien le visiter, mais peut-être après avoir déposé le sac à l'hôtel, ou le lendemain, ce n'était pas planifié. Et puis finalement, quand l'une des gardiennes, une jeune française, nous indique que demain cela ferme plus tôt en raison de festivités liées au football (l'équipe locale accède à la Premier League), nous convenons de faire la visite de suite. L'entrée est, comme souvent sur cette grande île, assez chère. Mais le lendemain, pour passer une journée entière dans un musée de plein air, nous ne paierons aucun droit d'entrée. Je serai toujours ébahi de cette politique du tout ou rien.

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(Entrée du château de Cardiff)



A l'intérieur des remparts, le château est composé de deux parties. On retrouve des éléments déjà vus à Douvres ou à la Tour de Londres, mais de façon moins aboutie. Sur les ruines du fort romain précédent, Robert Fitzhamon, auquel Guillaume le Conquérant avait laissé le champ libre dans la région, fait bâtir une motte castrale (en bois donc), qui fut rebâtie en pierres au XIIe s. Il en subsiste aujourd'hui les belles ruines de cet imposant donjon.

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(Donjon normand, château de Cardiff)



Malgré tout l'intérêt de ce donjon, où nous irons nous promener plus tard, le plus étonnant dans le château de Cardiff est ce corps de bâtiment construit au XVe s., agrandi au XVIIIe s. mais surtout très largement remanié au XIXe s. par le 3e marquis de Bute.

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(Château de Cardiff, corps principal du château, XVe-XIXe s.)

 

Richissime, celui-ci a fait concevoir par l'architecte  William Burges, des éléments extérieurs (les tours) mais surtout les salles intérieures dans un goût très fantaisiste. On se dit bien quand on voit l'extérieur que l'intérieur doit être plutôt sympathique si l'on apprécie les demeures du XIXe s., mais on n'est tout de même pas préparé à quelque chose de cette ampleur.

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(Tour de l'horloge, XIXe s.)



Et c'est vrai que dès l'entrée, les vitraux représentant quelques anciens rois d'Angleterre ne laissent pas de doute sur le goût XIXe s. On s'imagine alors un château à la façon de Viollet-le-Duc, qui cherche à reconstituer un état passé fantasmé. Mais ce n'est pas vraiment cela, bien que l'inspiration du maître français transparaisse souvent; en réalité, on est bien dans la demeure d'un aristocrate très riche, ouvert sur le monde et l'exotisme, tout en restant bien ancré dans l'histoire anglaise et tenant à l'affirmer bien clairement. La juxtaposition de tout cela donne un résultat assez unique, qui mérite en tout cas largement la visite et le prix du billet d'entrée (le lieu est géré par le Cadw, l'équivalent gallois du English Heritage).

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(Vitraux, XIXe s. Henry VIII et Jane Seymour)

 

Car en effet, la visite se poursuit à l'étage où au bout d'un couloir, une petite porte nous ouvre l'accès à une salle incroyable, la chambre arabe. Conçue par l'architecte Burges en 1881, c'est sa dernière réalisation pour ce château. Il s'agit de la reprise d'éléments architecturaux de mosquées arabes, mais agencés pour en faire une sorte de petit salon privé, voire de chambre.

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(Chambre arabe, 1881)

 

En effet, les styles se mélangent et malgré tout l'on reste bien au Pays de Galles, dans un décor oriental de fantaisie : les faïences type Iznik, les moucharabieh et le plafonds à muqarnas côtoient un radiateur peint en imitation marbre ou une mosaïque représentant deux lions tenant le blason familial au dessus de la cheminée! C'est en tout cas magnifique et franchement étonnant.

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(Chambre arabe, 1881)

 

Une très grande salle, appelée salle de banquet, occupe un très vaste espace. Cette salle, qui se veut très médiévale, est en réalité une totale création du XIXe s. victorien. Rien de semblable n'existait dans le château bâti au XVe s. dont seuls les murs ont été conservés. Il a fallu à Burges réunir sept chambres pour obtenir ce résultat surprenant, très savamment conçu, depuis sa superbe voûte jusqu'au plus petit détail. Car c'est la constante de ce château : en ce qui concerne la décoration, le bonheur est dans les détails. Il semble que le lieu soit prisé par les jeunes mariés de la région : de belles photos dans le parc et une salle de repas hors du commun.

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(Salle de banquet, XIXe s.)

 

Le grand décor peint qui orne les murs de part et d'autres de la cheminée sont des épisodes historiques d'un seigneur de la région au XIIe s., bâtard du roi Henry Ier. Cette façon de faire rappelle beaucoup les grandes commandes publiques de la même époque qu'on peut voir en France notamment à l'hôtel de ville de Paris. Plus que ces peintures, quelle que soit leur qualité, on est surpris du registre plus disparate et plaisant des personnages vivants dans peintures près des fenêtres ou sur les fûts des colonnes.

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(Un rouge-gorge, détail d'une colonne de la salle de banquet)

 

Le répertoire est varié et se veut une sorte d'accompagnement de la salle, à la manière des petits personnages vivants dans les lettrines ou les marges des manuscrits enluminés. C'est clairement de ce côté-là qu'on est allé chercher l'inspiration, en particulier pour ce qui est des animaux fabuleux, très nombreux.

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(Deux animaux fabuleux, détail de la salle de banquet)

 

Parfois, c'est plutôt les fables de La Fontaine (ou d'Esope) : on peut ainsi voir une grenouille tentant de se faire aussi grosse que le boeuf.

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(La grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf, et un singe musicien)

 

Mais cette frénésie décorative ne s'occupe pas que de peinture; la sculpture n'est pas en reste, avec des éléments animaliers en haut-relief qui s'intègrent au propos de la peinture dont il semble sortir. Un peu comme la 3-D au cinéma, mais bien mieux fichu et qui ne fait mal ni aux yeux ni à la tête.

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(Truite, élément décoratif de la salle de banquet)

 

Dernier petit détail sur lequel je souhaite m'arrêter (il y en aurait encore plein d'autres!) : le manteau de la cheminée représente un homme à cheval entrant dans un château fort. Mais il est agrémenté d'un détail amusant : dans ce château, un espace est découpé, fermé par des barreaux métalliques et l'on a sculpté à l'intérieur la tête d'un personnage, qui semble ainsi être emprisonné dans le château. Observez en dessous les rinceaux de vignes habités de petits lapins.

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(Détail du manteau de la cheminée, salle de banquet)

 

Malgré cette impressionnante pièce, nous ne sommes pas dans un château essentiellement consacré à l'apparat, mais bien à l'habitation. Ainsi, contrairement à Versailles où seules les parties visibles sont soignées et décorées, les espaces réservés au petit personnel demeurant désespérement blancs, ici le moindre escalier est l'objet d'une grande attention dans la décoration. Celui ci-dessous n'est pas un escalier de service, mais l'escalier principal permettant à Lord Bute de passer de la salle de banquet à sa bibliothèque.

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(Escalier octogonal)

 

Il convient de noter que dans toute cette fantaisie, quelques éléments rappellent un peu la personnalité de Lord Bute : car si toute cette salle est ornée d'une décoration bien profane, il est à remarquer qu'au fond de la pièce se trouve un buffet sculpté qui peut se transformer en autel et qu'une petite chapelle fait suite à la salle de banquet. Bien que sujet de Sa Majesté britannique, Lord Bute était un fervent catholique.

Allez, je voulais m'arrêter là, mais je ne résiste pas au plaisir de vous soumettre encore un animal fabuleux et musicien, un dernier pour la route avant les pièces suivantes.

Salle de banquet, détail (13)

(Animal fabuleux, détail de la salle de banquet)

 

Les deux salles par lesquelles nous passons ensuite, la petite salle à manger, beaucoup plus intime, ainsi que la salle de réception, bien que très belles toutes les deux, paraissent presque un ton en dessous après la débauche de motifs décoratifs de la salle de banquet.

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(Plafond, petite salle à manger, 1881)

 

La petite salle à manger est inachevée à la mort de Burges et les murs, au lieu d'être peints, sont recouverts d'une tenture verdâtre, ce qui lui confère un aspect plus sombre et moins gai, malgré le travail réalisé et achevé sur le plafond et la cheminée.

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(Cheminée, petite salle à manger, 1881)

 

Et puis... et puis l'on arrive dans la salle de réception. Et là c'est un choc! Une pièce néo-classique, du XVIIIe s. finissant dans toute sa splendeur. A vrai dire, c'est la seule pièce du château qui ait conservé son aspect originel, Lord Bute ne l'ayant pas fait modifier, se contentant d'y amasser des quantités d'objets et de bibelots.

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(Salle de réception, vers 1780)

 

A la suite s'ouvre la porte vers la bibliothèque, qui se trouve situé au-dessous de la salle de banquet. Elle n'a pas grand chose à lui envier. Loin d'être une sorte de "salon lecture", son agencement est presque celui d'une bibliothèque publique, mais très élégante et avec beaucoup de boiseries. C'est l'une des premières pièces que le marquis de Bute a commandé, accordant beaucoup d'importance à ses collections de livres.

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(Bibliothèque, années 1870)

 

Il est à noter que, passionné par le passé et l'époque médiévale en particulier, Lord Bute n'en était pourtant pas moins très à la pointe des progrès de son temps; ainsi,il fait doter les tables de lectures de la bibliothèque de radiateurs reliés au système de chauffage central du château.

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(Les singes et le livre, cul-de-lampe, bibliothèque)

 

Moins chargée que la salle de banquet, elle n'en demeure pas moins abondamment garnie de petits sujets décoratifs ayant trait à la littérature, la lecture ou simplement par fantaisie, de petits animaux, des singes notamment, qui jouent dans les colonnes et les éléments végétaux. Mais le plus remarquable de ces petites curiosités, c'est sans doute les animaux qui ornent chacune des bibliothèques, par paire. En lieu et place de lions, d'aigles ou de dragons, les ébénistes (Lord Bute entrenait un atelier d'artisanat dédié uniquement à travailler pour son château), sur conception de Burges, ont réalisé des castors, des ornithorynques, des tatous ou des pangolins! Toutes sortes d'animaux exotiques très rarement utilisés dans les arts décoratifs, à plus forte raison en Europe!

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(Ornithorynque, détail d'une des bibliothèques)

 

L'élément central de la pièce n'est cependant pas là mais sur le manteau de cheminée, sensé représenter les cinq langues antiques. Un programme iconographique assez rare encore une fois, mais qui témoigne bien du goût de son époque : passion pour les découvertes archéologiques, (re)découverte des langues anciennes et une bonne dose de fantasme et de rêverie par dessus. Nous avons donc, par ordre d'apparition de gauche à droite : le grec, l'assyrien, les runes, les hiéroglyphes et l'hébreu (ouvrez dans une nouvelle fenêtre pour agrandir la photo)

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(Les cinq langues antiques, manteau de cheminée, bibliothèque)

 

La visite de ce château assez délirant s'achève là. Ce n'est certes pas très grand, mais on ne se sent pas volé il faut bien le dire. C'est un vrai gros coup de coeur et une excellente surprise pour nous que cette première visite dans Cardiff. Il nous reste cependant encore à explorer un peu le reste de l'enceinte du château.

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(Donjon normand, XIIe s.)

 

La montée vers le donjon est assez sportive avec sa volée de marches étroites, surtout que le lieu est assez fréquenté en ce beau samedi du début du mois de mai.

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(Montée vers le donjon)

 

Cela nous mène donc vers l'intérieur du donjon, en ruine depuis au moins le milieu du XVIIIe s. et dont la structure n'est malheureusement plus très lisible. On distingue nettement la présence d'un étage et d'un chemin de ronde ainsi que d'une tour de garde encore bien conservée. C'est la montée à l'intérieur de la tour qui est encore plus pénible : très étroite, elle nécessite de faire bien attention, surtout en croisant d'autres personnes. Quelques personnes âgées étaient d'ailleurs restées sur le gazon en bas.

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(Intérieur du donjon)

 

Ceci dit, les vues une fois en haut valent l'effort de la grimpette. Vers l'ouest, la vue est claire et dégagée loin sur l'arrière-pays gallois; au sud, le Millenium Stadium, sorte de gigantesque araignée métallique, tient lieu d'horizon, tandis qu'au nord et à l'ouest c'est toute la ville de Cardiff qui est à nos pieds.

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(Vue depuis le donjon : Bâtiment principal du château, Millenium Stadium)

 

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(Vue depuis le donjon : Hôtel de ville et musée national de Galles)

 

On redescend plus près du sol, et on va ensuite visiter une dernière partie du château, plus récente et plus cachée.

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(Oui, des fois aussi, je prends des fleurs en photo. Ici, des myosotis)

 

Il s'agit des remparts eux-mêmes. Certes, on peut y faire un tour sur une petite portion, mais l'intérêt principal ce sont des grands couloirs au coeur des remparts, qui ont été aménagés et consolidés en béton en 1939, quand Lord Bute (les Bute n'ont légué leur château à la ville de Cardiff qu'en 1947) accepta qu'on utilise ce réseau de couloirs pour abriter les populations pendant les bombardements aériens. Jusqu'à 1800 personnes pouvaient y trouver refuge.

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(Dans les remparts)

 

L'ennui dans tout cela, c'est que si les aménagements lourds, en béton, se voient immédiatement, on ne comprend pas bien le reste - et c'est fort peu et fort mal expliqué. La visite consiste en une longue promenade dans des couloirs très sombres, seulement garnis de loin en loin d'un fac-similé d'une affiche de l'époque (du genre : "Femmes d'Angleterre, venez dans les usines" ou "Docteur Carotte, le meilleur ami des enfants"). Autrement dit, ce n'est ni très passionnant ni très évocateur. Pour rendre la déambulation plus distrayante sans doute, on a cru bon d'y ajouter un omniprésent boucan essentiellement composé de sirènes d'alerte. C'est bien pour restituer l'environnement sonore des pauvres gens qui se réfugiaient là pendant le Blitz. C'est un peu too much quand ça dure plus d'une ou deux minutes.

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("Women of Britain, Come into the factories", fac-similé)

 

Et puis, brusquement, une lumière nous attire et l'on tombe sur de petites reconstitutions. Mais encore une fois, rien de plus n'est dit. On se doute qu'il doit s'agir de montrer la façon dont on aménageait sommairement ce genre d'abri pour y mener une vie minimale. Mais rien ne dit si c'est une reconstitution, si c'est authentique, si c'est bien à tel ou tel endroit que l'on soignait les blessés ou faisait la popote. Bref, autant les britanniques sont doués en médiation quand il s'agit du Moyen Age, autant pour la Seconde Guerre mondiale, je n'ai jamais été totalement convaincus de leurs choix en la matière.

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(Reconstitution d'une cantine dans un abri?)

 

C'est sur cela que s'achève notre visite du château de Cardiff, qui nous aura pris un bon bout de notre après-midi, mais pas en vain. Il nous reste encore beaucoup de choses à voir pendant ces six jours au Pays de Galles.

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(Dans l'enceinte du château, reconstitution d'un trébuchet)

 

Alors certes, avant de partir, il faut bien signaler que nous sommes passés à la grande boutique du château. Ici, les produits dérivés sont surtout à base de dragons rouges et de moutons. Et puis il y a les bonbons, des trucs tout gélatineux comme on trouve bien sûr, mais avec une variété dans les formes et les parfums! Couleur locale oblige, nous nous sommes faits un devoir d'acheter les bonbons à la bière! (En fait, ils ne contiennent pas d'alcool, ils ont juste le goût du malt).

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(L'Angleterre, c'est aussi pour ce genre de truc qu'on l'aime)

 

Nous partons donc ensuite, à travers la ville, en direction de notre hôtel. La ville est assez jolie, très victorienne et élégante, malgré un certain nombre de ratages plus récents et d'un façadisme assez violent parfois. Disons que l'aspect fin XIXe s. - début XXe s. est globalement préservé, avec de vrais surprises et quelques fantaisies.

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(High Street)

 

Une grande surprise : la ville est extrèmement vivante et commerçante. Les rues commerçantes sont bondées et animées. La ville, qui s'est bien relevée de son déclin industriel, est devenu une métropole de 320 000 habitants qui ne cesse de croître. Si on ajoute à cela que nous sommes un samedi en fin d'après-midi, que la ville est très étudiante et qu'on fête ce soir-là les succès du Cardiff City Football Club, on comprendra que la foule était présente et que certains avaient déjà bien entamé leur marathon alcoolique.

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(High Street)

 

Toutes ces grandes rues commerçantes sont percées et reliées entre elles par de nombreuses arcades, pleines de charmes. 

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(Entrée de Castle Arcade, High Street)

 

Le Doctor Who n'est pas omniprésent dans la ville, mais on en trouve tout de même pas mal de traces, comme ce Dalek presque grandeur nature. Il n'a pas essayé de nous exterminer, c'est déjà ça...

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(Exterminate!)

 

Il faut également signaler le très beau marché couvert de Cardiff, bâti comme la plupart de la ville à la fin du XIXe s. Ce marché surprend: en France, les marchés couverts sont souvent réservés à l'alimentation; ici, on trouve bien entendu des primeurs, du pain ou un café, mais aussi des quantités de vêtements, objets d'occasion, objets souvenirs et même une petite animalerie!

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(Marché couvert)

 

Il nous faut donc nous éloigner du centre-ville pour rejoindre notre hôtel. Pour ce faire, on passe par une sorte de zone intermédiaire entre le coeur de la ville et les petites maisons victoriennes alignées dans les faubourgs, là où se trouve notre hôtel. Ce petit espace de transition, autour de la ligne de chemin de fer, est très marqué par l'architecture contemporaine, avec parfois des horreurs, comme ce façadisme totalement hypocrite, presque un modèle du genre.

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(Mais non, cet immeuble n'est pas un grand machin moderne, regardez la façade!)

 

Nous nous engageons sur la très longue Newport Road, qui nous fait notamment passer devant l'université de la ville, un bâtiment composite visiblement agrandi à mesure que le nombre d'étudiants augmentait.

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(Façade centrale de l'université de Cardiff)

 

Si elle n'était aussi fréquentée par les automobiles, Newport Road serait particulièrement agréable avec ses belles maisons et ses nombreuses petites églises. Nous arrivons enfin à notre hôtel, un petit établissement très bien tenu. Globalement, les petits hôtels où nous passeront pendant ce voyage nous réserveront tous un très bon accueil. Nous y reposons nos pieds fatigués pendant une petite heure avant de repartir en quête d'un dîner.

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(Tanes Hotel, Newport Road)

 

La soirée nous mène donc dans un pub, toujours bruyant et surpeuplé comme doivent l'être les pubs. Notre soeur et belle-soeur, accompagnée d'un de ses amis, nous y retrouve un peu plus tard. La soirée se passe donc, dans la fraîcheur de la nuit, entre douce promenade et étonnement devant la capacité formidable de toute une ville à se murger et à perdre toute inhibition sous l'effet des flots d'alcool déversés.

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(Encore un petit exemple de façadisme, moins outrancier, mais tout de même assez choupi)

 

Le lendemain matin, après une bonne nuit bien mérité, nous sommes debout assez tôt, car nous avons tranché la veille : entre le musée national gallois (une belle collection d'art) et le musée en plein air de St Fagans (un écomusée de la vie galloise), nous avons choisi le second. Il fait à peu près beau, nous avons la journée devant nous et nous savons prendre le bus qui y mène. Ce qui ne nous empêche pas de faire quelques détours dans Cardiff, aussi déserte ce matin qu'elle était animée la veille au soir. Enfin il m'est possible de prendre une photo de l'église St John, le plus ancien bâtiment de la ville si l'on excepte le château. Nous ne l'avons néanmoins jamais trouvé ouverte à la visite.

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(Eglise St John, XIIe-XVe s.)

 

Nous passons aussi devant l'un des bâtiments les plus récents de la ville, le Millenium Stadium, nouveau temple du rugby gallois, qui a remplacé le mythique Arms Park.

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(Millenium Stadium, 1999)

 

La suite au prochain numéro, dans une ambiance beaucoup plus rurale!