Le lendemain matin, après un breakfast dans un Cardiff désert, nous nous trouvons à la gare routière à attendre le seul bus qui peut nous mener à Saint Fagans, petite commune rurale de la banlieue de Cardiff. C'est très clairement la ligne empruntée par les touristes comme nous : que des individuels, en couple : un couple d'asiatiques, un de Français, des Québécois d'un certain âge et nous-mêmes. Tous nous nous rendons au musée de l'histoire galloise à Saint Fagans.

Saint Fagans

(Musée de Saint Fagans, Ferme d'Abernodwydd, 1678)



Le bus nous dépose juste devant l'entrée du musée, ou plutôt de l'écomusée. Car en effet, le pari était de faire cette visite un jour de beau temps : suivant le principe des écomusées (cela rappelle celui d'Alsace, les difficultés financières en moins) on y trouve donc des maisons et ateliers artisanaux anciens, menacés de destruction et démontés puis reconstruit au sein de l'écomusée. Mais pour rendre cela plus vivant, l'idée est d'y organiser des animations faites par des artisans qui souvent y vivent à demeure et font, par roulements le plus souvent, des démonstrations de leurs compétences. Si les animations et démonstrations sont bien présentes, elles ne fourmillent pas non plus à chaque coin du village, surtout pour un dimanche veille de jour férié en Angleterre. Pour le reste on va le voir, cet écomusée est un modèle du genre, monté dès 1947 et toujours en train de s'agrandir et d'évoluer. Une vraie plongée dans le Pays de Galles entre le XVIe et le milieu du XXe s. qui mérite plus que le détour si vous passez dans le coin. En plus, l'entrée est gratuite!

Ferme de Kennixton

(Ferme de Kennixton, XVIIe s.)



Les maisons remontées à Saint Fagans sont donc souvent assez anciennes. Il n'est pas rare de tomber sur des maisons bâties initialement au début du XVIe s., voire un peu avant - ce qui ne veut pas dire que des ajouts ultérieurs n'aient pas été effectués, jusqu'au moment de leur démontage-remontage. Systématiquement, une mise en contexte a été réalisée: la ferme n'est pas isolée, des éléments extérieurs lui ont été adjoints. Ici, pour la ferme de Kennixton (sud du Pays de Galles) par exemple, un verger, un potager et un abri pour abeille, sorte de ruche très rustique, sont installées à l'arrière.

Abri pour abeilles

(Abri pour abeilles)



Tous ces éléments sont évidemment très bien entretenu par le personnel du musée, qu'on peut voir à l'oeuvre et auquel, c'est même le but du jeu, on peut demander des explications supplémentaires, bien que les panneaux bilingues (anglais/gallois) soient très bien faits.

Jardinier de l'écomusée en action

(Jardin et verger derrière la ferme de Kennixton)



Les intérieurs sont le plus souvent meublés, avec un parti-pris de cohérence d'une époque - sauf bien sûr quand le bâtiment est arrivé meublé à Saint Fagans. Ici, il a été choisi de meubler avec un mobilier du XVIIIe s., ce qui correspond à la date des dernières modifications de la ferme. On se rend alors compte qu'avec la petite taille des fenêtres et le bois sombre des meubles, les intérieurs sont fréquemment très obscurs, y compris en plein jour.

Sombre intérieur

(Ferme de Kennixton, intérieur)



Juste en contrebas de la ferme, on trouve cet étrange maisonnette, dont nous nous demandons un bon moment ce dont il s'agit : four à pain ou à poteries? Et auquel cas pourquoi n'y a-t-il aucune ouverture hormis celle tout en bas? Lieu pour entreposer du fromage? Du foin? Mais alors pourquoi une ouverture si basse? Finalement, nous avons notre réponse sur un panneau un peu plus loin, qui nous indique qu'il s'agit là tout simplement d'un enclos à cochon avec un abri pour que la pauvre bête (vu la taille, on n'imagine pas plus d'un ou deux cochons y vivre) puisse se tenir au frais en été et au sec en hiver. Evidemment, quand on le sait, ça saute aux yeux. La forme circulaire de l'édifice est a priori typique du sud du Pays de Galles.

Porcherie (2)

(Porcherie, provenance de Pontypridd)



Les cochons ne sont pas là aujourd'hui car ils se trouvent dans un terrain plus spacieux à proximité.

Cochons

(Cochons)



Cependant, nous sommes prévenus, il ne faut pas les nourrir!

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En suivant la pente douce, on arrive au moulin à grains, qui servit à la petite communauté de Cross Inn, dans l'ouest du pays, de 1852 à 1957. Le Pays de Galles est trop humide pour y cultiver le froment, ce moulin servait donc à préparer la farine d'orge et d'avoine.

Moulin à grains (2)

(Moulin à grains, milieu XIXe s.)



C'est l'un des grands mérites de Saint Fagans, on le verra encore plus fortement par la suite : l'histoire rurale et les traditions populaires galloises sont prises sans mépris pour telle ou telle époque. On ne recherche pas à tout prix le très ancien sous prétexte d'une authenticité fantasmée, pas plus qu'on ne montre un monde figé pendant cinq siècles. Les évolutions sont prises en compte, le seul fil conducteur étant l'unité de lieu : le Pays de Galles, et de temps, c'est à dire après le Moyen Âge et jusqu'à l'effacement progressif de ce mode de vie des petites communautés rurales. 

Ferme de Llwyn-yr-eos

(Ferme de Llwyn-yr-eos, milieu XIXe s.)



Ainsi, un peu excentrée par rapport au reste du parcours, on découvre la ferme de Llwyn-yr-eos, avec ses grands corps de bâtiments de ferme, sa maison d'habitation attenante, ses poulaillers, son jardin, sa mare, sa porcherie, ses écuries. Un univers qui paraît gigantesque comparée aux très modestes chaumières vues précédemment. Et surtout, il s'agit de la seule construction du musée - avec le château - qui est restée à son emplacement d'origine; il s'agissait en effet d'une des fermes du village de Saint Fagans.

Poulaillers (2)

(Poulaillers)



Et qui, la mécanisation progressant et les campagnes se vidant peu à peu, ressemble fortement aux fermes comme j'en voyais encore dans mon enfance et comme l'on en voit encore probablement chez nous : de grands bâtiments, une mécanisation qui n'est pas à la pointe mais qui est tout de même très présente, une exploitation familiale le plus souvent et un espace d'habitation qui ressemble de plus en plus à celui de monsieur-tout-le-monde, désormais nettement séparé des espaces réservés aux bêtes et aux machines. Celle-ci était en exploitation jusqu'à la fin des années 1970 et l'aménagement intérieur date des années 1930.

Batteuse à grains

(Machine, probablement un blutoir)



Les animaux sont une des grandes attractions de cette ferme, qui conserve un énorme cochon aveugle qui fait un petit peur par ses grognements et couinements furieux, des porcelets en grande quantité, un ou deux dindons, des canards et pas mal de poules.

Porcelets (2)

(Plein de porcelets!)

 

Parmi les porcelets, il y a, comme dans tous les groupes, un qui se révèle plus aventureux et curieux que les autres et qui vient nous dire "snouff snouff gruik" ce que je traduis (approximativement) par : "Salut les copinous"

Porcelet aventureux (2)

(Porcelet curieux)



Le dindon, au-delà de son aspect bizarre, est aussi un animal des plus utiles, en cela qu'il a tendance, en dressant les plumes de sa queue et en glougloutant férocement, à fiche la trouille aux gosses qui ont dans l'idée de venir lui casser les pieds.

Dindon (3)

(Dindon)



L'intérieur est donc meublé comme pouvait l'être une habitation galloise des années 1920-1930, juste après la Grande Guerre. Dans cette guerre, 40 000 Gallois perdirent la vie et ce dépeuplement eu de lourdes conséquences sur la vie dans ces régions rurales.

Salon

(Salon)



A l'intérieur, on dirait la maison d'une vieille personne, où rien n'aurait bougé depuis des années.

Vaisselier (2)

(Vaisselier)



L'idée globale de l'ameublement est celui d'une femme seule, sans doute veuve, dont le fils est revenu sain et sauf de la guerre. Ainsi, dans l'entrée, couvrant l'un des vaisseliers, un drapeau de régiment accueille le visiteur de ces mots: "Welcome Home"

Autre chambre à coucher

(Chambre des parents)



De la même façon, dans la chambre du fils si longtemps retenu sur les champs de bataille, on peut voir au-dessus du lit une broderie indiquant "Absent but not forgotten". J'ai trouvé cette maison assez remarquable dans le propos, car c'est une façon assez intelligente et fine de pénétrer dans l'histoire, dans un contexte, par l'intime, par un destin personnel certes un peu vague, mais qui nous aide à saisir un peu mieux le quotidien partagé par de nombreuses familles.

Chambre à coucher (2)

(Chambre du fils)



Plus réjouissant, une bonne odeur nous attire vers la cuisine. Eh oui, nous sommes bien dans un écomusée! Et une dame très sympathique est en train de réaliser le gâteau du coin, le Welsh Cake, une petite merveille pleine de beurre et de sucre. Bien sûr, on peut discuter avec elle, on peut en goûter et on peut même embarquer la recette. Seul regret, il n'est pas possible d'en acheter quelques uns sur place pour les grignoter chemin faisant. Pour cela, il faut se rendre à la boutique.

Préparation de Welsh cakes

(Tout pour faire de délicieux welsh cakes)



Comme nous sommes en immersion dans un monde essentiellement rural, le petit train pour transporter les visiteurs qui ont du mal à se déplacer - et les pas courageux - est tiré par un tracteur!

Petit train tracteur

(Petit train)



Et c'est en remontant tout doucement vers le centre du village que l'on tombe sur cette ferme provenant d'un village du nord du Pays de Galles au nom imprononçable : Hendre'r-ywydd Uchaf. Il s'agit d'une ferme étirée en longueur, bâtie en 1508 selon ce qui se faisait de mieux en cette époque "médiévale tardive" (dixit les panneaux) en matière de construction et de disposition des pièces.

Mur extérieur

(Ferme de Hendre'r-ywydd Uchaf, 1508)

 

En l'occurence, l'organisation est celle que l'on retrouve fréquemment, notamment en France: un seul bâtiment, d'un côté l'habitation humaine de l'autre les animaux. Jusque là, rien que de très classique. Mais c'est la pauvreté de l'intérieur, particulièrement la partie habitée, qui frappe et nous montre la grande pauvreté de ce grand nord gallois. Car si ce genre de maison était le top du top au début de l'ère Tudor, celle-ci était encore occupée jusqu'en 1953 par un certain Samuel Hughes et sa famille. 

Foyer à même le sol

(Foyer, pièce centrale)

 

Même si l'intérieur est démeublé, on imagine sans peine le dénuement de ces gens : seules trois pièces forment l'habitation, une entrée, une pièce centrale et une chambre. Au milieu de la pièce centrale se trouve un simple foyer, à même le sol et la fumée s'échappe par le toit, sans conduit de cheminée ni rien. Il n'y aucun meuble car le musée n'en possède aucun d'aussi ancien que la maison. On est aussi choqué que les fenêtres n'aient aucun carreau. Celles-ci, peu nombreuses, se réduisent à un trou garni de quelques barreaux, que l'on peut fermer à l'aide d'un panneau de bois.

Fenêtre

(Fenêtre)

 

Bien entendu, il s'agit d'une interprétation de la ferme telle qu'elle se présentait autour de 1508; cependant, si l'on en juge par les photos prise juste avant le démontage et le transfert à Saint Fagans, les dernièrs habitants devaient y vivre dans un dénuement assez profond, car la ferme ne semblait pas avoir plus de cheminée qu'à l'origine. Seul luxe a priori : des carreaux aux fenêtres et des plaques de tôles pour isoler les murs extérieurs.

Moutons

(Intermède moutonnier)

 

En chemin, nous croisons une autre porcherie, très différente du petit amas de pierres que nous avons vu plus tôt. Ici, il s'agit d'une vraie petite maison à pourceaux avec un logement pour poules à l'étage.

Porcherie (3)

(Porcherie, fin XVIIIe s.)

 

Cette porcherie date des années 1770, comme la ferme de laquelle elle dépend. Il s'agit ici d'une petite maison qui n'est pas celle d'un exploitant, mais d'un simple ouvrier agricole. Cela explique la relative simplicité de l'intérieur et du mobilier, qui est de la même époque.

Cottage de Nantwallter, chambre à coucher

(Cottage de Nant Wallter, chambre à coucher, fin XVIIIe s.)

 

Le mobilier est toujours très sombre, très rustique, avec peu de fioritures. Simple et efficace. Encore une fois, la maison ne bénéficie pour ainsi dire pas d'éclairage extérieur. Néanmoins, comparativement à la terrible ferme d'époque Tudor, celle-ci apparaît confortable, ne serait-ce que grâce à sa cheminée avec conduit d'évacuation!

Intérieur

(Cottage de Nant Wallter, salle principale, fin XVIIIe s.)

 

Ces lieux nous ont fait arriver vers le centre du village. Ici, ce ne sont plus des fermes qu'il nous est donné de voir, mais des bâtiments spécialisés, généralement liés à l'administration ou à la vie des communautés villageoises, et le plus souvent datant du XIXe s.

Poste de péage

(Poste de péage, Penparcau (région d'Aberystwyth), 1771)

 

En plein centre d'un carrefour ce trouve le curieux bâtiment du poste de péage. Ce bâtiment, construit en pierres, a coûté environ quatre fois plus cher que le cottage visité juste avant, qui date de la même époque mais est fait de torchis, de bois et de chaume. Les Tollhouse, ou postes de péages, ont commencé à se multiplier dans la région à la fin du XVIIIe s. quand les nobles locaux ont fait construire des routes privées et ont exigé le paiement d'un droit de passage. Très impopulaires, ces postes de péage ont disparu au milieu du XIXe s. suite à des émeutes. Celui-ci est composé d'une seule pièce, le lieu servant à la fois de lieu de perception et de logement pour le percepteur.

Poste de péage (2)

(Liste des taxes et exemptions)

 

Les constructions sont denses dans ce secteur. Un tout petit bureau de poste, a priori le plus petit du Pays de Galles, a été rebâti ici après sa fermeture en 1992.

Bureau de poste

(Bureau de poste, Blaenwaun, 1936)

 

L'intérieur a été aménagé pour présenter un état correspondant à celui de la Seconde Guerre Mondiale, avec les affiches et les éléments de l'époque.

Bureau de poste, intérieur

(Intérieur du bureau de poste)

 

Un grand espace de pelouse fait office de place centrale du village. Et comme nous sommes au mois de mai, on y trouve... un arbre de mai!

Arbre de mai

(Arbre de mai)

 

A l'ouest, la place est fermée par la grande barre du Gwalia Store, l'ancien magasin général d'Ogmor Vale, une petite ville industrielle du sud du Pays de Galles. Construit et ouvert en 1880, le Gwalia Stores a bénéficié du développement du chemin de fer et de l'industrie pour passer de la petite épicerie familiale (espace central) à ce grand bâtiment où l'on trouvait à peu près tout ce dont on pouvait avoir besoin. Fermé en 1973, il a été installé et présenté ici dans un état correspondant aux années 1920, celles de sa pleine vitalité.

Magasin général (12)

(Gwalia Stores, Ogmor Vale, 1880)

 

L'on visite les différents espaces du magasin, divisés selon le type de produits vendus. Ainsi un tiers du magasin est consacré aux objets volumineux : vannerie, petit outillage agricole, éléments de plomberie ou de zinguerie, etc...

Magasin général (4)

(A l'étage)

 

La partie centrale reconstitue une épicerie générale, qui vendait certes oeufs, fromage, lait et épicerie sèche mais aussi tout un tas de bidules: bières, théières, casseroles, préparations alimentaires, etc... Le genre de bric-à-brac que l'on trouvait parfois encore dans les toutes petites villes de provinces. Celui-ci est en revanche considérablement mieux rangé que ce j'ai connu.

Magasin général (5)

(Epicerie)

 

Tout y presque trop propre, trop anglais, jusqu'aux précautions quant à la conduite à tenir :

Magasin général (8)

("Toute personne qui utilisera un langage grossier ne sera pas servie et il lui sera demandé de quitter les lieux")

 

Evidemment, le dernier tiers de la boutique, qui devait également servir d'épicerie autrefois, est désormais une boutique de friandises et souvenirs sucrés en tous genres.

Magasin général (9)

(Au Pays de Galles, le mouton est omniprésent jusque sur les friandises au chocolat)

 

On saluera l'intelligence des conservateurs du lieu, qui n'ont pas hésité, pour une de leur plus récente installation en date (2010), à mettre en place un ancien urinoir public qui leur avait été donné dans les années 1960-1970 mais n'avait pas été installé à l'époque . Le lieu est certes trivial, mais on peut concéder au fabricant Walter MacFarlane Ldt de Glasgow un certain souci pour l'esthétique, à telle enseigne que je n'ai compris de quoi il s'agissait qu'après être passé de l'autre côté.

Urinoir

(Urinoir, Welshpool, XIXe s.)

 

Un autre côté où, encore une fois, la bienséance victorienne nous arrive droit dans les yeux.

Conseil avant de quitter l'urinoir

("S'il vous plaît, ajustez vos vêtements avant de partir")

 

C'est dans le centre du village que se trouve l'essentiel des boutiques, depuis les photos souvenirs en habits victoriens jusqu'aux incroyablement délicieux scones de la boulangerie, faits sur place et vendus de suite. Une merveille, encore bien supérieurs à ceux du British Museum.

Atelier photographique

(Moss Vernon's Portrait Studio)

 

Et puis, au sud de la place, il y a cet étrange bâtisse ronde. Il ne s'agit d'un autre modèle de toilettes, mais d'un lieu bien particulier consacré à un loisir disparu depuis longtemps en Angleterre (mais pas dans le nord de la France) : le combat de coqs. Ce cockpit (en français gallodrome) du XVIIe s. finissant est organisé en cercles concentriques autour d'un petit ring central où combattaient les deux volailles. Les cercles suivants sont pour les propriétaires puis, en gradins, pour les spectateurs et parieurs. Cela jusqu'en 1849, date de la loi interdisant ce "sport" au nom de la lutte contre la cruauté envers les animaux - et probablement aussi pour éviter les violentes bagarres entre parieurs dont les sangs s'échauffaient rapidement.

Gallodrome (5)

(Gallodrome, Denbigh, vers 1680)

 

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Derrière le Gwalia Stores se trouve une autre petite place sur laquelle de menus éléments de fête foraine ont été mis en place : stand de tir, manège, palais des glaces, boutique de bonbons.

On est surpris de voir le manège, dont la date n'est pas précisée, fonctionner avec un système de manivelle à actionner pour faire tourner les chaises suspendues!

Pour faire tourner le manège

(Manège à manivelle)

 

Et l'on s'amuse aussi des multiples propos plaisants qui sont inscrits sur le palais des glaces, qui ne doit pas être un labyrinthe terrible si l'on en juge par sa petite taille.

Palais des glaces

("Si vous ne riez pas ici, vous avez besoin de voir un docteur pour votre plaisir", Amazing Hall of Mirrors)

 

Encore plus étonnant, une autre installation récente du musée (1995), le Worksmen's Institute, sorte de maison syndicale/ouvrière du début du XXe s. Chouette, de l'ouvrier, du populaire, du rouge qui proteste se dit-on alors. Cela, on se le dit jusqu'au moment où l'on pénètre dans le hall.

Maison des ouvriers d'Oakdale

(Maison des travailleurs, Oakdale, 1917)

 

Et là surprise! On est loin, très loin du local syndical. Au lieu de cela, nous avons une sorte de club à l'anglaise, aussi bien dans la décoration que dans l'organisation. Une sorte de maison pour gentlemen-ouvriers, destinée aux ouvriers d'Oakdale, ville du sud gallois.

Maison des ouvriers, hall d'entrée

(Hall d'entrée)

 

Le lieu comporte certes une salle de réunion syndicale, mais aussi une bibliothèque, une salle de lecture, une salle de billard... sans compter les bureaux des administrateurs. Centre de la vie sociale, ce lieu servait à l'éducation et à la culture de toute la communauté et avait été payé par la compagnie minière (que les mineurs ont remboursé par la suite). Le paternalisme industriel dans toute sa splendeur.

Bureau syndical

(Bureau)

 

Ce lieu étonnant possédait également une salle de cinéma de 650 places qui n'a pu être remontée à Saint Fagans et une grande salle de concert au dernier étage.

Dans une salle du rez-de-chaussée, les passionnants bénévoles du History Forum for Wales organisaient une petite expo expliquant leurs actions sur l'année passée. Bien qu'il ne soit pas toujours évident de comprendre l'accent gallois, nous avons pu discuter un peu avec ces vénérables amoureux de l'histoire galloise.

Salle de réunion

(Salle de réunion)

 

Nous continuons notre balade en passant par l'atelier du potier et son four, hélas il n'y a plus de potier depuis qu'il est parti s'installer ailleurs et l'endroit est fermé. C'est dommage. La scierie est également fermée; de ce que nous pouvons distinguer par la serrure, il s'agit d'un petit haut-fer classique, comme dans le petit écomusée de la Hallière à Celles sur Plaine, que les écoliers de mon coin connaissaient bien pour y avoir effectué quelques visites avec la classe (et dont je viens de découvrir qu'elle avait rouvert cet été).

La tannerie, qui ne fonctionne pas non plus (et c'est sans doute mieux ainsi vu les odeurs de ce genre d'artisanat) est assez intéressante et curieuse avec ses bassins où l'on tannait les peaux essentiellement à l'écorce de chêne. Pour occuper intelligemment les différents bassins, désormais remplis d'eau, le musée a eu l'idée d'y installer des espèces assez rares de batraciens locaux, en particulier des tritons.

Tannerie (5)

(Tannerie, Rhayader, fin XVIIIe s.)

 

A quelques mètres, une surprise : pas des poulaillers, mais une cage pour chiens. Des molosses étaient en effet souvent présents sur les tanneries afin d'en chasser les rats qui risquaient de détériorer les peaux. De plus, on utilisait l'urine et les excréments du chiens dans le processus de tannage. 

Cages pour les chiens de la tannerie

(Cage pour chien)

 

Derrière des barrières, le musée prépare son agrandissement pour 2014, avec l'installation de la reconstitution basée sur des éléments archéologiques, de trois maisons celtique de l'âge du fer.

Nous nous dirigeons vers l'église, assez éloignée du centre du village, non sans visiter au passage l'étonnant moulin à ajoncs. Déplacé depuis l'extrème-nord du pays, ce moulin témoigne d'un temps où la vie au Pays de Galle était si rude qu'on ne donnait pas d'avoine aux chevaux, mais des ajoncs que ce genre de moulins se chargeait de concasser, jusqu'au milieu du XIXe s.

Moulin à ajoncs

(Moulin à ajoncs, Dolwen, vers 1845)

 

Autre curiosité, la maison d'un marchand de l'époque Tudor provenant de l'extrème-sud ouest. Meublée avec des répliques (les meubles Tudor étant très rares et précieux), cette maison située au bord d'une rivière était organisée ainsi : en haut, les espaces d'habitation du marchand et sa famille, en bas l'entrepôt de stockage, donnant directement sur les quais pour charger facilement les bateaux. Il s'agit de la maison de quelqu'un de très fortuné compte tenu de l'époque et de la région.

Maison de marchand d'époque Tudor (2)

(Maison de marchand, Haverfordwest, XVIe s.)

 

Ceinte d'un large muret chaulé récemment, l'église Saint Teilo se dévoile enfin à nous. Construite au XIIe s. sur la côte sud du Pays de Galles, et agrémentée de chapelles aux siècles suivants, elle surprend au premier abord quand on fait le tour par son aspect bizarre, ces deux parties quasiment symétriques comme si l'on avait accolé deux chapelles pour faire une église.

Eglise St Teilo (3)

(Eglise Saint Teilo, Llanelli Tal-y-bon, XIIe s.)

 

Les dernières modifications de l'église datant du XVe s., il a été décidé de lui donner, pour ce qui concerne la disposition intérieure et l'ameublement, un aspect d'église catholique des années 1530, avec jubé, mezzanine et peintures aux couleurs vives réalisées selon des documents et des techniques de l'époque. On voit donc les murs déployer un programme peint de grande envergure, au trait parfois naïf ou maladroit, souvent inventif par rapport à ses modèles.

Pesée des âmes, épisodes de la Passion

(Eglise Saint Teilo, Jugement des âmes, épisodes de la Passion du Christ, fin XXe s. - début XXIe s., d'après modèles XVIe s.)

 

On ne peut que saluer l'excellente idée de cette tentative pour montrer à quoi pouvait ressembler une petite église du début XVIe s., bien loin des foyers de la Renaissance et des codes nouveaux qu'elle apportait. Tout n'est pas encore totalement achevé à Saint Teilo en ce qui concerne les peintures; certaines manquent encore de couleurs.

Saint Christophe

(Saint Christophe, fin XXe s. - début XXIe s., d'après modèle XVIe s.)

 

L'enthousiasme est un peu moins grand sur l'idée d'avoir organisé un concert de violon et de harpe dans une si petite église. Les deux dames jouaient fort bien mais l'accès à la totalité de l'église n'était pas possible et l'on ne pouvait donc détailler plus les peintures.

Concert violon et harpe (3)

(Concert dans l'église Saint Teilo)

 

Après une petite visite dans une ferme du XVIe s. admirablement meublée et très excentrée, nous redescendons vers le centre du village, longeant une vague forêt qui se trouve être le site de la bataille de Saint Fagans, un lieu où s'affrontèrent forces royalistes et parlementaires suite à la Révolution de Cromwell.

Tout cela pour dire que nous parvenons doucement à une autre formidable initiative (il faut vous y faire, je ne vais pas modérer mon enthousiasme, ce lieu est génial) : l'installation d'un préfabriqué, une de ces maisons populaires, conçues en usines comme leur nom l'indique, rapide et facile à construire pour un coût réduit. Suite aux destructions causées par les bombardements aériens, de nombreuses personnes furent relogées après guerre dans ces préfab. Bien que symbole d'un contexte perturbé, il est précieux que Saint Fagans ait pu en acquérir un, relatant ainsi ce qui fut la vie de plus de 100 000 familles du Royaume-Uni, d'autant plus que leur durée de vie n'était prévue que pour 10 ans, le temps de reconstruire.

Préfab

(Préfabriqué, Cardiff, 1948)

 

Celui-ci est encore entièrement équipé et on peut en visiter toutes les pièces, petites mais agencées avec un esprit rationnel et bénéficiant de tout le confort possible pour l'époque.

Préfab, salle de bain

(Salle de bain du préfabriqué)

 

Pour rester dans le XXe s. et l'histoire sociale, on a, quelques pas plus loin, cet ensemble de maisons ouvrières, une sorte de coron gallois, construit dans les mêmes circonstances que ce que nous connaissons dans le nord de la France ou en Belgique. Mais ici, l'essor de la mine au Pays de Galles est précoce et ce genre d'habitat également : cet alignement a été construit en 1795! Et la ville où elles se trouvaient, Merthyr Tydfil, fut la plus grande du Pays de Galles entre 1800 et 1860, avec 80 000 habitants.

Maisons de Rhyd-y-car

(Rhyd-y-car Terrace, Merthyr Tydfil, 1795-1801)

 

A l'intérieur de chacune de ses six habitations, un logement est reconstitué, qui raconte chaque fois une époque. Normalement, la rue se prend chronologiquement, mais comme nous l'avons descendu, nous sommes allés à rebours du temps : 1985, 1955, 1925, 1895, 1855 et 1805.

Intérieur, 2e moitié du XXe s

(Intérieur années 1980)

 

Les évolutions propres à chaque époque sont bien sensibles, pour peu que l'on détaille : décoration, objets usuels, progrès technologique... Tout est très soigné.

Intérieur, milieu XXe s

(Intérieur années 1950)

 

On observe tout de même la permanence de certaines traditions, comme l'importance donnée aux cuillères en bois (qui font aujourd'hui l'objet d'un intense commerce à destination des touristes). Souvent, ces cuillères bénéficient d'un présentoir consacré à elles seules. Il s'agit plus ou moins d'une sorte de présent d'amour que les fiancés s'échangeaient.

Range-cuillères

(Cuillères en bois sur leur présentoir)

 

Au fur et à mesure que l'on remonte ainsi le temps, on passe de maisons modestes mais qui nous paraissent encore assez ordinaire, à de tristes chaumières sombres et très pauvres, surtout quand on arrive au XIXe s. Malheureusement, je n'ai pas de bonnes photos pour l'illustrer, mais la maison organisée comme en 1805 apparaît encore plus misérable que la plupart des masures paysannes du nord du pays, avec ses rares meubles et son sol en terre battue.

Intérieur 1ere moitié XXe s

(Intérieur années 1920)

 

Nous avons vu l'église, l'épicerie générale, les fermes et pas mal d'ateliers, mais il nous manque encore un élément indispensable pour réaliser un portrait correct d'un village aux XIXe et XXe s. : l'école communale. Celle présentée ici a été bâtie en 1880 (comme celle où j'allais enfant), mais elle a fermé dès 1916 faute d'élèves en nombre suffisant! Transformée en habitation, elle n'a retrouvé le mobilier et l'apparence d'une école que lors de son installation ici en 1981. A l'intérieur, ne serait la langue des cartes et affiches qui ornent les murs, on pourrait se croire n'importe où en France à la même époque.

Salle de classe (4)

(Salle de classe de l'école Ste Mary de Maestir, 1880; état vers 1905)

 

De la même manière que la classe était séparée entre garçons et filles, même sans séparation physique pour une si petite école, on avait bien pris soin d'induire la même séparation dans la cour de récréation par un muret qui délimitait franchement les espaces jusqu'aux toilettes. Un cabinet d'un côté, deux de l'autres... il ne nous est pas dit lequel des deux sexes avait droit à un supplément de petit coin.

Toilettes garçons-filles

(Cour de récréation, cabinets de toilette)

 

Tout cela nous ramène à la boulangerie. Et une nouvelle ration de scone, nous n'avions guère le choix. Nous reprenons notre grande boucle qui nous amène à d'autres fermes, dont l'une, du XVIIe s., provient du centre du Pays de Galles. Par son agencement, par ses meubles (de superbes travaux d'art populaire), elle témoigne d'une vie relativement plus confortable que les terribles fermettes de l'ouest du pays que nous avons visité.

Lit

(Ferme d'Abernodwydd, Llangadfan, 1678, modifiée en 1708, ameublement du XVIIIe s.)

 

Excellente idée pédagogique, un mur est présenté en une sorte d'écorché, permettant de comprendre les étapes de la construction d'une telle maison typique du centre du Pays de Galles et des Marches de l'Angleterre. La maison est bâtie autour de solides pans de bois mais, pour solidifier les murs, on applique le torchis sur une sortee de trame en noisetier.

Technique de construction du mur en torchis

(Ferme d'Abernodwydd)

 

Nous passons enfin par le dernier bâtiment du parc, la petite chapelle de Pen-rhiw. Là nous avons vraiment à faire à quelque chose de très particulier : tout d'abord construite comme une grange, cette chapelle a trouvé son rôle quand elle a été utilisée par un groupe d'Unitariens, une hérésie qui proclame l'unité de la personne divine (à l'inverse de la trinité de la plupart des courants). Ce groupe, très ouvert d'esprit (et longtemps persécuté), mettait en avant l'éducation de ses membres et a promu au XIXe s. la plupart des réformes sociales : réforme des prisons, mesures de santé publique, droit des femmes, abolition de l'esclavage. Ils sont aujourd'hui environ 5000 en Grande Bretagne.

A l'intérieur, on est surpris de la décoration quasiment inexistante, pour ne pas distraire le fidèle. Pour faire face à l'augmentation de la communauté, on a aménagé les combles au XIXe s. en une galerie avec des bancs. On remarquera aussi l'étonnante chaire adossée à la fenêtre.

Chapelle de Pen-rhiw (5)

(Chapelle de Pen-rhiw, milieu XVIIIe s., réaménagée en 1777)

 

Une fois visitée la chapelle, on peut croire que la promenade est finie... et puis, l'on aperçoit sur son plan une flèche qui nous indique "Le château et les jardins"...

Il faut en effet passer sous un petit pont caché parmi les arbres pour arriver dans la deuxième - et beaucoup plus petite - partie de l'écomusée. Car initialement en effet, il s'est installé autour du château et sur des terres lui appartenant, après que le Comte de Plymouth, dernier propriétaire de ce grand manoir élisabéthain, en ait fait don au musée national gallois en 1946 (à la même date, le Marquis de Bute donnait son château à la ville de Cardiff).

Parc du château (4)

(Parc du château de Saint Fagans)

 

Et autant le dire, si les bâtiments qu'on y voit, qu'il s'agisse du château lui-même ou d'éléments de l'écomusée, sont remarquables, le parc est un bonheur de jardins à l'anglaise qui rehausse encore un ensemble déjà formidables. Alors en plus au début du mois de mai, en pleine floraison des arbres...

Parc du château (2)

(Parc du château de Saint Fagans)

 

Sur cette partie du site a été déménagée une très grande grange à foin à colombages. Il s'agit en réalité de deux granges reliées ensemble plus tardivement, mais ce qui est remarquable ici c'est l'ancienneté de la bâtisse : 1550 pour la partie la plus ancienne, 1600 pour la plus récente! Démontée et rebâtie ici dès 1950, c'est le premier bâtiment (à l'exception du château) a avoir ouvert au public.

Grange de Stryd Lydan

(Grange de Stryd Lydan, Penley, vers 1550, agrandie vers 1600)

 

Son état de conservation est extraordinaire et l'on peut même encore voir les marques de charpentier sur les poutres, bien visibles. Ces marques servaient à faciliter l'assemblage final du bâtiment.

Marques de charpentier (2)

(Marques de charpentier, XVIe s.)

 

Tout près de là, entourés de fleurs, les pigeons glandouillent perchés sur leur pigeonnier, comme le font des générations de pigeons sur ce même édifice depuis au moins le XVIIIe s. (et peut-être avant, mais les archives ne sont pas claires sur ce pigeonnier précis).

Pigeonnier

(Pigeonnier, XVIIIe s.)

 

La partie nord du parc du château est marquée par un bassin rectangulaire autour duquel on a installée, d'un côté des bâtiments liés aux activités de pêche et de l'autre une ancienne filature de laine. 

Filature de laine (3)

(Filature d'Esgair-moel, Llanwrtyd, 1760)

 

Les machines sont activées par la force de l'eau et on nous présente dans ce vaste atelier toutes les étapes pour obtenir du fil de laine, puis le tisser pour obtenir ces plaids en tartan rouge. NB : les machines ne sont pas en action.

Seule la dernière étape, le nouage des fils, est faite à la main et un membre du personnel du musée est assis là, sur sa chaise, à nouer d'un tour de main habile ses fils.

Métier à tisser (3)

(Métier à tisser)

 

Et à l'extérieur, sur un fil, les plaids sèchent. S'il y a des amateurs, ils sont bien entendu ensuite en vente à la boutique.

Les plaids sèchent

(Plaids séchant)

 

Nous passons à la petite partie consacrée à la pêche. Intéressant, cet espace est aussi plus brouillon. Pêle-mêle, on peut y voir des nasses à poisson, une sorte d'épuisette géante, un animateur qui répare un filet de pêche, et un amas de cochonneries relevées dans des filets : douilles, bouteilles, crânes d'animaux...

Nasse à poissons (2)

(Nasses à poissons)

 

Les parties du parc de ce côté-là du château semblent avoir été longtemps à l'abandon et retrouver un peu de vie après pas mal d'années d'efforts. C'est notamment le cas du très petit et très agréable jardin à l'italienne, restauré et ouvert au public en 2003, sous le patronage... du Prince de Galles, bien évidemment! 

Juste à côté de là, la cidrerie manque par contre beaucoup d'explications : un panneau nous explique bien le processus de fabrication de cette boisson (dont nous remarquerons à la fin de notre séjour que nous n'aurons bu que cela en matière d'alcool : pas une seule bière!), mais les objets sont entreposés sous un auvent, à l'abri certes, mais un peu comme à l'abandon. Un tel élément culturel mériterait beaucoup mieux, assurèment! A moins qu'une cidrerie n'ait réellement ressemblé à cela...

Cidrerie (2)

(Cidrerie)

 

Arrivé dans ce secteur, le principal intérêt de la promenade n'est plus la découverte des éléments d'arts et traditions populaires gallois, mais bien la balade dans les jardins, dont une partie est abritée sous de belles serres.

Serres (2)

(Serres)

 

Bien que les rosiers ne soient pas encore en fleurs, déambuler dans la roseraie est particulièrement agréable, à plus forte raison parce qu'il se trouve ici et là des bancs où reposer nos petits pieds, mais aussi parce que le secteur est très peu fréquenté, une bonne partie du public préférant s'adonner au pique-nique ou à la bronzette sur les pelouses du parc (l'écomusée étant gratuit, il fait office de lieu de promenade du dimanche pour les gens du cru).

Roseraie

(Roseraie)

 

Au-delà des petits murs du parc, on aperçoit l'austère église du village qui se détache sur le ciel bleu.

Roseraie (3)

(Roseraie, église de Saint Fagans)

 

Il ne reste plus, pour achever la visite, qu'à explorer le château. Il s'agit en fait d'un château assez petit, construit en 1580 sur les ruines d'un château normand. 

Château (3)

(Château de Saint Fagans, 1580)

 

L'intérieur est chargé et confortable comme le sont les intérieurs victoriens, avec lambris, beaux meubles, bestioles empaillées et vieux livres. Rien toutefois qui puisse rivaliser avec les folies du château de Cardiff.

Salon de musique

(Salon de musique, fin XIXe s.)

 

On ressort de là par les jardins, un peu surpris en se retournant : autant le château offre le bel aspect d'une riche demeure d'époque Tudor sur la façade par laquelle nous sommes entrés, autant celle qui domine le jardin apparaît austère, tout en pierre grise et agumentée d'une tourelle  d'un côté et d'un mur crénelé de l'autre.

Château (5)

(Château de Saint Fagans, 1580)

 

Voilà, j'espère que cette visite détaillée de l'écomusée de Saint Fagans vous aura plu sans être trop rébarbative. Je vous encourage tous, si un jour vos pas vous emmènent dans ce coin du Pays de Galles, à y aller : c'est gratuit et ça vaut largement le détour même si vous n'êtes pas des accros de ce genre d'endroit.

 

Et puis, je vous ai déjà dit que le parc était super joli? 

Parc du château (7)

(Parc du château de Saint Fagans)