Fin septembre 2011, nous étions allés pour la première fois au festival des marionnettes de Charleville-Mézières et nous en étions revenus enchantés. Et à l'époque j'avais moins de retard dans mon blog.

Nous avions donc de longue date décidés de réitérer l'expérience en 2013, le festival se tenant tous les deux ans désormais. Et cette année, il fallait réserver encore plus tôt, en particulier pour le logement; en effet, impossible début août de trouver une chambre d'hôtel à Charleville pour la fin septembre! Je m'étais donc rabattu sur un hôtel de Sedan.

 

Nous arrivons donc à Charleville le vendredi matin. A peine débarqués, nous nous précipitons au premier spectacle que nous avons réservés, qui débute à 10h00. Il s'agit d'un spectacle intitulé "Le meunier hurlant", monté par la troupe française Tro-Héol mais qui reprend l'un des romans du grand écrivain finlandais Arto Paasilina. L'histoire est celle du meunier d'un petit village de Finlande, marginal et mal vu à cause de ses habitudes bizarres, comme celle de hurler à la Lune. C'est plutôt bien fait, et sur un scénario solide, à la fois drôle et touchant, la troupe joue formidablement en mélangeant avec une certaine grâce un décor de photos illustrant la nature finlandaise, le jeu d'un acteur humain et des marionnettes de plusieurs tailles selon que l'action est vue de plus ou moins loin. C'est d'une grande finesse et c'est une belle réussite pour un spectacle dont on ne savait pas trop quoi attendre.

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(Fin du spectacle Le Meunier hurlant, 27 septembre 2013)

 

Le spectacle suivant débute à 14h00, ce qui nous laisse le temps de flâner dans Charleville et de renouer un peu avec les souvenirs engrangés deux ans auparavant. Et globalement, tout est là, au rendez-vous: il fait beau, les animations des rues sont là - parfois les mêmes que la fois précédente.

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(Une troupe de deux manipulateurs, déjà vu il y a 2 ans - malheureusement je ne connais pas leur nom)

 

La place ducale, coeur de Charleville et superbe exemple de place "royale" du XVIIe s., vibre également au rythme des marionnettes. Cette année, outre les grandes figures qui en gardent l'entrée et les multiples spectacles de rue et boutiques éphémères de marionnettes qui s'y tiennent, un chapiteau abrite plusieurs castelets où se jouent plusieurs variations autour du toujours fantasque et méchant Polichinelle.

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(Place ducale, Charleville)

 

Comme la dernière fois, nous constatons que l'église St Rémi, qui jouxte la billetterie, n'est pas passée à côté de l'évènement qui agite Charleville:

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(Façade de l'église Saint Rémi, Charleville)

 

Nous en profitons pour refaire un petit tour dans ce joli édifice néogothique, nous attardant sur le chemin de croix plutôt expressif.

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(De Rudder (?), Jésus tombe sous le poids de la croix, 1864)

 

Nous nous dirigeons doucement vers la petite île sur la Meuse entre la vieille ville de Charleville et le Mont Olympe, où se déroulera le prochain spectacle que nous avons réservé. Nous repassons évidemment devant le superbe Vieux Moulin qui abrite le musée consacré à Arthur Rimbaud, le plus célèbre enfant du pays. Cette année encore, nous ne le visiterons pas.

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(Vieux Moulin - Musée Rimbaud, Charleville)

 

Sur la petite île du Vieux Moulin se tiennent cette année un spectacle de rue à l'ambiance a priori particulière, monté par une troupe espagnole; un vaste espace avec trois espèces de yourtes, où se joue le spectacle Outreciel (que nous allons voir); ainsi que quelques boutiques éphémères dont celle appellée Chandra et tenue par un couple de post-hippies très sympathiques qui servent quelques pâtisseries et douceurs ainsi qu'un délicieux chaï.

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(Vue sur le Mont Olympe depuis l'île du Vieux Moulin)

 

Nous assistons donc à 14h00 à la pièce Outreciel de la compagnie La Valise. Au début, on nous distribue de petits tickets de couleur, qui vont déterminer l'ordre dans lequel nous allons pénétrer dans chaque yourte. L'espace étant limité, cela permet à tout le monde de tout voir tour à tour. Malheureusement, les horaires sont assez mal gérés et on passe pas mal de temps à poireauter à l'extérieur, ce qui est dommage car le spectacle est plutôt sympathique. A base d'objets et de petites marionnettes, chaque manipulateur/conteur narre une histoire différente, plutôt poétique. Ce n'est pas le spectacle qui me laissera le souvenir le plus inoubliable, mais il faut souligner le vrai talent et la qualité des acteurs.

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(Outreciel, 27 septembre 2013)

 

Une fois le spectacle terminé, nous assistons à un petit spectacle de Polichinelle, plutôt enfantin et très rythmé, très amusant. Allez hop, une vidéo:

 

Le spectacle suivant, Mironescopio, était proposé par la compagnie Atarumba, des Portugais assez dingues qui ont composé un spectacle à thématique sexuelle mais dans le genre cabaret début de siècle. Le nombre de spectateurs est limité à 10 par séances et cela se déroule dans une pièce au décor chargé, qui se veut une sorte de bordel plein de froufrou. On y est accueilli par les manipulateurs/acteurs, fardés, gominés, avec de petites moustaches et des costumes rayés pour les hommes, et pleines de plumes et de décolletés pour les femmes. On nous débarrasse de nos manteaux et on nous présente un peu. La salle proprement dite est divisée en deux espace : une grande partie est composée de petites tables où se trouvent des boites noires et l'autre partie est occupée par une grande table qui présente des joujoux sexuels anciens: trucs de massage qui ressemblent à des instruments de torture et autres divertissements érotiques de la première moitié du XXe s. Cette table et les machins dessus sont expliqués à certains participants pour les faire patienter pendant que les autres sont installés chacun devant sa boite noire. Ces boites sont en fait chacune un micro théâtre de marionnettes. On prend un casque, le manipulateur lance l'extrait sonore, musique ou narration, et il manipule devant vos yeux collés aux trous de la boite. Les historiettes jouées sont très courtes, 2 ou 3 minutes grand maximum et présentent aussi bien des légendes et histoires grivoises que des petits divertissements parfaitement idiots.

L'ensemble est un peu lourdingue parfois, mais globalement très bien mené et vraiment amusant. Et malgré les thématiques légèrement osées, on ne tombe pas dans quelque chose de trop vulgaire qui mettrait mal à l'aise; cela reste bon enfant. Et un très bon point: l'excellent français de l'ensemble des artistes de cette troupe portugaise.

Bien sûr, il était très compliqué de prendre des photos, mais vous pouvez en retrouver ici, cela vous donnera une petite idée du spectacle.

 

Le dernier spectacle de la journée est beaucoup plus sérieux. Venue d'Inde, la compagnie Katkatha Puppet Arts Trust nous présente About Ram, une adaptation de quelques scènes du Ramayana. Les marionnettes sont superbes et parfaitement animées, les danseurs et les extraits de vidéos conçues spécialement pour servir de décor se mêlent plutôt bien au spectacle. L'ensemble donne un effet assez contemporain, très loin des traditionnelles marionnettes d'ombres asiatiques. Un seul reproche sans doute: le rythme parfois un peu lent de la narration, qui nécessite, surtout en fin de journée, une attention plutôt soutenue.

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(About Ram, 27 septembre 2013)

 

Nous remontons ensuite vers la gare pour gagner Sedan, où nous avons réservé un hôtel. Et tant qu'à faire, nous avons pris l'un des plus beaux de la ville, situé directement dans l'immense château fort qui domine la ville. Le château, ouvert aux visite, abrite également un hôtel de grand standing.

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(Château fort, Sedan) 

 

Cette incroyable forteresse, haute de sept étages, a été bâtie aux XVe et XVIe s. pour défendre la positition stratégique de Sedan aux confins de la France, des Pays-Bas bourguignons, du Saint Empire et du duché de Lorraine. Par chance, nous apprenons en plus que nous sommes surclassés d'une chambre "normale" vers une chambre parmi les plus chères. Celle-ci s'organise sur deux niveau et ouvre directement sur une sorte de chemin de ronde et des anciens bastions.

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(Hôtel Le Château Fort, Sedan)

 

C'est assez fou et c'est sans doute l'un des plus beaux hôtels où nous soyons descendus (c'est à dire, qui cumule confort et lieu historique incroyable), sans doute à égalité avec celui de Burgos. Je dois avouer que je n'attendais pas quelque chose d'aussi formidable à Sedan, ville de réputation médiocre.

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(En sortant de notre chambre, Sedan)

 

Nous ne pûmes malheureusement pas profiter vraiment des centres d'intérêt de notre ville-hôte, car nous y sommes rentrés chaque soir assez tard et partis chaque matin trop tôt. Et une grève des trains locaux - très intelligente en pleine période d'un festival qui ne se tient que tous les deux ans - ne nous a pas facilité la tâche. Sedan nous a paru malheureusement déclinante (le nombre de panneaux "à vendre" est en général un très bon signe du dynamisme et de l'attractivité d'une ville) et nous n'avons pas aimé du tout les interminables avenues Philippoteaux et de Verdun. En revanche, les quelques éléments aperçus de la vieille ville, devant lesquels nous sommes passés rapidement, nous ont paru plutôt intéressants. Nous prendrons tout de même le temps de nous balader un peu dans le château fort le dimanche matin, mais nous n'en sommes pas encore là.

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(Château fort, Sedan) 

 

Nous reprenons le train le lendemain et allons de suite prendre le petit-déjeuner chez nos amis hippies, qui ne savent pas faire que le thé mais proposent aussi des gourmandises très sympathiques.

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(La Meuse, Charleville-Mézières)

 

Le spectacle que nous avons réservé pour 11h00 se joue dans la salle du Mont Olympe, au nord de Charleville. Il s'agit de Haïku, par la troupe belge du théâtre du Papyrus. C'est un spectacle magnifique, très poétique. L'histoire est celle de Bozo, une petite marionnette à la tête en forme de tasse à café, qui déambule dans un décor féerique, avec un château en glace qui fond au fur et à mesure du spectacle, un piano qui joue tout seul, etc... Le tout animé par le seul Bernard Chemin qui nous offre un spectacle très attachant, plutôt destiné aux enfants mais qui fonctionne parfaitement avec les adultes.

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(Haïku, 28 septembre 2013)

 

Nous allons manger non loin de la place ducale, là où se tiennent de nombreux stands de nourriture, très variés. C'est également toujours surprenant de passer devant la grande boutique de fossiles, l'une des plus importantes de France, qui a toujours le chic pour mettre en vitrine une pièce incroyable; cette année, un ptérodactyle quasiment complet. De quoi décorer sa maison de bien belle manière...

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(Boutique Géofossile, Charleville)

 

Sur la place ducale se tient, comme je l'ai précisé plus haut, un grand chapiteau avec plusieurs castelets consacrés à des spectacles de Polichinelle. Celui que nous apercevons est dans un esprit un peu créole antillais et utilise beaucoup la musique pour souligner ses effets.

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(Castelet de Polichinelle)

 

Nous allons voir le spectacle Insensé à 14h00. Il se joue dans une petite salle légèrement excentrée devant laquelle nous attendons un petit moment, faisant au passage ami-ami avec une chatte adorable et un peu collante.

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(Copain des chats!)

 

Insensé, de la compagnie Drolatic Industry, porte plutôt bien son nom. Il s'agit en effet d'une relecture de l'oeuvre de Lewis Carroll avec des marionnettes. On voit ainsi s'agiter des personnages issus de l'univers foldingue de l'écrivain anglais. Tout cela n'a guère de sens, mais c'est assez plaisant et une mention spéciale doit être décernée aux marionnettes de l'oeuf Humpty Dumpty et surtout au formidable Jabberwocky, bien plus mignon qu'effrayant.

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(Insensé, le Jabberwocky, 28 septembre 2013)

 

Nous passons ensuite par la galerie temporaire du musée de l'Ardenne. Il y a deux ans y était présentée une expo sur Géo Condé. Cette année, elle était consacrée au travail de Jean-Pierre Lescot autour de Van Gogh. Ce marionnettiste avait en effet créé en 1999 le spectacle "Quelques images pour Vincent". 

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(Agostina Segattori, marionnette du spectacle "Quelques images pour Vincent", 1999, coll. J-P Lescot)

 

Toutes les marionnettes présentées évoquent la vie ou l'oeuvre de Vincent Van Gogh et appartiennent à la collection personnelle de Jean-Pierre Lescot. 

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(Vincent Van Gogh, marionnette du spectacle "Quelques images pour Vincent", 1999, coll. J-P Lescot)

 

Si l'exposition est moins passionnante que celle sur Géo Condé et Jacques Félix, elle est agréable de par la qualité des marionnettes et des ombres découpées qui y sont présentées.

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(La chambre de Vincent à Arles, 2000, coll. J-P Lescot)

 

Nous assistons ensuite à la représentation du Rêve de la Joconde, par la compagnie Anima Théâtre. C'est très honnêtement le spectacle qui m'a le moins séduit. Se voulant une évocation de l'histoire de l'art à travers la balade de la Joconde et sa rencontre avec d'autres oeuvres emblématiques (la vague d'Hokusai, les éléphants aux pattes gigantesques de Dali, etc), l'ensemble est assez survolé. Je n'ai franchement pas aimé. Après quelques recherches, il semblerait qu'il s'agissait en fait d'une sorte d'introduction à l'art pour les enfants. Pourquoi pas, mais même en ce cas cela ne m'a pas paru passionnant. Je suis franchement passé à côté de ce spectacle qui amenait pourtant de bonnes idées mais sans les mener jusqu'au bout.

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(Le rêve de la Joconde, 28 septembre 2013)

 

En attendant le prochain spectacle à 20h00, nous profitons du "Off" qui se déroule dans la rue. Il y a comme toujours des spectacles de très grande qualité; le seul vrai reproche qu'on peut leur faire c'est que la plupart du temps ces troupes, qu'elles soient très pro ou qu'elles rôdent leurs spectacles, ne donnent souvent pas de cartes ni de dépliant, ce qui fait que malheureusement il ne reste souvent de leurs prestations qu'un souvenir, mais pas de noms ou de site internet à consulter. Si un de mes lecteurs connaît le nom des compagnies, c'est avec plaisir que je les ajouterai.

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(Spectacle de rue, Charleville)

 

Parmi les spectacles remarquables que nous vîmes au hasard de nos balades, il y avait ce clown triste déjà aperçu en 2011, mais aussi des nouveautés, comme ce superbe numéro de transformation où l'artiste (une espagnole si ma mémoire est bonne) se sert des énormes baleines de sa robe comme d'une cache où elle disparaît parfois et pioche les accessoires de son spectacle, par ailleurs très joli et poétique.

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(Spectacle de rue, Charleville)

 

Autre révélation très belle, très drôle et assez osée, ces deux jeunes femmes de Lille, à l'énergie débordante et à l'inventivité un peu macabre, qui nous propose le strip-tease vraiment extrème de leur grande marionnette. Cela commence comme un spectacle burlesque plutôt sexy et ça finit comme un épisode de Itchy et Scratchy...

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(Spectacle de rue, Charleville)

 

Le prochain spectacle a lieu à la Médiathèque, dans le hall de laquelle nous patientons. Il se trouve qu'il s'y tient une sorte d'exposition autour de Tantôt, une marionnette à taille humaine mais qui vit et se déplace plus lentement que les humains. Il s'agit d'un projet très amusant qui court depuis plusieurs années déjà. C'est bien fichu et inventif et cela fait bien passer le temps en attendant Mathilde.

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(Tantôt, médiathèque, Charleville)

 

Mathilde, c'est l'héroïne, le personnage central du prochain spectacle. Mathilde est un spectacle de la compagnie Stuffed Puppet Theatre, des hollandais pleins d'un humour très désespéré. C'est l'histoire de plusieurs personnages d'une maison de retraite qui évoluent le temps de l'évènement que constitue l'anniversaire de Mathilde, la plus vieille pensionnaire, âgée de 102 ans. C'est superbement écrit même si l'ensemble est au final très cynique et très triste : cynisme du directeur de l'hospice qui cherche à gagner toujours plus sur le dos des petits vieux et les petits vieux proprement dits, bien plus sympathiques mais qui confrontent au douloureux sujet de l'extrème vieillesse. Un spectacle exceptionnel mais dur, porté à bout de bras par son manipulateur et interprète principal, Neville Tranter.

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(Mathilde, 28 septembre 2013)

 

Nous regagnons tant bien que mal Sedan, en taxi puisque la SNCF locale est en grève. Le lendemain matin, nous faisons un bon petit tour sur les murailles accessibles du château et nous quittons ce bel endroit, regrettant de n'avoir pu approfondir un peu plus et en plein jour.

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(Château fort, Sedan)

 

Direction Charleville pour une troisième et dernière journée avant le retour à Paris.

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(Statue de Charles de Gonzague, fondateur de Charleville en 1608)

 

Ce dimanche, comme nous partons en milieu d'après-midi, nous n'avons prévu de voir que deux spectacles. Comme le premier n'est qu'à 11h00 nous avons largement le temps de nous promener encore à travers la ville, sous un soleil bienvenu.

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(Maison verdoyante, Charleville)

 

Le premier spectacle, Blue Jeans, de la compagnie du chinois Yeung Fai, est encore une belle découverte. Le ton en est encore très triste (globalement, les spectacles vus cette année n'étaient pas d'une tonalité très amusante - à quelques exceptions près). Le sujet est la vie d'une petite chinoise qui travaille dans un atelier où sont fabriqués les jeans destinés au marché occidental. C'est quasiment un documentaire, c'est très bien fait, l'animation de type bunraku donne une vigueur et un réalisme au propos, très frappant et efficace. Charleville est l'occasion de la première représentation de ce spectacle.

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(Décor de Blue Jeans, 29 septembre 2013)

 

Nous profitons du temps qui nous reste pour quelques jolies emplettes et une visite au musée de l'Ardenne. Nous connaissons bien ce musée que nous avions visité en détail il y a deux ans. C'est néanmoins l'occasion de redécouvrir avec plaisir ses belles collections et voir ce qui a pu changer. 

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(Porte parapluies, 1889) 

Nous constatons avec plaisir que le discutable escalier qui mêle divers naturalia et un travail du plasticien Jean-Luc Parant est toujours garni de la même manière.

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(Jean-Luc Parant, ammoncellement de boules, résine, 2003)

 

Pour l'essentiel, le musée a peu changé et l'on pourra se reporter à ce que j'en disais voici deux ans. La seule section renouvelée est la salle qui présentait une expo temporaire sur Géo Condé (en plus de ce qui était présenté dans la galerie du rez-de-chaussée évoquée plus haut dans cet article). Cette année c'est une exposition sur les marionnettes à travers le monde, complétée par des affiches d'anciennes expositions du musée. C'est une présentation belle mais succincte, qui rappelle un peu celle du musée Gadagne à Lyon.

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(Marionnette sur l'eau, Vietnam, XXe s.)

 

Les affiches anciennes sont intéressantes en particulier celle-ci, qui reprend les motifs des marionnettes d'ombres du Cambodge et qui date de 1972, soit avant la grande rupture que représente le régime Khmer Rouge. Nous reparlerons énormément de ces marionnettes dans les semaines qui viennent...

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(Affiche, 1972)

 

Signalons aussi la découverte de ce beau bronze du début XXe s., très adapté à la thématique puisqu'il représente une montreuse de marionnette. On passera sur l'aspect curieux de montrer des marionnettes dans le plus simple appareil pour simplement s'arrêter sur l'originalité du thème, rare en sculpture.

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(Edouard Louis Henry Lerolle, La montreuse de marionnettes, 1900)

 

Nous finissons ces trois intenses journées par le spectacle de la troupe Nomad Theater qui se joue sous un chapiteau devant l'église St Rémi. Il s'agit encore de hollandais, qui sont très mis à l'honneur cette année et se révèlent à la fois très créatifs et excellents francophones. Spectacle créé à destination des enfants, mais vraiment regardable par tous, il narre l'histoire toute simple et très drôle d'un pirate assez nul, de sa femme et de divers autres protagonistes. C'est très sympathique et cela finit pour nous le festival 2013 sur une note légère. Il faut d'ailleurs saluer le courage du couple à l'origine de la compagnie, qui a assuré le spectacle malgré des circonstances personnelles difficiles. Que le spectacle continue et que vivent les marionnettes!

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(De Piraat, 29 septembre 2013)

 

Alors, on y revient en 2015?