C'était il y a déjà bien longtemps. Nous étions alors pile un mois avant notre départ pour le Cambodge et cette belle expo "Kanak" au Quai Branly était la dernière que nous vîmes en 2013.

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(Pétroglyphe, date inconnue, Musée de Nouvelle-Calédonie, Nouméa)

 

En général à Branly, on débute l'exposition par le panneau général qui nous en explique le propos. Cette fois-ci non : on entre directement dans le vif du sujet avec tout d'abord une pierre gravée et une petite forêt de perches sculptées auxquelles sont accrochés des tissus et de la paille, qui marquent les délimitations des espaces sacrés et du tabou.

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(Perches sculptés contemporaines, XXe s., Maison de la Nouvelle-Calédonie, Paris)

 

C'est ensuite un petit parcours composé d'appliques de portes de cases, les jövö qui nous est proposé. On découvre ainsi ces impressionnants visages aux nez larges et pointus et aux motifs géométriques. Il s'agit de figures d'ancêtres manifestant la présence des défunts dans le monde des vivants qui étaient fixées de chaque côté de la porte de la grande case.

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(Applique de porte de case, XIXe s, Musée de Nouvelle-Calédonie, Nouméa)

 

Et puis enfin, nous y voilà. Les habituels panneau introductif et carte de la région concernée. Le sous-titre de l'exposition est "l'art est une parole" car l'accent a été mis, nous annonce-t-on, sur l'importance de la parole dans la transmission de la vision du monde chez les Kanak. On pourrait en dire à peu près autant de toutes les populations du monde, mais soit. Ceci dit, il s'agit d'une déclaration d'intention car si la mise en avant de cette question dans l'exposition existe, elle paraît un peu détachée des objets exposés et surtout l'expo est bien plus riche et dense. 

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(Carte de la Nouvelle-Calédonie)

 

Comme souvent à Branly, l'organisation du propos est en réalité chrono-thématique, ce qui reste l'un des façons les plus intelligentes et les plus pédagogiques de faire sur ce genre de sujets.

On remarque dès le début la superbe et très grande carte au 1/200 000e de la Nouvelle-Calédonie tracée à la fin du XIXe s. par un administrateur colonial.

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(Léon Gouharou, Carte de la Nouvelle-Calédonie, vers 1894, Musée du Quai Branly)

 

Le mélange entre objets ethnographiques collectés sur le terrain et documents d'archives est particulièrement bien réussi et équilibré. La partie sur les monnaies traditionnelles est courte mais très intéressante. On découvre ainsi plusieurs de ces monnaies composées d'une tête et d'un chapelet de perles agrémenté de coquillages ou autres menus objets. Très précieuses, elles ont leur propre étui de rangement et servent encore aujourd'hui pour marquer les actes sociaux majeurs : naissance, mariage, décès, etc...

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(Tête de monnaie, XIXe s., Houaïlou, Musée du Quai Branly)

 

L'art de la parole chez les Kanaks est surtout présente au travers de la figure du chef, détenteur et porteur de cette parole au nom de l'ensemble de la communauté. Quand le chef désire parler il prend la hache-ostensoir symbole de son pouvoir, grimpe sur l'échelle à igname et souffle dans une énorme conque d'appel pour attirer à lui la population. 

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(Conque d'appel, XIXe s., Waala, île Art, Soprintendenza al Museo Nazionale preistorico ed etnografico, Rome)

 

La place majeure du chef est bien mise en avant, notamment par des photographies et des éléments biographiques concernant plusieurs importants chefs kanaks, depuis les premiers chefs connus par les récits européens jusqu'à Jean-Marie Tjibaou, le célèbre leader indépendantiste assassiné. Les personnalités politiques kanakes importantes font même l'objet de petites sections plus fouillées. Nous y reviendrons.

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(Quelques chefs (teamaa) de la chefferie de Belep)

 

Outre la conque d'appel, l'un des grands symboles du pouvoir d'un chef kanak sur son peuple est la hache-ostensoir. Ces haches d'apparat, très complexes à tailler dans de la pierre verte (néphrite le plus souvent) en raison du risque de cassure, étaient le signe du prestigne d'une lignée. Un grand prix y était accordé et une famille ne s'en séparait qu'à de très rares occasions solennelles.

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(Hache ostensoir, XVIIIe s., région de Pouébo, musée du Quai Branly)

 

La hache-ostensoir ci-dessus est l'un des rares objets rescapés de l'expédition d'Entrecasteaux partie à la recherche de La Pérouse en 1793, et qui avait abordé la Nouvelle-Calédonie. Bien que d'Entrecasteaux trouve la mort au cours de l'expédition, le récit de son voyage, publié au début du XIXe s., marquera les esprits et l'entrée d'une partie du Pacifique dans l'imaginaire français.

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(Jacques-Julien Houtou de la Billardière, "Relation du voyage à la recherche de La Pérouse...", 1800 (an VIII), Paris, Musée du Quai Branly)



Après celle de Cook en 1774, l'expédition d'Entrecasteaux en 1793 fut la deuxième grande exploration scientifique du XVIIIe s. à aborder en Nouvelle-Calédonie. Les deux capitaines jouirent d'un bon accueil de la population locale, portant sur eux un regard bienveillant et procédant à des échanges d'objets dont sont issus les plus anciennes pièces kanakes présentées dans l'exposition. L'esprit de découverte et d'échange des Lumières fonctionnait pleinement chez ces deux navigateurs.

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(Herminette porte-lame, XIXe s., Musée des Confluences, Lyon)

 

La section suivante de l'exposition est surtout composée d'objets de grande taille, plutôt impressionnants, servant à évoquer un lieu central de la vie kanake : la Grande Maison (mwârö). 

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(Allan Hughan, Grande case ronde de la chefferie Bwaxat, Hienghène, 1874, Musée du Quai Branly)

 

La Grande Maison est le centre de la société, le lieu où le clan se rassemble autour du chef. Il s'agit d'une grande case circulaire organisée autour d'un poteau central très élévé et surmonté d'une flèche faîtière. Cette structure est un résumé de l'organisation de la société, qu'il est impossible de maintenir debout sans une interaction forte entre le grand aîné (le poteau central) et les poteaux du tour de case. Tous ensemble soutiennent le toit qui protège le sol.

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(Extrémité de poteau central de Grande Case, XIXe s., Houaïlou, Museum der Kulturen, Bâle)

 

Une de ces cases est partiellement reconstituée par des éléments comme la flèche et la porte d'entrée et quelques cloisons circulaires. De nombreux schémas et explications un peu techniques accompagnent cette remarquable évocation de la Grande Maison.

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(Appliques de porte et linteau, XIXe s., L'Embouchure, tertre de Pwangaï, Musée de Nouvelle-Calédonie, Nouméa)

 

La Grande Maison, perchée sur un tertre, donne sur un espace extérieur ouvert, bordé d'arbres, où s'élabore la parole publique au cours de grandes cérémonies, les nemwâbwêê. De la case part une grande allée qui mène parfois à d'autres Grandes Maisons (pour les frères du chef par exemple). Elle est bordée d'arbres et de sculptures à planter qui accompagnaient sans doute les offrandes au cours des cérémonies.

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(Sculptures à planter dans les allées, XIXe s., Grande Terre, Musée du Quai Branly) 

 

La sculpture est un art toujours très vivant en Nouvelle-Calédonie et on apprécie que le musée nous ait proposé quelques réinterprétations contemporaines des sculptures à planter, comme celles-ci réalisées en hommage à Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou, signataires des accords de Matignon sur la Nouvelle-Calédonie en 1988.

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(Jean-Philippe Tjibaou, Les deux frères, 2008, Commune de Houaïlou, Nouvelle-Calédonie)

 

Pour achever cette thématique, plusieurs flèches faîtières sont présentées, alignées le long des vitres extérieures du musées. La flèche faîtière, taillée dans un seul morceau de bois, était ornées de coquillages, qui ont le plus souvent disparu aujourd'hui. Elle constitue un fort symbole de l'identité kanake, au point qu'on la retrouve sur le drapeau de la Nouvelle-Calédonie.

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(Flèche faîtière, XIXe s., La Foa, Museum der Kulturen, Bâle)

 

Alternant toujours habilement la chronologie et les questions plus thématiques, l'exposition se poursuit avec l'évocation du début de la première moitié du XIXe s. en Nouvelle-Calédonie, avec l'arrivée de toujours plus d'Européens: marins, missionnaires mais aussi scientifiques de tous poils et manifestant des intérêts variés autant pour la culture et les hommes que pour la nature exceptionnelle de l'île (90% des espèces vivantes en Nouvelle-Calédonie y sont endémiques).

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(A.D. Magaud, Portrait de Mgr Guillaume Douarre, 1847, Commune d'Yssac-la-Tourrette, Puy-de-Dôme)

 

Quelques missionnaires s'intéressent également aux langues kanakes, tels que le mariste Pierre Lambert (qui légua sa collection ethnologique au musée de Bordeaux (auj. musée d'Aquitaine) ou les missionnaires protestants comme Maurice Leenhardt.

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(Mission protestante des îles Loyauté, "Tusi hmitöt", Bible en langue drehu, 1890, Service protestant de mission, Paris)

 

Maurice Leenhardt mérite qu'on s'attarde un peu sur son cas. Ce pasteur est chargé à son arrivée en 1902 d'évangéliser les Kanaks (dans un contexte de concurrence avec la pères maristes catholiques évoqués plus haut). Le maire de Nouméa lui demande alors ce qu'il vient faire là car "dans dix ans il n'y aura plus de Canaques". Leenhardt évangélise et forme les premiers pasteurs indigènes. mais tente aussi de comprendre le peuple au sein duquel il a installé sa mission, étudiant les langues et les moeurs des Kanaks,  

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(Maurice Leenhardt)

 

Il devient le principal ethnologue de la région et nous a laissé une oeuvre importante dans ce domaine après son retour en métropole en 1927 (et quelques missions sur place dans les années 1930 et 1940). A sa mort en 1954, Leenhardt laisse une littérature ethnographique considérable sur les Kanaks, ainsi que la société des Océanistes qu'il a fondé, une chaire au Collège de France et les premiers enseignements de langues océaniennes à l'INALCO. Un beau bilan pour celui qui n'était arrivé au départ que pour prêcher la religion protestante...

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(Six noeuds-messages XIXe s., Grande Terre, Musée du Quai Branly. Les messages sont, selon Maurice Leenhardt: assassinat politique, parole torse, alliance de guerre, déclaration de guerre, gage de paix)

 

On apprécie particulièrement, dans le cadre de la section sur les recherches des années 1930, l'évocation de la muséographie de l'époque, parfaite illustration des paradigmes scientifiques alors en vogue sur les gens "restés à l'âge de pierre" (paradigme qui n'a malheureusement pas disparu des têtes ni des médias). Quelle belle idée du Museum de Rouen d'avoir conservé cette trace de l'histoire de la muséographie!

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(Les survivances de la Préhistoire, vers 1930, Museum de Rouen)

 

La fin du XIXe s. est aussi l'époque de la collecte de très belles pièces artistiques et ethnographiques de Nouvelle-Calédonie, comme ce très beau linteau de porte, dit "linteau Archambault" du nom de Marius Archambault, fonctionnaire des P&T sur place et archéologue amateur. Ledit Archambault s'était notamment mis en tête de recenser et photographier les sites pétroglyphiques de Nouvelle-Calédonie, de manière exhaustive et en les photographiant systématiquement. Ce travail passionnant d'un homme dévoué et méthodique n'est malheureusement scientifique que dans la méthode, car la conclusion tirée par ce brave homme était que les gravures rupestres ne pouvaient être que l'oeuvre d'une population étrangère...

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(Linteau Archambault, XIXe s., Näweta, Musée du Quai Branly)

 

Mais la seconde moitié du XIXe s., avec sa présence coloniale de plus en plus forte, est aussi une période de rébellions contre l'autorité française qui se met en place peu à peu. Après les principaux ethnologues de la région, ce sont donc les grands chefs kanaks qui font l'objet de biographies et d'exposition de pièces leur ayant appartenu. Une excellente idée qui donne une image kaléidoscopique de ce peut être une expérience coloniale, avec la diversité des attitudes qu'elle engendre. 

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(K.M. Knapp, Portrait du chef Naisseline, 1853, collection particulière, Nouméa)

 

Le grand chef Naisseline, de l'île de Maré (îles Loyauté) par exemple, a mené une politique visant à la domination de l'île de Maré, en utilisant les pasteurs protestants contre les missionaires maristes. Il sera finalement démis par l'administration français et contraint à renoncer à ses ambitions.

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(Massure phallique ayant appartenu à Naisseline, début XIXe s., Musée du Quai Branly)

 

Mais la figure de chef la plus populaire jusqu'à nos jours est celle du grand chef Ataï qui mena la grande insurrection de 1878 qui ébranla sérieusement la colonie. Mais, ne faisant pas l'unanimité parmi les tribus kanakes, il sera finalement tué par un kanak et sa tête rapportée en France. 

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(Masque mortuaire d'Ataï, 1878, Museum d'Histoire Naturelle, Paris)

 

Bien qu'aucune photographie ni portrait exact de lui ne nous soient parvenus (à l'exception de son masque mortuaire), il est traditionnellement représenté sous les traits d'une homme portant le bouc et une casquette sur le crâne. C'est cette image qui s'est imposée dans l'inconscient collectif et qui a servi sur les nombreux supports pro-indépendantistes: journaux, t-shirts, tags...

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(Emmanuel Kasarherou, Abribus, côte est, 2013)

 

Les Européens installés sur place commémorèrent également cette violente insurrection, par de menus objets et souvenirs locaux.

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(Huître gravée, "Mort de Gally-Passebosc", XIXe s., Musée d'Art et d'Histoire, Rochefort)

 

Retour à des perspectives purement ethnologiques juste à côté avec l'évocation de la culture de l'igname et l'importance du cycle de cette plante dans le rythme de l'année pour les Kanaks.

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(Pierres pour la magie des ignames, XIXe s., Musée de Nouvelle-Calédonie, Nouméa)

 

L'igname et les objets qui sont attaché à sa culture, de la plantation des tubercules à la récolte et au stockage, ont un caractère sacré. Tout cela est très bien expliqué grâce à une longue frise, de nombreux objets et une vidéo.

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Le balancier reprend son rythme pour revenir à l'histoire et à la prise de possession officielle de la Nouvelle-Calédonie par Napoléon III le 24 septembre 1853, soit historiquement très tôt dans l'histoire coloniale. En quelques décennies, c'est une triple colonie qui se met en place: colonie d'exploitation, colonie de peuplement et également une colonie pénitentiaire. C'est d'ailleurs l'occasion d'évoquer la figure de Louise Michel qui faisait partie des proscrits de 1871 condamné à la relégation en Nouvelle-Calédonie. Elle s'y intéressera au peuple et à la culture kanakes, ainsi qu'à la grande révolte de 1878 qu'elle voit comme une insurrection contre l'oppression coloniale. Elle rentrera en France à l'occasion de l'amnistie générale de 1880.

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(Pierre-Henri Paillard, "Je vois arriver la farouche Louise Michel" in Les Voyages illustrés, 1893, Collection particulière)

 

Alors même que les Français sont de plus en plus présents en Nouvelle-Calédonie, la connaissance des Kanaks - ou du moins ce qui en est transmis en métropole - se fait plus partielle et partiale, plus caricaturale aussi. Les Kanaks sont parqués dans des réserves dont ils ne peuvent sortir et font l'objet d'une imagerie humiliante basée sur des théories racialistes et évolutionnistes.

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("Les anthropophages de la Nouvelle-Calédonie", in Le Journal des Voyages, 1878, collection particulière, France)

 

Ayant besoin d'images fortes, la colonisation oublie vite les Kanaks décrits par Cook et d'Entrecasteaux qui sont presque des "bons sauvages" rousseauistes, pour s'attacher à en faire l'un des degrés les plus primitifs et les plus cruels de l'évolution humaine. Dangereux, sauvages, anthropophages, pratiquant une sexualité exhibitionniste et bestiale... les Kanaks sont alors animalisés et certains feront l'objet d'exhibitions humiliantes dans les fameux "zoos humains", qui ne manquent pourtant pas d'opposants dès l'époque de leur mise en place.

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(Le Pilou-Pilou, affiche)

 

Nous avons apprécié la confrontation des représentations de l'autre, vu par chacun des deux peuples. Outre les imageries colonialistes avides de sensationnalisme, on trouve aussi de beaux portraits de Kanaks dans le plus pur style académique du XIXe s.

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(Artiste anonyme, Buste de Canaque, XIXe s., Musée d'Angoulême)

 

Et son pendant kanak: la représentation d'un Européen coiffé d'un casque colonial et d'un nez très long (une caractéristique de la représentation des Européens très commune en Asie également).

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(Flèche faîtière au casque colonial, XIXe s., Grande Terre, Musée d'Art et d'Histoire, Rochefort)

 

La suite et la fin de l'exposition sont un peu moins passionnantes, présentant de longues vitrines consacrées à certains types d'objets: les massues, les sagaies, les figurines funéraires, objets magiques, statuettes, etc... Toutes sont de belles et intéressantes pièces, mais le propos paraît plus confus, d'autant plus que les distinctions avec les autres éléments présentés dans la salle ne sont pas nettes.

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(Tirailleurs kanaks, Bataillon du Pacifique sur le sol français, guerre de 1914-1918, Gaumont Pathé Archives)

 

On y trouve ainsi également une courte vidéo sur les tirailleurs kanaks engagés dans la première guerre mondiale et une impressionnante collection de très grands masques permettant au danseur d'interpréter lors de cérémonies des personnages tantôt inquiétants, tantôt comiques.

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(Figure de masque, XIXe s., Collection des musées de l'agglomération d'Annecy)

 

Dans cet espace peu éclairé, les masques semblent prendre vie et leur aspect un peu effrayant en est renforcé. C'est du plus bel effet mais malheureusement, cela se fait au détriment de la lecture correcte des pièces et des cartels, plongé dans une pénombre un peu trop dense. L'équilibrage entre mise en valeur par les jeux d'ombres et lumière suffisante pour la visite est toujours délicat au Quai Branly. 

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(Masque, 1ere moitié du XIXe s., Nord de la Grande Terre, Musée du Quai Branly)

 

On finit bien entendu par quelques propos sur les évènements aux allure de guerre civile des années 1980 et la voie de l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, toujours en question alors qu'elle aurait dû être réglée en 2008... Je passe sur le côté un peu ridicule du cartel qui explique qu'en passant de l'orthographe française "canaque" à l'anglaise "kanak" pour se désigner, les Kanaks avaient retrouvé identité et dignité... Admettons...

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(Drapeau kanak, 1982, Centre Culturel Jean-Marie Tjibaou, Nouméa)

 

C'est avec cet avenir incertain de la Nouvelle-Calédonie et la figure de Jean-Marie Tjibaou, assassiné par un kanak en 1989, qu'aurait dû logiquement s'achever l'exposition. Mais non, une ultime section évoque les liens entre les gens manifestés par les dons et contre-dons. De nombreux objets: monnaie, colliers, tapas, vêtements, s'échangeaient ainsi très fréquemment. Malgré tout l'intérêt de ce propos, on se demande un peu ce qu'il vient faire en épilogue de cette riche exposition, comme si on avait pas trop su où caser tout cela.

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(Collier de perles, avant 1850, Musée du Quai Branly)

 

Encore une petite note sur Paris, et promis, je rattrape mon retard concernant notre long séjour cambodgien!