Le dimanche, depuis Salzbourg, nous rallions Hallstatt pour une petite mise au vert. Ah, Hallstatt! Le trajet en train est assez magnifique à travers le Salzkammergut, cette région montagneuse qui, comme son nom l'indique, a bâti sa fortune (et celle de Salzbourg et ses archevêques), sur l'extraction et le commerce du sel.

Nous arrivons à Hallstatt et, oh surprise, la gare (disons plutôt l'arrêt) est en plein milieu des arbres et seuls deux chemins en sortent: l'un est là pour faire le tour du lac de Hallstatt, l'autre mène au bord dudit lac, à un petit débarcadère où un bateau nous attend. Eh oui, Hallstatt est, à ma connaissance, la seule ville où la gare est séparée du centre par un lac!

Néanmoins nous arrivons rapidement dans ce magnifique petit village aux rues étroites, accolé au flanc du massif montagneux.

Hallstatt

(Hallstatt)

Le sel est essentiel dans l'histoire de Hallstatt et ses environs. Dès le IVe millénaire avant J-C on a commencé à l'exploiter, exploitation qui n'a fait que prendre de l'essor, au point que les nombreuses sépultures (près de 2000) de l'âge du fer trouvées dans les environs ont fait de ce petit village un nom connu de tous les archéologues: Le Hallstatt correspond à la première période de l'âge du fer (1000 à 500 avant J-C environ). Sur place, à part un minuscule musée, pas grand chose de cette époque; l'essentiel est à Vienne (cf. l'article sur le Musée d'Histoire naturelle de Vienne).

Ceci dit, le village ne manque pas d'attrait. Nous sommes montés vers l'église catholique, jolie et dont l'entrée est peinte. Le tout petit cimetière attenant est intéressant aussi. Très bien entretenues, les tombes sont surmontées de croix en bois ou en fer forgé dans un style qui rappelle déjà l'Europe centrale.

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(Cimetière de Hallstatt)

L'élément le plus curieux de ce secteur est la chapelle Saint-Michel (St. Michaelskapelle). Ce bâtiment abrite l'ossuaire du village. Cet ossuaire est le fruit de la situation particulière du village. Celui-ci étant trop étroit, le cimetière ne peut accueillir qu'un nombre très limité de personnes. Donc, tous les 10 à 20 ans, depuis le XVIIe s., on transfère les ossements dans l'ossuaire, avec cette particularité qu'un bon nombre de crânes sont alors peints de motifs floraux et du nom et dates de vie et de mort du défunt, puis disposés les uns à côté des autres. L'ensemble donne une impression macabre assez étrange. Je me suis permis de prendre une photo, une seule, malgré mes états d'âme tout en gardant une attitude très respectueuse envers les morts, bien évidemment.

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(Hallstatt, Ossuaire de la Michaelskapelle)

Après avoir pique-niqué un peu et mangé une glace, nous longeons le lac depuis Hallstatt jusqu'au village suivant, Obertraun. Une fois à Obertraun, une assez longue montée en lacets nous amène, après quelques litres de sueur, au départ du téléphérique.

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(Hallstatt et le lac de Hallstatt)

Nous prenons donc le téléphérique du Dachstein et montons jusqu'à une première station, d'où nous marchons jusqu'à l'entrée des grottes géantes du Dachstein (Rieseneishöhle). De là, nous visitons donc, en un peu moins d'une heure, cette grotte explorée pour la première fois en 1910 et dont la particularité est d'être peuplée de concrétions de glace très étonnantes, qui se forment depuis 500 ans par un curieux phénomène physique. Les salles portent des noms tirés des légendes arthuriennes ou des mythes wagnériens, preuves de l'époque où elles furent découvertes.

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(Rieseneishöhle)

Nous trouvons encore ensuite le temps de reprendre le téléphérique pour monter au Krippenstein (2100 m. d'altitude) d'où nous respirons l'air pur et admirons le paysage. Nous y marchons un peu, jusqu'à une chapelle en bois, sans style mais un peu triste, consacrée... aux disparus en montagne...

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(Krippenstein, vue sur le massif du Dachstein (2995 m.)

Nous redescendons ensuite vers Obertraun (grâce à la gentillesse d'une famille autrichienne qui a bien voulu nous prendre en stop) et courons vers la gare pour attraper le train. Ouf, rude journée, presque sportive, mais riche de découvertes.