Reprise et relecture d'un article daté du 13 décembre 2007, mais plus que jamais d'actualité.

On vient de l'apprendre, à l'issue de son procès en appel, Yvan Colonna a été condamné à perpétuité avec 22 ans de sûreté. Et pour avoir suivi un peu ce second procès, je dois dire que si voici deux ans j'avais des doutes sur sa culpabilité, je suis désormais presque certain que pour ne pas discréditer notre nabot en chef (ça s'appelle la "raison d'Etat") on a condamné un innocent.

corse

"Yvan Colonna est un assassin. Nicolas Sarkozy l'a dit. La veuve du préfet assassiné, qui n'a rien vu, l'a dit aussi. Tous les journalistes l'ont dit. Tout le monde le croit et ceux qui pensent l'inverse sont de méchants nationalistes corses qui veulent faire éclater la République. Soit.

Désormais, il vient de prendre perpétuité pour cet assassinat, c'est donc officiel il est l'assassin qui a tué le préfet Claude Erignac un jour de 1998. On ne doit pas contester cette vérité officielle.

Et pourtant... je ne sais pas pourquoi, j'ai de sérieux doutes.

Je ne suis pas corse, je suis lorrain. Je n'y ai aucune famille et n'y ai même jamais mis les pieds. Je crois en la République française, au moins autant que la plupart des gens. Et pourtant je doute de tout cela. Je ne crois pas, très sincèrement, en la culpabilité de cet homme.

Reprenons les éléments qui sont venus à notre connaissance:

- 5 personnes ont vu la scène de l'assassinat ce 6 février 1998. Aucune n'a reconnu Yvan Colonna...

- Le commando meurtrier était composé, selon les témoins, de 2 personnes, qui ont avoué et sont en prison. Pas de trois...

- Le médecin légiste a dit que le tireur devait mesurer autant que le préfet, soit 1,83 m. Yvan Colonna fait 1,72 m...

- Yvan Colonna n'a été mis en cause, à l'origine, que par les "aveux" d'autres nationalistes. On sait ce que valent les aveux de "repentis" ou assimilés (d'ailleurs, on a pas entendu cette chère Mme Fred Vargas défendre Colonna cette fois... ben oui suis-je bête, Colonna n'est pas Battisti, ce n'est pas un homme d'extrème-gauche, il n'écrit pas de romans, et il n'est même pas sûr que lui soit un meurtrier).

- Une empreinte relevée lors du vol de l'arme du crime n'est pas celle de Colonna.

En gros, aucune preuve matérielle n'accuse Colonna. Les seuls éléments qui ont, objectivement, permis sa condamnation sont l'intime conviction de la veuve et de Sarkozy et sa fuite quand on est venu l'arrêter. C'est léger, très léger.

Moi je ne crois pas à cette culpabilité avec si peu de choses. Il devrait bénéficier du doute. Au moins autant que les fripouilles ex Brigades Rouges qu'on protège parce que Mme Sarkozy est italienne et se croit de gauche...

J'ai peur qu'on ne soit face à une des plus grandes erreurs judiciaires de ces dernières années. Je ne crois pas que Colonna soit un type forcèment très recommandable, mais je crois qu'il est innocent du meurtre dont on l'accuse."