Vincennes est, sans conteste, un des hauts lieux de l'histoire de France et un des bâtiments les plus intéressants à visiter à proximité de Paris. J'ai déjà évoqué ce château royal et son impressionnant donjon il y a quelques mois.

Récemment, nous sommes retournés à Vincennes, pour profiter à la fois de la réouverture de la Sainte Chapelle de Vincennes qui était fermée pour travaux après avoir été fragilisée par la tempête de 1999 et pour voir l'expositions "Trésors des icônes bulgares" juste avant qu'elle ne s'achève.

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(La Sainte Chapelle de Vincennes, bijou d'art gothique flamboyant)

Cette exposition nous a fait découvrir pas mal de pièces intéressantes et nous a permis de plonger à nouveau, après les merveilleuses expositions de Londres consacrée à Byzance et du Petit Palais sur le Mont Athos, dans le monde de la chrétienté orientale avec ses particularités et ses grands mouvements. Cette fois-ci, l'intérêt était double, surtout après les expositions précitées: nous pouvions constater à la fois à quel point l'influence du style en matière d'art donné par Byzance, puis à la chute de celle-ci par le Mont Athos, était forte mais aussi mesurer toutes les limites de cette influence et les particularités provinciales de l'art bulgare. Bref, c'était bien. On ne peut que regretter une mise en musée pas mauvaise mais parfois un peu étroite qui rendait l'accès aux oeuvres pas forcèment évident.

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(Déisis, 1495, bois, Monastère de Batchkovo)

L'une des plus jolies et des plus étonnantes oeuvres exposées est ce Saint Théodore du Xe s., réalisé en céramique, ce qui est un procédé assez inhabituel pour nous qui sommes habitués aux icônes sur bois, mais a priori, dans les premiers temps de la conversion des Bulgares au christianisme en 864 on utilisait toutes sortes de supports: émail, céramique, mosaïque.

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(Saint Théodore, Xe s., céramique, Musée historique de Preslav)

L'exposition nous présente donc un grand nombre d'oeuvres, essentiellement des icônes (80, venues directement de Bulgarie), selon un ordre essentiellement chronologique qui distingue trois phases: des origines au XIVe s. (c'est à dire jusqu'à la fin de l'empire byzantin); du XIVe au XVIIe s. (face à la domination ottomane); et enfin XVIIIe et XIXe s. et leur rôle au sein des luttes indépendantistes du pays.

On découvre aussi des saints très célébrés dans le christianisme oriental, en particulier un certain nombre de saints militaires, à l'image de ce Saint Georges à cheval. Elle date de la fin du XVe s. et, au-delà de son caractère religieux, présente déjà une fonction politique: en effet, l'enfant pris en croupe sur le cheval du saint est sensé avoir été délivré des Sarrasins suite à son intervention.

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(Saint Georges à cheval, fin XVe s., bois, Galerie nationale des Beaux-Arts de Bulgarie, Sofia)

En dehors de ces saints communs aux deux branches du christianisme, les orthodoxes célèbrent pléthore de saints inconnus ou peu populaires chez nous, comme cette Sainte Nedelya, martyre chrétienne.

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(Sainte Nedelya, XIXe s., bois, Galerie des Beaux-Arts de Bulgarie, Sofia)

Au-delà des icônes, l'exposition présentait aussi, dans un cadre hélas trop étroit, de beaux manuscrits précieux, essentiellement religieux bien entendu.

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(Evangéliaire, 1552, reliure XVIIe s.), Galerie nationale des Beaux-Arts de Bulgarie, Sofia)