Nouvelle Feuille

Venez armés, l'endroit est désert...

29 septembre 2009

Quand les médias incitent implicitement au pillage...

Il y a quelques jours, on nous a fait part de cette découverte extraordinaire d'un trésor anglo-saxon faite en Angleterre par un simple chômeur qui grâce au pognon va pouvoir s'acheter une maison. Oh, la belle histoire que les médias sont ravis de nous raconter!

Mouais. Voir... Il faut, à cette occasion, rappeler quelques éléments essentiels et dire ce que les médias oublient de nous dire, parce que la culture ils s'en tamponnent et veulent juste raconter des histoires: cette découverte est le fruit du pillage, faite grâce à un détecteur de métaux et fruit de 5 jours de fouilles de la part du détectoriste qui a ainsi, irrémédiablement, détruit le contexte de la découverte. Et grâce à cela il va se payer une maison alors qu'il devrait avoir une amende pour n'avoir pas respecté la loi britannique: "Selon le « code de bonne conduite » du « detectorist » l’inventeur aurait dû déclarer immédiatement sa découverte, sans rien perturber, à l’un des 37 « Finds Liaison Officers » payés justement pour enregistrer les trouvailles." (association Halte au pillage)

Au passage, un autre gros mauvais points aux médias français et autres, qui à cette occasion auraient dû, au moins:

- Signaler qu'en France la loi ne permet pas ce genre de trucs.
- Préciser plus en détails de quoi il s'agit comme trésor, car au final, à part qu'il était d'or et d'argent et très ancien, nous n'en avons pas su grand chose!

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(Garde d'épée, source: BBC)

Rappelons à cet égard, pour les petits malins qui seraient tentés de faire la même chose en France, que l'activité de détectoriste est tellement réglementée qu'elle est pour ainsi dire interdite et donc, que 95% des détectoristes au moins sont dans la plus totale illégalité! Et que l'archéologie n'est pas la quête du bel objet ou de l'artefact rare qui brille. Que revendre tout cela sur Ebay (cherchez "fibule" ou "monnaie romaine", vous aurez de beaux exemples de détectoristes sans scrupules) est absolument illégal aussi!

Petit rappel de la réglementation sur l'excellent site Halte au pillage (qui m'a fourni une partie de la matière nécessaire à cet article et dont un de leurs articles a confirmé mes craintes quant à cette découverte).

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(Bouton en or, source: BBC)

Quelques liens essentiels sur ce sujet:

L'annonce de la découverte (si vous lisez l'anglais)

Discussion sur Passion Histoire consacrée à cette découverte

Le détectorisme et l'archéologie, autre discussion sur Passion Histoire

L'article du site Halte au pillage consacré à cette découverte, très bien fait

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23 septembre 2009

Pour s'initier à l'histoire de la Lorraine...

Une fois n'est pas coutume, c'est un petit coup de pub que je me permets pour ce livre d'un ami, mais qui n'en est pas moins un ouvrage tout à fait intéressant: MARTINO, Laurent, Histoire chronologique de la Lorraine, Ed. Place Stanislas, 2009.

Il s'agit ici, au travers d'une histoire chronologique, d'offrir une vulgarisation abordable de l'histoire très riche de ce pays (indépendant jusqu'en 1766!) puis province française qu'est la Lorraine.

J'engage tout le monde à y plonger son nez avec profit: celui qui n'y connait rien bien sûr, ou si peu pour en apprendre plus et appréhender la richesse de cette histoire qui est inscrite au coeur de l'Europe. Mais également celui qui est déjà versé dans la connaissance historique et qui voudra, à l'occasion, compléter un fait ou préciser une date. Tout cela avant de se plonger plus avant dans les détails, bien évidemment.

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16 septembre 2009

Fontainebleau

C'est dans l'un des très haut lieu de l'histoire de France que nous nous sommes rendus ce jour-là, où à peu près tout ce que la France compta de souverains du bas Moyen Âge au Second Empire passa: Fontainebleau.

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(Château de Fontainebleau, cour des adieux)

Le château est un peu éloigné de la gare, mais heureusement une ligne de bus spéciale y mène de façon régulière. L'arrivée près du château impressionne; on débarque en face de la fameuse cour des adieux, flanquée de bâtiments sur trois côtés et fermée au quatrième d'une grille ornée d'aigles impériales; tout ici proclame le roman glorieux et tragique du Premier Empire.

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(Grille de la cour des adieux)

Tout? Pas tout à fait, car en dehors du souvenir lié à ce roman national français qu'est l'épopée napoléonienne et qui a fait de cette cour un lieu de mémoire important, pour moi qui suis peu sensible à la figure du petit corse devenu empereur, l'élément le plus intéressant de la cour des adieux est son fameux et superbe escalier du Fer-à-Cheval, petite merveille d'époque Louis-XIII et oeuvre de Jean Androuet du Cerceau.

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(Escalier du Fer-à-Cheval)

L'intérieur du château, malgré le fait que certaines parties (musée Napoléon, musée Chinois et Petits Appartements) ne soient accessibles qu'une fois par jour et en visite guidée..., ne manque pas d'attraits. Sa visite est comme une convocation dans l'histoire de France au travers des goûts artistiques de ses rois et chefs d'Etat.

La première salle des Grands Appartements est en elle-même une curiosité: la galerie des Assiettes a été conçue au XIXe s., entièrement garnie de bois et avec de petits emplacements réalisés pour y installer une centaine d'assiettes ornées de scènes de l'histoire de France, en porcelaine de Sèvres. L'ensemble donne une impression très curieuse.

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(Galerie des Assiettes)

Ensuite nous admirons de loin la chapelle de la Trinité, où Louis XV épousa Marie Leszczynska en 1725, puis arrivons dans la magnifique Galerie François Ier. Dans cette galerie, merveille de la Renaissance et de l'école dite "de Fontainebleau", se trouvent dans une débauche décorative de fresques, stucs et lambris, des scènes allégoriques ou mythologiques au sens parfois obscur et tout un programme à la gloire de François Ier, avec moults salamandres et monogrammes "F".

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(Symboles de François Ier)

L'ensemble de la galerie a été réalisée entre 1528 et 1530 sous la direction des peintres italiens Le Rosso et Le Primatice.

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(Fresque)

Petit détail pénible: pourquoi donc tous les châteaux se mettent à suivre l'abominable exemple de Versailles et accueillent dans leurs murs des trucs moches sous prétexte d'ouverture à l'art contemporain? L'art contemporain n'a pas assez de lieux qui lui sont consacrés sans doute... Bref, du n'importe quoi, mais donc dans cette superbe galerie dont certains éléments auraient bien besoin de réparation, on préfère organiser une expo de meubles "design" ou pas, plus ou moins affreux et rangés à peine mieux qu'un débarras. Je n'ai pas bien compris l'intérêt ni ce que cela apportait au lieu. Mais je dois être un vieux con, sans doute...

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(Sans commentaires)

Malgré cela cette galerie s'est révélée tout à fait fascinante et au moins elle n'a pas, contrairement à beaucoup d'autres pièces, été remaniée par Napoléon Ier. Et franchement, une grande galerie renaissance aussi intacte, ça vaut le coup d'oeil.

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(Buste de François Ier)

Nous découvrons ensuite d'autres pièces, chambres, salons et antichambres, souvent d'époque Henri IV ou Louis XIII. Toutes sont très belles mais l'escalier du Roi est remarquable par son décor de fresques et de stucs réalisés par Le Primatice.

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(Escalier du Roi)

Les salles que l'on voit ensuite sont plutôt de l'époque Louis XVI et Empire, et meublées avec soin dans le goût Empire.

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(Grand Salon de l'Impératrice)

Une des salles les plus remarquables de cette série est la Chambre de l'Impératrice (ou de la Reine), chambre qui a vu passer Anne d'Autriche, Marie Leszczynska, Marie-Antoinette qui ont chacune apporté leur touche dans cette pièce.

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(Chambre de l'Impératrice)

De l'ancienne chambre des rois, utilisée comme telle de Henri IV à Louis XVI (et au plafond orné du symbole de Louis XIII, deux massues entrecroisées, symbole d'Hercule), Napoléon Ier avait fait sa salle du trône, lui qui aimait tant Fontainebleau où il ne sentait pas écrasé par un autre glorieux souverain comme à Versailles. C'est à ma connaissance la seule salle du Trône encore en état en France et c'est tout de même assez étonnant comme endroit.

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(Salle du Trône)

Dans la série des souvenirs napoléoniens, les salles suivantes sont essentielles, même si on est pas plus touché que cela par cette période historique. Ainsi on peut voir sa chambre à coucher ainsi qu'un petit guéridon sans guère de style où l'empereur signa son acte d'abdication!

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(Chambre de Napoléon, meublée en style Louis XVI)

Comme nous avions loupé une petite partie de la visite, nous sommes ensuite revenus sur nos pas pour admirer la Salle de bal, une pure merveille de décoration, commencée sous François Ier et achevée sous Henri II, avec notamment comme artistes y ayant participé: Philibert Delorme, Nicolo dell'Abate et Le Primatice.

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(Salle de bal)

Finalement, pour résumer très grossièrement, le château de Fontainebleau est un peu le négatif de Versailles: tous les souverains y ont laissé leur trace, sauf Louis XIV!

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(Tribune de la salle de bal)

Enfin, nous finîmes notre visite du château proprement dit (car comme je l'ai dit, l'accès à certaines parties qui promettaient pourtant d'être intéressantes était limité) par la chapelle Saint-Saturnin, à la surprenante voûte à caissons.

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(Chapelle Saint-Saturnin)

Après un petit repas pris pas très loin, ce fut le temps pour un tour de l'extérieur du château et des jardins. Nous avons ainsi vu le jardin de Diane, puis la salle du jeu de paume où l'on joue encore de nos jours à ce jeu rendu célèbre par la Révolution française. En gros, ça ressemble à du tennis en un peu plus compliqué et en salle.

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(Jeu de paume)

Les jardins n'ont certes pas la beauté classique de ceux de Versailles mais ils sont tout à fait agréables et assez étendus. Sur l'étang aux carpes (réellement plein de carpes) qui jouxte le château, se trouve un petit pavillon, une folie très amusante: il s'agit d'un simple pavillon de thé construit sur une île minuscule et qui n'était (et n'est toujours), bien entendu, joignable qu'en barque!

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(Etang des Carpes)

Le tour du château s'est poursuivi par la cour ovale, construite par François Ier sur l'emplacement du château primitif et fermée par la porte du baptistère, actuellement en restauration.

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(Cour ovale)

Une autre porte s'ouvre sur la cour ovale, la très belle porte dorée, édifiée en 1528 par François Ier pour servir d'entrée d'honneur au palais. Elle est décorée de peintures du Primatice (encore lui!).

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(Porte dorée, intérieur)

Ensuite nous nous sommes baladés un bon moment dans le parc et aux alentours avant de repartir vers notre train et de rentrer à Paris!

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(A une prochaine fois...)

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13 septembre 2009

Se pomponner autrefois...

Quelle bonne idée d'avoir consacré une exposition à produits de beauté et aux soins du corps dans le temps long, et quelle bonne idée de l'avoir organisé conjointement entre le Musée du Moyen Âge de Cluny (Paris) et le Musée de la Renaissance (Ecouen)!

C'était l'occasion de (re)découvrir ces deux magnifiques musées et de faire une incursion hors des domaines purement évènementiels ou artistiques pour toucher à ce domaine moins souvent exploré qu'est le quotidien de nos ancêtres, de l'Antiquité romaine à la Renaissance.

A Cluny tout d'abord, ce fut l'occasion de s'aventurer dans les parties nouvellement ouvertes du musée et celles remises en musée depuis peu.

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(Dans une des nouvelles salles du musée, une ode au vin taillée dans la pierre)

On a ainsi pu voir la salle d'arme et quelques salles consacrées à des éléments divers, notamment de la vie quotidienne, avec entre autres un superbe jeu d'échecs médiéval, des tentures illustrant la vie seigneuriale, quelques jeux et cartes à jouer et surtout, à mon sens très intéressant, une dinette d'enfant, magnifique, avec petits pots, cruches, couteaux, grille à viande, poele. A mon sens, malgré leur petite taille, des pièces tout à fait formidables, du XVe s., qui pourraient me permettre d'avancer un peu sur le sujet des jouets d'enfants auxquels j'ai déjà consacré quelques modestes propos (Cf. ces trois notes: Un, deux et trois).

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(Dinette, XVe s.)

De façon exceptionnelle pour cette exposition, le musée à ouvert, après des années de fouilles et de travaux, le frigidarium des thermes de Cluny, témoignage tout à fait intéressant du mode de vie romain en Gaule et de l'importance prise par Lutèce à l'époque gallo-romaine.

La partie de l'exposition située dans le frigidarium traite donc du sujet "Le bain et le miroir" sous l'Antiquité. Las, si les objets sont très beaux ou très instructifs, en particulier en ce qui concerne les différentes poudres, fards, onguents et cosmétiques et leurs contenants, quelle idée a donc piquée les conservateurs du musée de vouloir, en lieu et place des habituels cartels, préférer des cartels "informatiques", qui tombent en panne parfois et surtout ne permettent pas de se concentrer sur le texte qu'il affiche vu que celui-ci change toutes les dix secondes pour passer à une explication sur l'objet suivant. Cela rend au final la visite beaucoup moins agréable et plus superficielle. Un TRES gros bémol à ce sujet.

Pour le reste, la partie antique était consacrée essentiellement aux cosmétiques et aux apports de la chimie pour mieux les comprendre, ainsi qu'à l'art de la coiffure à travers la statuaire des empereurs et impératrices romaines, aux coiffes parfois fort improbables.

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(Tenture de la vie seigneuriale, Le bain, Pays-Bas, début XVIe s.)

La partie médiévale, tout comme l'antique, aborde également les discours tenus autour du corps et de ses apprêts. Entre les louanges de certains Anciens et les sermons de Saint Augustin...

Beaucoup d'objets et de représentations sont exposées, permettant de se faire une idée du raffinement du Moyen Âge qu'on imagine trop souvent barbare. De superbes peignes, miroirs et autres instruments témoignent de la façon qu'on y a de s'apprêter, de se laver. Les parties consacrées à la coiffure sont édifiantes avec quelques exemples de coiffes qu'on imagine d'apparat, très sophistiquées. Quelques manuscrits complètent le tout.

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(Buste de sainte)

Seul bémol (en plus des peu pratiques cartels informatiques), bémol qui se retrouve à Ecouen: n'est évoqué que la vie des nobles et des gens aisés. A Ecouen sont même évoqués les artisans, mais pas le petit peuple et la façon dont il pouvait envisager les soins corporels selon les époques, ce qui est un peu dommage.

Quelques jours après cette balade à Cluny, nous sommes donc allés revoir le beau château-musée d'Ecouen, bijou d'architecture renaissance né de la volonté du grand connétable Anne de Montmorency.

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(Château d'Ecouen, cour)

La partie de l'exposition située dans ce musée est à mon sens encore plus intéressante que celle de Cluny, ne serait-ce que par l'absence des odieux cartels gigotants. L'ennui c'est que les salles sont souvent trop sombres pour faire la moindre photo.

Une partie de l'exposition traite, à l'aide d'oeuvres d'art, du passage des bains collectifs (ou étuves) soupçonnés de favoriser la lascivité, le péché et la luxure, au bain aristocratique, de bon ton et de bon goût entre gens bien nés, où l'on se trempouillait gentiment jusqu'à mi-corps, le plus souvent habillé, dans un bain léger et parfumé, a discuter au son d'une douce musique.

Une autre partie est consacrée à la cosmétologie et à l'abondante littérature, plus ou moins éclairée, qui circulait à ce propos. Cela pouvait aller de traités réellement savants à de la vulgarisation confinant à la dangereuse arnaque, tant les matières préconisés ressemblent à des ingrédients pour sorcières, voire à des poisons (à base de plomb, de mercure).

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(Petit flacon à cosmétiques, Venise, fin XVIe s. - début XVIIe s., Musée d'Ecouen)

Parmi les choses curieuses et très révélatrices du raffinement de cette époque, il y a divers objets, comme ces curieux petits batonnets avec d'un côté un cure-ongles et de l'autre un cure-oreilles. Mais surtout, l'aspect le plus intéressant est celui des bijoux de senteurs, en particulier les pommes de senteurs, ces petits bijoux qu'on tenait attachés à une chaine assez loin de sa peau, et qui s'ouvraient pour être garnies de différentes pâtes parfumées. Au travers de ces curieux bijoux, on fait une entrée dans un monde au-delà des livres et des oeuvres d'art, un monde évanouï, celui des senteurs.

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(Pomme de senteur, Pays-Bas, 1610-1620. Contenait de la rose, de la cannelle, du clou de girofle, de l'angélique, de la muscade et du balsamum apoplecticum, Rijksmuseum, Amsterdam)

Cette exposition était également l'occasion de découvrir une partie habituellement fermée du château et exceptionnellement ouverte du fait de son lien avec le thème: l'appartement des bains du connétable de Montmorency. Celui-ci est composé de plusieurs salles à la décoration discrète mais plutôt jolie.

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(Dans la salle d'étuve de l'appartement des bains)

Dans cette salle sont également exposés des mascarons originaux qui ornaient le Pont Neuf. Ils sont particulièrement vilains, jugez-en vous-mêmes...

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(Mascarons)

Voilà... En somme, je vous recommande, si vous êtes rapides, ces deux expositions qui ferment le 21 septembre!

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06 septembre 2009

L'Inde en fête... à Paris

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(Affiche en français...)

Chaque année depuis presque 15 ans, la communauté indienne (essentiellement tamoule) de Paris organise, fin août - début septembre, une fête consacrée au dieu Ganesh. A l'instar de celles qui existent en Inde, cette fête est très joyeuse, colorée et pleine de monde. De plus en plus de monde chaque année d'ailleurs.

Je précise juste que le dieu Ganesh, très populaire en Inde, protège les voyageurs, les professions intellectuelles, les étudiants et surtout, ce qui est le cas de beaucoup d'Indiens à Paris, les commerçants! A condition de le gâter par de belles offrandes, ce qui, pour ce dieu gourmand, se traduit par des fruits, des gâteaux, des douceurs.

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(...et en langue tamoule)

Aller à la fête de Ganesh, c'est toujours un moment invraisemblable, une plongée dans un autre univers. Nous sommes bien à Paris - on y accède en métro - et sitôt sortis de la station, nous pénétrons dans une Inde festive et doucement kitsch, avec de l'haussmanien autour. L'ensemble forme une ambiance assez unique, entre spectateurs surpris du spectacle et ferveur religieuse des Indiens qui sont légion à vivre et tenir commerce dans ce quartier proche de la Gare du Nord.

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(Un autel à Ganesh)

Un peu partout, le long des rues, devant les commerces, s'installent de petits autels dédiés au dieu Ganesh. Certains portent juste des fruits, d'autres une statue du dieu en plus. Et, plus qu'il y a deux ans lors de notre première découverte de cette fête, il y a nombre de ces commerçants indiens qui y voient une belle aubaine pour tenter au passage d'y vendre divers babioles et cochonneries kitsch.

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(Installation)

On peut même apercevoir des fleurs tracées à la craie à-même le trottoir, symbole de bonne augure pour le commerce. Le sol est préalablement mouillé pour permettre à la craie de mieux tenir.

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(Dessin en cours)

Puis, peu après vient la clameur du défilé qui arrive. Il est parti du temple consacré à Ganesh quelques rues plus loin et il va défiler pendant plusieurs heures dans le quartier indien au rythmes des chants, de la musique et des danses.

Tout d'abord, ce sont deux premières voitures, dans lesquelles on peut acheter des fruits à apporter en offrande à Ganesh.

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(Distribution de fruits)

Ces voitures sont immédiatement suivies par une première série de porte-emblèmes qui escortent une grande statue d'éléphant en résine.

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(Eléphant en résine)

Viennent ensuite une série d'autres gens porteurs d'emblêmes et d'étendards, suivis par les porteuses d'encens qui répandent cette odeur capiteuse dans les rues.

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(Joli étendard)

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(Porteuses d'encens)

La suite est proprement impressionnante. Des musiciens battent du tambour afin de donner le rythme à des danseurs lourdement harnachés d'une sorte de grande tour sur la tête.

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(Danseurs)

Il y avait également, détail absent voici deux ans, des danseurs déguisés en cavaliers... de façon étrange.

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(Un bien curieux cavalier)

La suite de la procession était composée d'autres porteuses d'encens et d'une nouvelle série de danseurs, tout aussi péniblement chargés que les précédents. Et ils en ont pour quatre bonnes heures de trajet à marcher en dansant ainsi.

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(Courageux danseurs)

Quelques personnes munies d'une longue flûte les accompagnaient, juste avant qu'on ne voit apparaître les nombreux tireurs du char de Ganesh, enfin!

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(Oh-hisse!)

Dans le char de Ganesh se tient, outre une belle statue du dieu en question avec cinq têtes, un type enturbanné qui a pour office, lorsque le char, tous les 20 mètres environ, s'arrête, de bénir les offrandes qu'on lui présente en y plaçant des fleurs. De nombreuses personnes vont faire bénir leurs offrandes avec une grande ferveur.

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(Char de Ganesh)

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(Char de Ganesh, vue de l'arrière)

Juste après, même rituel, sauf que cette fois-ci il s'agit du char de Skanda (Murugan en tamoul), le frère de Ganesh. Seule différence, son char est tiré par des femmes (et quelques hommes, plus rares, qui filent un coup de main). En son sein, toujours une statue du dieu  et un homme qui distribue les fleurs et semble bénir les offrandes qu'on lui tend. J'ignore pourquoi certains recherchent la bénédiction de Ganesh et d'autres celle de Skanda, qui n'est pas délaissé bien que la ferveur qui l'entoure soit moindre.

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(Char de Skanda)

Après son passage, c'est la fin du défilé, il ne reste plus qu'aux employés de la ville de Paris à nettoyer la multitude de débris de noix de coco que les gens fracassent au passage des chars.

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(Nettoyage)

Pour finir notre balade dans le Paris indien, nous sommes allés vers le temple de Ganesh. Loin des acclamations et du bruit du défilé, il y avait pourtant foule devant ce temple situé au fond d'une cour dans un immeuble et qui est actuellement en travaux. Nous nous sommes abstenus d'y entrer, n'ayant pas spécialement d'offrandes à y faire et ne voulant pas nous immiscer dans ce jour de ferveur.

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(Devant l'entrée du temple)

Nous avons eu la chance ensuite, dans la même rue, de nous faire offrir un thé noir très épicé et très sucré, que des indiens distribuait gratuitement en ce jour festif. D'autres distribuaient du lassi (spécialité indienne lactée et aromatisée).

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(Miam, du bon thé)

Et enfin, histoire de parfaire notre côté indien, déjà bien entamé avec l'un de ses fameux "troisième oeil" qu'un indien m'avait appliqué sur le front pendant le défilé, nous avons acheté - ultime piège à occidental - une jolie guirlande de jasmin très odorant.

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(Jasmin)

Voilà pour ce qui concerne cette très belle et dépaysante fête du dieu Ganesh. Qu'il nous protège toute cette année durant!

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03 septembre 2009

Les icônes bulgares à Vincennes

Vincennes est, sans conteste, un des hauts lieux de l'histoire de France et un des bâtiments les plus intéressants à visiter à proximité de Paris. J'ai déjà évoqué ce château royal et son impressionnant donjon il y a quelques mois.

Récemment, nous sommes retournés à Vincennes, pour profiter à la fois de la réouverture de la Sainte Chapelle de Vincennes qui était fermée pour travaux après avoir été fragilisée par la tempête de 1999 et pour voir l'expositions "Trésors des icônes bulgares" juste avant qu'elle ne s'achève.

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(La Sainte Chapelle de Vincennes, bijou d'art gothique flamboyant)

Cette exposition nous a fait découvrir pas mal de pièces intéressantes et nous a permis de plonger à nouveau, après les merveilleuses expositions de Londres consacrée à Byzance et du Petit Palais sur le Mont Athos, dans le monde de la chrétienté orientale avec ses particularités et ses grands mouvements. Cette fois-ci, l'intérêt était double, surtout après les expositions précitées: nous pouvions constater à la fois à quel point l'influence du style en matière d'art donné par Byzance, puis à la chute de celle-ci par le Mont Athos, était forte mais aussi mesurer toutes les limites de cette influence et les particularités provinciales de l'art bulgare. Bref, c'était bien. On ne peut que regretter une mise en musée pas mauvaise mais parfois un peu étroite qui rendait l'accès aux oeuvres pas forcèment évident.

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(Déisis, 1495, bois, Monastère de Batchkovo)

L'une des plus jolies et des plus étonnantes oeuvres exposées est ce Saint Théodore du Xe s., réalisé en céramique, ce qui est un procédé assez inhabituel pour nous qui sommes habitués aux icônes sur bois, mais a priori, dans les premiers temps de la conversion des Bulgares au christianisme en 864 on utilisait toutes sortes de supports: émail, céramique, mosaïque.

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(Saint Théodore, Xe s., céramique, Musée historique de Preslav)

L'exposition nous présente donc un grand nombre d'oeuvres, essentiellement des icônes (80, venues directement de Bulgarie), selon un ordre essentiellement chronologique qui distingue trois phases: des origines au XIVe s. (c'est à dire jusqu'à la fin de l'empire byzantin); du XIVe au XVIIe s. (face à la domination ottomane); et enfin XVIIIe et XIXe s. et leur rôle au sein des luttes indépendantistes du pays.

On découvre aussi des saints très célébrés dans le christianisme oriental, en particulier un certain nombre de saints militaires, à l'image de ce Saint Georges à cheval. Elle date de la fin du XVe s. et, au-delà de son caractère religieux, présente déjà une fonction politique: en effet, l'enfant pris en croupe sur le cheval du saint est sensé avoir été délivré des Sarrasins suite à son intervention.

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(Saint Georges à cheval, fin XVe s., bois, Galerie nationale des Beaux-Arts de Bulgarie, Sofia)

En dehors de ces saints communs aux deux branches du christianisme, les orthodoxes célèbrent pléthore de saints inconnus ou peu populaires chez nous, comme cette Sainte Nedelya, martyre chrétienne.

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(Sainte Nedelya, XIXe s., bois, Galerie des Beaux-Arts de Bulgarie, Sofia)

Au-delà des icônes, l'exposition présentait aussi, dans un cadre hélas trop étroit, de beaux manuscrits précieux, essentiellement religieux bien entendu.

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(Evangéliaire, 1552, reliure XVIIe s.), Galerie nationale des Beaux-Arts de Bulgarie, Sofia)

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01 septembre 2009

Petit tour à Bordeaux

Bordeaux est une grande et belle ville qui a beaucoup fait pour remettre en état son riche patrimoine ces dernières années. Travail de fond dont la ville a été "récompensé" par un classement au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2007. Mais récompense fragile, car depuis deux ans, quelques mauvaises ou stupides décisions ont été prises qui font tousser l'UNESCO au point de menacer la ville du retrait de ce label...

Bref. Bordeaux mérite néanmoins largement d'être découverte et que l'on flâne au hasard de ses rues anciennes. Cette ville de riches marchands au long cours et de négociants en vin conserve l'un des plus beaux ensemble d'architecture civile du XVIIIe s. en France.

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Notre balade dans Bordeaux, forcèment suggestive et très incomplète (comment prétendre voir une ville pareille en seulement quelques heures?!) part de la Place des Quinconces pour s'achever vers la Porte de la Grosse Cloche. Nous avons, ce jour-là, décidé de ne pas aller voir de musées, d'une part parce que nous avions déjà vu le Musée d'Aquitaine et que le beau temps invitait plus à la découverte flâneuse.

Nous démarrons place des Quinconces, près du monument aux Girondins.

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(Monument aux Girondins, Place des Quinconces)

Cette immense place a été construite sous la Restauration à l'emplacement du château Trompette détruit. Plantée d'arbres, elle accueille depuis le milieu du XIXe s. les statues de Montaigne et de Montesquieu, figures tutélaires de Bordeaux. Depuis 1902, le Monuments aux Girondins dresse sa haute colonne à 50 m. de haut au-dessus de deux fontaines accolées à son socle. Glorifiant les députés Girondins décapités sous la Révolution française, ce monument est une merveille de sculpture de la IIIe République, en particulier en ce qui concerne les statues allégoriques des fontaines.

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(Monument aux Girondins, Fontaine)

Après avoir traversé la place et passé entre les deux grandes colonnes rostrales, nous accédons directement aux quais, larges et plutôt bien aménagés, que nous longeons un bon moment, admirant la vue sur la Garonne, le Pont de Pierre, et le centre-ville. Le long des quais s'alignent de belles façades classiques, comme dans l'ensemble de la ville. Cette promenade est particulièrement agréable au point que nous la prolongeons trop au-delà de là où nous voulions tourner pour revenir dans la ville.

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(Vue sur la ville depuis quai des Chartrons)

Qu'à cela ne tienne, nous bifurquons tout de même et pénétrons dans le beau quartier des Chartrons (du nom d'un ancien couvent de Chartreux), bordé de beaux hôtels particuliers illustrant la richesse de leurs anciens propriétaires, souvent de riches négociants. Pourtant, rien d'écrasant dans cette architecture, tout est à taille humaine et y flâner est un vrai plaisir, surtout avec les boutiques d'antiquités qui y abondent.

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(Quartier des Chartrons)

Dans ce quartier se trouve ce qui est aujourd'hui le musée d'art contemporain, installé dans le très bel entrepôt Laîné, construit en 1824 pour entreposer les nombreuses denrées coloniales drainées par la ville (sucre, café, coton, etc). Si l'extérieur est grandiose mais un peu austère, l'intérieur vaut franchement le coup d'oeil.

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(Ancien entrepôt Laîné)

Nous nous dirigeons ensuite vers un agréable jardin public qui nous mène dans des rues extérieures où est situé un bel hôtel particulier, mais qui n'est pas visible de la rue...

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(Jardin public)

Nos pas finissent par nous mener vers le Palais Gallien, seul vestige visible de la Burdigala antique. Le Palais Gallien est un édifice tout à fait intéressant au nom menteur. Nul ne sait pourquoi on a appellé Palais Gallien ce qui n'est pas un palais mais un amphithéâtre et qui n'est pas de l'époque de Gallien mais peut-être de celle d'Auguste.

Toujours est-il que ces ruines gardent un bel aspect romantique et témoignent de la longue histoire de Bordeaux et de l'importance primordiale déjà occupée par ce site aux époques celtiques et romaines. Il s'agit en effet d'une arène qui pouvait accueillir autour de 15 000 spectateurs! (à titre de comparaison, c'est équivalent aux arènes de Lutèce ou à l'amphithéâtre de Grand, ce qui faisait une arène importante mais pas démesurée non plus).

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(Palais Gallien)

Nous marchons un petit moment à travers de belles rues toujours bordées d'immeubles superbes, avant d'arriver au quartier de Saint-Seurin.

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(Rue du Dr. A. Barraud)

La basilique Saint-Seurin est un édifice un peu excentré mais dans lequel nous n'avons pas regretté d'être allé. Il s'agit d'une des plus vieilles églises de la ville et elle garde des parties romanes intéressantes ainsi que plusieurs éléments gothiques curieux, en particulier le siège épiscopal en pierre. Autre curiosité aussi, la présence de deux très beaux retables en albâtre, retraçants en plusieurs petits bas-reliefs les vies, pour l'un de Saint Seurin, pour l'autre de la Vierge. Seul regret: la crypte n'était pas ouverte.

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(Basilique Saint-Seurin, Siège épiscopal, XIVe - XVe s.)

Nous remontons ensuite vers le quartier de la cathédrale. Nous passons devant la Porte Dijeaux, non sans admirer les immeubles du centre-ville et leurs façades classiques agrémentées de mascarons très divers.

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(Mascaron)

Puis il était déjà largement l'heure de faire une pause gourmande, avec un passage obligé chez Baillardran pour acheter le fameux cannelé bordelais, délicieuse spécialité sucrée croquante à l'extérieur et moelleux à l'intérieur. Un bonheur.

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(Miam!)

Comme nous étions dans le secteur, une ballade du côté de la cathédrale s'imposait. Le courage nous manquait pour en monter les 230 marches, mais nous avons tout de même jeté un oeil à la tour Pey-Berland, très haute et très belle, qui est toujours restée isolée de la cathédrale toute proche.

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(Tour Pey-Berland)

Cathédrale que nous manquâmes pas de visiter également. Cette belle cathédrale gothique n'est cependant pas l'une de celle qui m'a le plus touché, je ne saurais dire pourquoi, du moins en ce qui concerne l'extérieur. L'intérieur me semble plus intéressant, notamment pour la belle élévation gothique de ses voûtes et surtout pour la tribune d'orgue, un travail de la Renaissance qui est de toute beauté (il s'agirait de l'ancien jubé que je ne serais pas surpris).

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(Cathédrale Saint-André, Tribune d'orgues)

Juste en face de la cathédrale se trouve le Palais Rohan (oui, comme à Strasbourg, ils sont forts ces Rohan!), un très beau palais néoclassique du XVIIIe s. qui fait aujourd'hui office d'hôtel de ville.

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(Palais Rohan)

Depuis là, nos pas nous mènent vers le Grand Théâtre, un autre morceau de bravoure de l'architecture néo-classique en vogue à la fin du XVIIIe s.

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(Grand Théâtre)

De retour sur les quais, nous passons sur la belle place de la Bourse, très harmonieuse, toujours de la même époque, comme l'essentiel du vieux Bordeaux. En face de cette place se tient un "miroir d'eau", un truc qui semble ravir petits et grands bordelais et qui consiste en fait en une grande dalle de granit recouverte d'eau.

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(Place de la Bourse)

La place de la Bourse est la première d'une série de trois places charmantes où nous allons successivement. Ainsi, nous découvrons la belle place du Parlement, organisée autour d'une fontaine et la place Saint-Pierre dominée par l'église du même nom et un vieil arbre. Tout cela est des plus agréables.

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(Place Saint-Pierre)

Une dernière place, la place du Palais, nous mène à la Porte Cailhau, un monument particulièrement étonnant.

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(Porte Cailhau)

Il s'agit d'une porte monumentale faisant également office d'arc de triomphe. Son iconographie est dédiée à la célébration de Charles VIII et ses succès militaires au cours des guerres d'Italie. Elle a été édifiée en 1495.

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(Porte Cailhau, détail)

Après cela, nous nous enfonçons vers les secteurs de la rue Ausone et de la rue Neuve. Pas mal de rues et ruelles étroites, un plan médiéval évident et beaucoup de charme même si le quartier semble un peu moins vivant que le reste de la ville. Parmi les maisons, celle de Montaigne et au bout d'une superbe impasse, la maison de Jeanne de Lartigue, la femme de Montesquieu. Une très belle maison située hélas dans une cour intérieure fermée d'une grille. Un peu frustrant pour nous même si l'on comprend que les gens veuillent pouvoir vivre tranquilles sans être enquiquinés par les touristes (même s'il ne semble pas en passer beaucoup par ici).

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(Maison de Jeanne de Lartigue)

Mais la journée a été fatigante et elle tire à sa fin. Nous avons marché pendant près de 5 heures dans cette belle mais grande ville et il est temps d'aller reprendre le tram (puis le train pour Paris le lendemain matin). Avant, nous jettons tout de même un oeil sur la Porte de la Grosse Cloche, un des symboles de Bordeaux!

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(Porte de la Grosse Cloche, XVe s.)

Bien sûr, ceci n'était qu'un aperçu bien succinct des richesses de Bordeaux. Il nous faudra y revenir, mais c'est pour une prochaine fois. En attendant, comme dans toute bonne histoire, il faut écrire le mot...
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(Et oui, nous sommes à Bordeaux tout de même!)

Posté par Alfred Teckel à 16:31 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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